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Interview Gran OM

Interview Gran OM

Qu’est-ce que le collectif Gran Om?

Nous sommes un collectif d’artistes dans les Arts Visuels composé de Gran OM, Kloer, Chauiztle et de Voer. On ne se considère pas comme un collectif en tant que tel, même si nos pratiques artistiques dépendent les unes des autres.

Le projet est né il y a dix ans environ, comme une nécessité de soutenir et d’accompagner d’un point de vue esthétique les mouvements sociaux et c’est dans cet exercice que je (Gran OM) me suis rapproché du dessin, de l’illustration et de l’art en général. Le temps nous a permis de trouver un style particulier et de progresser tecniquement ainsi que dans notre discours. Au début, nous avions juste l’intention de soutenir ces mouvements sociaux, mais, peu à peu, je me suis pris au jeu et j’ai commencé à dessiner des pochettes de disques, à réaliser des flyers,  tout ça dans le but de revendiquer clairement notre indépendence et notre autonomie critique. Ça nous a permis d’avoir le choix et de refuser certains projets venant d’entreprises qui sont considérées comme étant puissantes mais qui, pour nous, ne représentent absolument rien. On s’est alors affranchis des agences comme du reste.

Avec le temps, nous avons eu la chance de rencontrer des gens courageux et talentueux auprès desquels, non seulement nous avons beaucoup appris mais aussi progressé , comme Kloer qui maîtrise maintenant parfaitement la technique,  comme Chauiztle  avec les peintures murales, Voer et Richard avec l’organisation des projets. Nous avons grâce à ça également augmenté notre production. C’est pour ces raisons que l’on se considère comme un groupe avec des principes et des valeurs politiques très clairs.


Comment a-t-il vu le jour ?

Ce projet est né lors de la répression d’Atenco au Mexique, en 2006, dans une conjoncture politique électorale et pendant de nombreux évenements qui ont eu lieu dans tout le pays. Je venais alors de vivre parmi les communautés zapatistes dans le Chiapas, au sud du pays, où j’ai appris les choses les plus importantes qui font ce que je suis aujourd’hui, tout au moins jusqu’à present. À cette époque, le Sous commandant Marcos avait décidé de sortir au grand jour pour aller à la rencontre de ceux qui luttaient à travers tout le territoire national. Est alors née “l’Autre Campagne”, une initiative indépendante en faveur d’une participation populaire, pour nous faire nous rencontrer, pour que nous échangions, pour apprendre les uns des autres, pour changer la société et passer à de nouveaux principes d’organisation, qui, plusieurs années après, ont renforcé le CNI (Congrès Nationnal Indigène). La répression d’Atenco a été brutale aussi bien pour les paysans que pour les activistes qui les appuyaient; nombreuses furent les plaintes pour abus de pouvoir, violations des droits de l’homme, abus sexuels et plus encore. Des vidéos ainsi que d’autres documents sont là pour témoigner de cette répression. Voilà pourquoi je faisais parti de ce mouvement et puis, quand sont se sont produits les événements d’Atenco, j’ai réalisé finalement le peu d’impact qu’ils avaient sur le peuple. Ces événements étaient scandaleux à l’époque mais ils n’ont pas eu l’effet qu’ils auraient eu s’ils s’étaient produits aujourd’hui, avec les moyens de communications actuels. Ce qui m’a marqué, c’est qu’il n’y a eu aucune réponse artistique suite à ces événements et c’est à partir de ce moment -là que j’ai essayé de faire une première affiche qui racontait ce qui s’était passé, pour voir comment les gens réagiraient. J’ai donc dessiné cette affiche, je l’ai imprimée, distribuée dans les manifestations, elle a été collée dans les rues. La réponse a été positive, les gens ont fini par réagir, c’est ce que j’avais fait au début, de mon côté. C’est pour cela que j’ai decidé de suivre ces mouvements de contestation, et cette affiche a été mon premier engagement. Bien des années plus tard, en 2010, j’ai décidé d’appeler mon projet Gran OM et de m’engager en faisant du graff et du dessin. C’est à partir de là que nous avons été plus productifs, nous avons amélioré notre technique et nous nous sommes démarqués dans notre style. Aujourd’hui, notre travail est reconnu dans le domaine musical, nous faisons des pochettes de disque, des affiches de concerts, des logos, entre autres. Nous n’avons pas pour autant laissé de côté notre objectif à l’origine de la création du projet qui accompagne les mouvements sociaux.


