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Le Rolento

Le Rolento

Le « Rolento », cela vous dit quelque chose ? Maxime aka Max Loove, jeune danseur hip-hop martiniquais et diplômé de la Juste Debout School, nous raconte son histoire.

Au sujet du nom « Rolento », Maxime m’explique que ce nom n’a pas vraiment d’explication. Les Martiniquais appelaient cette danse « pas de dance hall martiniquais ». Le nom « Rolento » est venu plus tard et il provient de la déformation du nom « Heel and Toe », le nom d’un pas de dance hall jamaïcain, qui est aussi un pas de C-Walk que les jamaïcains ce sont appropriés.

Ce pas « Heel and Toe » aurait été donc le premier pas de danse que les danseurs martiniquais ont utilisés pour bâtir les fondations de la danse Rolento au début des années 2000, plus précisément en 2003 selon Maxime. Le terme « Heel and Toe » s’est donc transformé en « Rolento ».

Ensuite cette danse ne s’est pas vraiment développée. La première fois qu’on la ramarque [à l’image, dans un clip vidéo], c’est dans un clip de X-Man T-gy et Mighty killa. »

Une communauté autour de la danse Rolento commence à apparaître dans les lycées de Trinité, Sainte-Marie et bien d’autres… Les jeunes martiniquais commencent à créer des variantes, et des battles de Rolento y émergent.

En 2006, la danse Rolento se popularise. Les pas sont plus sophistiqués, toujours inspiré de la danse C-walk et la dance hall mais les danseurs martiniquais semblent commencer à avoir leur propre gestuelle.

Max Loove : « Le pionnier à l’époque est Afroman. C’est lui qui commence à faire du Rolento dans les clips, à faire des vidéos, avec son crew « Wawa crew ». Ils dansent pour des artistes, réalisent des showcases, des vidéos etc. »

Le climax est atteint en 2009

Max Loove : « Ca devient hyper tendance. Dans les collèges et lycées, il y a toujours un petit groupe qui fait du Rolento. Il y a de gros crews qui commencent à émerger comme le KF crew, qui a été le crew un peu emblématique. Y a l’Exotic Crew qui maintenant fait du son. Y a eu le Lion’s Skwal, GazaDem Crew, Virtual Crew. Moi-même mon crew, qui n’a pas duré longtemps, « NGS crew ». Donc il y avait toute une effervescence autour du Rolento. Il y avait des battles entre écoles, des shows de fin d’année etc. C’était vraiment la danse des jeunes. Il y avait aussi des danseurs emblématiques comme : Coktel, Matt, Foufoune, Pyro, Chiken etc. »

La tendance s’arrête brusquement dans les années 2012/2013. Les jeunes grandissent et vont faire leurs études en métropole, ou travaillent.

Max Loove : « Chez nous, on n’a pas forcément la culture de développer une danse. On disait plutôt que « c’était la danse de ma jeunesse, celle de mes mes potes et maintenant il est temps de passer à autre chose. » Il n’y a pas eu de transmission en fait. Donc c’est vite devenu une danse un peu « has been ». »

En 2019, Maxime a décidé de remettre la danse Rolento au goût du jour afin d’en faire réellement une danse à part entière et pour rendre visible la Martinique sur la carte du monde de la danse.

Aujourd’hui grâce à son investissement en donnant des cours de Rolento à Paris, une communauté commence à grandir en région parisienne. Grâce à ce nouveau souffle, des martiniquais semblent également reprendre la pratique au pays.

Ce qui diffère avec la période des années 2000, c’est l’apparition des termes que Max Loove a mis en place pour pouvoir identifier les bases et ainsi les développer.

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