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2021, jusqu’ici…

2021, jusqu’ici…

Le « Mal » n’est pas ici le syndrome respiratoire causé par Covid, mais l’inadéquation grandissante entre notre représentation collective (occidentale, politique, morale, technique) du monde d’une part, et d’autre part le réel. Ce n’est pas « à cause » du virus que cette faille fut ouverte (la crise des valeurs occidentales commence au siècle précédent), mais c’est en cette faille qu’il peut proliférer, nous révélant la profondeur de notre désarroi collectif (politique, moral, IDENTITAIRE ) au thermomètre de la peur.

D’ailleurs, question symptôme, qui secoua la planète covidée fut le « I can’t breathe », qui ne doit rien au virus, mais semble étrangement donner sa voix à tous les intubés. Comme quoi on a à faire avec une caisse de résonance planétaire, dans lequel Covid, faisant le vide, révèle de cet « écart » bien d’autres dimensions que biochimiques. Respirer ?

Ce qui nous tue, c’est l’obsolescence chaque jour grandissante de nos certitudes collectives, incapables de lire ce qui se passe, et donc incapable de PRÉVOIR. Que reste-t-il de l’identité collective lorsque son système de référence perd toute valeur ? Lorsque l’horizon du futur se réduit à demain ? Lorsque projeter, désirer, élaborer, construire, n’ont plus de prise sur le temps qui coule comme sable entre les doigts ? Respirer le futur, c’est l’espérance.

La méfiance populaire à l’égard de l’« Élite » (politique, scientifique, intellectuelle) tient de cet écart. Et du fait que (ce que l’on nomme) « l’Opinion publique » est en fait le lieu sensible des effets identitaires « objectifs » (sociaux, culturels) de ce décalage. Son expression sous formes dites « populistes » est la réaction « naturelle », spontanée pour tenter de combler compulsivement l’écart par de multiples réinterprétations, souvent incompatibles, souvent maladroites, parfois délirantes, mais toutes caractérisées par leur opposition à la «pensée dominante» (le «Système »).

Pour beaucoup, leur position réactive est leur seule consistance, les discours témoignant souvent d’une indigence intellectuelle consternante (liée à une inculture manifeste), se réfugiant compulsivement dans un passé fantasmé, délires révisionnistes ou utopies niaises. – Ces courants se nourrissent de leur adversaire sans se rendre compte qu’ils en copie l’essentiel. Ainsi, contre « La pensée Unique » ils ont tous les mêmes arguments, pensée unique inversée. Ainsi, les musiques des web tv et l’affublement « journalistique » de leurs présentateurs nous délivrant leur Vérité, mauvaises copies de bfmtv. Mais le problème, c’est que cette consistance liée à l’opposition ne peut suffire à son appropriation identitaire : passer de « contre l’autre » à « pour un projet » est un saut, un retournement, qui implique une projection créative.

“Créer c’est résister , résister c’est créer.”

Bonne année 2021 !

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