Votre collectif d’affichistes se situe dans la lignée de l’affiche de propagande activiste, quel est votre objectif ?

Clairement oui; le principe fondamental de la propagande est de diffuser une idée ou une vision de choses, d’imposer une vision du monde. Nous avons voulu imposer une vision du monde, nous avons voulu adopter des principes au profit du social et même du spirituel. Nous étions convaincus que la lutte était liée à la pauvreté, au manque de moyens, c’est la raison pour laquelle, dans la grande majorité des cas, la qualité des contenus était insignifiants, puisque, à chaque fois, les gens des mouvements devaient se débrouiller par eux-mêmes, faute de professionnels qui auraient pu les soutenir et les accompagner. De nombreux activistes ont été des autodidactes et se sont débroulillés par leurs propres moyens. Ils ont obtenu de bons résultats mais, en général, leurs portées restaient limitées. Nous, on a voulu changer ça, en rendant sa dignité à leurs luttes pour qu’ elles puissent se faire entendre partout. On a voulu, d’une certaine façon, mettre notre art au service de leurs luttes et des luttes à travers le monde, en apportant quelque chose de plus. La propagande s’impose alors, c’est de cette façon que nous l’assumons et que nous agissons, nous ne sommes pas des activistes, loin de là, nous sommes juste un groupe d’artistes qui reconnaît le courage et l’importance de celui qui défend ce qui lui semble juste. Eux, sont de véritables activistes, nous, on les accompagne, on veut les voir forts, fiers et volontaires et si notre art peut y contribuer, eh bien nous resterons à leurs côtés.


Quelles étaient vos pratiques artistiques avant de faire des affiches ?

En ce qui me concerne, je viens de la production audiovisuelle, du cinéma, de la publicité. Je sais, d’une certaine façon, comment faire passer des messages. Au début, je voulais être cinéaste jusqu’au jour où j’ai eu l’ opportunité de vivre parmi les communautées zapatistes. J’ai alors réalisé, après une introspection personnelle, que ma prétention à devenir cinéaste conduisait plutôt à un exercice artistique destiné à des privilégiés, ce qui n’était définitivement pas pour moi. Le fait d’avoir vécu avec eux m’a permis de réaliser que ce que je voulais, c’était créer. J’avais un besoin impérieux de faire passer des messages et j’ai realise que le cinéma n’était pas obligatoirement le seul moyen d’y parvenir. J’ai alors fait du dessin, de la peinture, de la musique, ça m’a défoulé, j’ai réalisé combien créer était une véritable satisfaction. Faire de l’art, et en plus, qu’il soit fait au service des gens, grâce à ce type de création immediate, est quelque chose d’exceptionnel. À partir de 2010, les réseaux sociaux explosent et quoi que tu puisses créer, tu as un retour immédiat. Nous sommes convaincus que nous devons beaucoup aux réseaux sociaux parce qu’ils nous ont permis de nous faire connaître, d’abord auprès de petits groupes et puis, auprès dun plus grand nombre, dans beaucoup de domaines. Je viens donc du cinéma. Kloer, lui, vient du Graffitti. C’est un graffeur, un muraliste très actif, il est aimé et respecté. Il ne délivre pas nécessairement de messages politiques  mais, par l’intermédiaire de Gran OM, il a eu l’opportunité de s’exprimer librement. Pour l’un comme pour l’autre, cela nous permet d’évoluer, de mûrir, cela nous demande une grande rigueur pour devenir meilleurs personnellement et artistiquement, et de rester engagés auprès du peuple.


Quels artistes vous ont influencé ?

En ce qui me concerne, j’ai de nombreuses références, énormément même : la culture en elle-même est une influence mais, de toute évidence, c’est l’époque de la propagande soviétique qui, indéniablement nous a inspiré et qui continue de le faire. Ils ont été les maîtres dans les discours, dans la composition, dans la technique, le constructivisme soviétique évidemment, l’étape graphique de la guerre civile espagnole a été également une source d’inspiration énorme dans notre travail. On ne peut pas oublier de mentionner non plus les grands graveurs mexicains ainsi que les artistes graphiques populaires. Il y a aussi l’influence de l’esthétique rétro ou vintage des années 50 à 70, spécialement dans les publicités et le packaging et puis tout un tas d’autres influences. On n’arrête pas, tous les jours, on découvre des artistes incroyables très jeunes, qui nous émeuvent, nous enthousiasment, qui ont un vrai talent, qui nous nourrissent et nous influencent.


Qu’est-ce qui vous a mis sur cette voie ?

J’en ai parlé un peu plus haut dans l’interview, mais ce qui nous a le plus motivé, c’est de faire quelque chose pour les autres ; de le faire d’un point de vue artistique est quelque chose d’indescriptible. Te mettre au service des autres, au service du peuple, ce que les zapatistes appellent “commander en obéissant”, c’est pour nous, adhérer complètement aux principes des peuples et nous essayons de mener une vie fondée sur ces principes. Á Oaxaca, ça s’appelle le “Tequio”, c’est-à-dire le travail collectif bénévole. Le principe est l’entraide et nous, nous considérons que notre devoir est d’y ajouter notre point de vue esthétique.


Vous utilisez un code couleurs très identifiables, comment c’est fait ce  choix ?

Nous n’avions rien de précis au début, le choix s’est fait au fur et à mesure. J’imagine que ce sont des couleurs auxquelles on est plus sensible, c’est une question de goût. Aucun calcul au départ, mais nous étions tous d’accord sur une chose,  c’était de ne pas utiliser de blanc, sauf pour les yeux et les dents. 


On identifie bien le style “gravure” dans vos affiches, vous pouvez nou parler de votre technique? 

En revanche, ça, ça a été réfléchi et prémédité.  Ce qui était clair, tout au moins pour moi, c’était que dès le depart, je voulais perpétuer la tradition d’expression graphique politique qui extiste dans notre pays, mais en utilisant les outils digitaux. On a donc, dès le début, parlé de la technique de gravure digitale qui fonctionne de la même manière que la gravure analogique. On ne l’a pas fait pour rentrer en compétition avec quelque artiste graveur que ce soit parce que nous les admirons et respectons beaucoup, nous entretenons d’ailleurs avec eux  une relation très proche et fraternelle. Notre intention était plutôt d’être plus rapides; c’était très important pour nous d’être hyper réactifs puisque c’est comme ça maintenant. Avant, la gravure était plus longue à sortir et bien souvent, les événements étaient déjà finis quand l’affiche était enfin prête. C’est pour ça que nous avons décidé d’utiliser l’outil digital, pour pouvoir répondre le plus rapidement possible aux événements.


On remarque, dans votre production, de nombreux personnages qui se réfèrent à la lutte zapatiste, pourquoi ?

Effectivement, les zapatistes sont nos modèles, on a beaucoup appris d’eux et on continue à la faire encore aujourd’hui, on leur doit beaucoup. Ce que nous avons vu, ce que nous avons lu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vécu à leur côté, c’est ce qui m’a nourri. Je ne les remercierai jamais assez, je resterai à leur côté tant que je pourrai dessiner. J’ai vu la manière avec laquelle ils ont évolué, mûri, comment ils se sont organisés alors que tous étaient contre eux, j’ai vu les résultats qu’ils ont obtenus. Je suis témoin de ce qu’ils ont fait pour les luttes à travers le monde, voilà pourquoi nous avons décidé de les accompagner. Tant que nous pourrons nous exprimer, nous parlerons du EZLN (armée zapatiste de liberation nationnale) et de ses actions, et, comme on dit: 
“ Ce qui manque, manque”.


Pensez-vous que les artistes doivent témoigner et s’exprimer devant les injustices sociales ?

Tout le monde doit s’exprimer, pas seulement les artistes. Nous avons l’obligation de parler de ce que nous ressentons nous-même, mais aussi de ce dont nous sommes témoins. Cela devrait être un engagement artistique, le  relais direct de ce qui se passe autour de nous.  Je ne veux pas dire que tout le monde doit s’exprimer sur le même sujet, sur le politique ou le social, mais je pense définitivement que nous devrions consacrer une partie de notre travail, de notre talent et de notre regard, en faveur des autres. Lorsqu’il arrive des événements, bien souvent, l’artiste ne se manifeste que pour quelque chose qui le touche directement. Je pense que nous devons dépasser cela, ça s’appelle de l’empathie. L’art a pour but de nous sensibiliser, de nous toucher au plus profond de nous-même, voilà pourquoi on doit se tourner vers les autres. Je crois qu’on peut tous consacrer une partie de notre temps et de notre art pour les autres.  On apprend tous les uns des autres, cela s’appelle la synergie. Il y a peu de temps encore, je pensais que l’art était important pour le progrès social mais quand les zapatistes m’ont montré la différence entre ce qui était urgent et ce qui était important, deux notions que nous avons tendance à confondre, je me suis rendu compte que je me trompais. L’art est important mais pas urgent, même si c’est difficile de l’admettre. Ce qui est urgent c’est d’arrêter la déforestation massive, de militer pour la protection de l’environnement, pour les luttes indigènes, pour les luttes paysannes, pour une quantité innombrable de sujets, tous plus importants  que ceux qui concernent l’art. En revanche, si nous arrivons à réaliser que l’art peut avoir la moindre influence sur ce qui est urgent, alors c’est là que nous, artistes, devons intervenir. L’art social et politique devient important à partir du moment où il réveille les consciences, il motive et enthousiasme les gens qui sont en première ligne. Ceux qui risquent leur vie pour préserver et protéger la nature en sont malheureusement bien souvent les premières victimes. Ils risquent leurs vies pour ce qui est urgent. Donc, au lieu de simplement nous exprimer, c’est plutôt une invitation à faire quelque chose pour les autres que nous devons faire :  voilà pourquoi nous mettons notre art au service du peuple.


Quel est votre regard par rapport aux événements et à la violence qu’il y a au Mexique et dans le monde ?

C’est désolant, cela dit, rien de surprenant. Plus ça va, plus on se replie sur nous-mêmes. Nos sociétés deviennent chaque jour un peu plus individualistes et égoïstes. Les dirigeants font tout pour nous rendre complètement superficiels et indifférents. Nous avons tellement de possibilités de nous distraire, que cela nous empêche de voir toute réalité en face. On ne prend même pas la peine de sortir de cette bulle de distraction parce que la réalité est plus dure et plus cruelle et on se persuade que l’on ne sera pas capable de la changer. L’indifférence et l’apathie nous gagnent, les gens refusent d’entrevoir d’autres solutions, ne le veulent pas, la vérité nous terrifie, on n’arrête pas de consommer, surtout de consommer des contenus, on transcende la consommation des objets, on est dans une société du “plus”, voir plus, lire plus, écouter plus, mais ça ne veut pas dire que nous ne devons rien faire pour autant. Il est urgent de trouver une nouvelle manière de vivre, de renforcer les réseaux, de créer des stratégies comme nous le faisons nous, grâce à l’art, d’envisager d’autres scénarios possibles, un autre monde composé de beaucoup d’autres.


Comment le public perçoit-il votre art ?

En général, il est bien perçu, mais ça peut être une illusion, il faut rester prudent. Il est certain que nous sommes reconnaissants à chaque marque de soutien et d’affection, nous sommes peu nombreux et il est de notre responsabilité de nous développer. Nous ne devons pas perdre de vue le fait qu’un rien peut nous affecter ou au contraire nous motiver, ça dépendra de chacun d’entre nous. Nous ne nous faisons pas d’illusion ; ceux qui sont touchés et apprécient ce que nous faisons sont très peu nombreux par rapport à ceux qui pourraient même nous détester.  C’est un effort que nous devons faire pour toucher de plus en plus de gens et de susciter des reactions, c’est ça notre mission.


Où vont vos affiches ? Dans la Rue ? Dans les galeries ?

L’ensemble de notre production part dans toutes les directions possibles, nous n’avons aucune limite. Ceux qui nous connaissent ou ceux qui pourraient voir l’une de nos affiches dans la rue viennent d’univers très différents. C’est pareil pour ceux qui vont dans les galeries. Nos affiches se retrouvent maintenant dans beaucoup de pays, elles ont été exposées aussi bien dans des lieux publics que dans des lieux privés ou des galeries. On les met dans la rue, on les vend, on les offre parfois aussi. Notre objectif est très clair: toucher de plus en plus de gens et si elles doivent être exposées dans un musée, qu’à cela ne tienne ! Ce qui est certain, c’est que nous ne serons jamais à la solde d’aucun pouvoir. Nous avons été très sollicités par des grandes marques, mais nous nous en sommes affranchis. On n’a pas besoin de marques de chaussures de tennis, de boissons alcoolisées ou énergétiques pour exister. Il faut qu’elles sachent qu’on ne fait pas partie de ceux qui se mettront à genoux devant eux. Nous dessinerons et nous ferons ce que nous devons faire, en accord avec nos principes, et les seuls qui pourront juger notre travail ça sera nous-même. Le gros problème que nous avons rencontré dans les galeries, à travers le monde, c’est qu’elles ont l’habitude de prendre une commission de 50% du prix de l’oeuvre alors qu’elles sont simplement des intermédiaires.  Toutes ne le font pas, mais une grande majorité, si. En ce qui nous concerne, nous n’avons pas, à proprement parlé, d’oeuvres à vendre, ce sont des reproductions et c’est ce qui rend frileux les galéristes.  Ils ont du mal à exposer des oeuvres qui ne soient pas uniques. D’un autre côté, on se confronte toujours au dilemme des galeries avec leurs murs blancs ; quand ils nous invitent, ils nous imposent leurs conditions. Nous, on leur explique comment on voudrait que nos affiches soient exposées, en les collant sur les murs, tout ça pour en finir avec une disposition pré-établie, bien comme il faut.  C’est très réducteur et très frustrant pour nous. Quand on leur demande de coller nos affiches, ils refusent. Ils veulent les accrocher et les encadrer.  Nous, on pense que nos affiches ne doivent être ni accrochées ni encadrées, mais plutôt collées. Nous remercions vraiment les personnes qui ont fait l’acquisition de nos affiches et qui les ont encadrées par la suite, pour eux; c’est dans le but de les protéger, de les preserver et c’est de leur propre initiative.  Encore une fois, il ne peut pas en être de même dans une galerie. Notre art est un cri, il est là pour faire réfléchir, pour réagir, pour susciter de la colère et c’est cet esprit-là que l’on veut garder dans les galeries. En définitif, nous sommes là pour rassembler des forces, pour créer des synergies, mais nous avons des valeurs auxquelles nous ne dérogerons pas, quoi qu’il arrive.

Merci infiniment de nous avoir lu !  Todo lo mejor siempre ! Fuerza, amor y respeto !

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