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Interview de l’artiste Pablo Astrain par Veneno.

Interview de l’artiste Pablo Astrain par Veneno.

“Chaque œuvre est comme un nouveau client, par conséquent, un objectif différent”

Présente-toi :
Je m’appelle Pablo Astrain, je suis peintre et je vis à Algorta, sur la côte de Bizkaia, au Pays Basque.

Quelle est ta formation artistique :
Je suis diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de l’Université de Valence. J’ai étudié un an à
Berlin, dans une école technique de dessin, la HTW.

Comment as-tu commencé le graffiti et comment choisis-tu tes thèmes ?
A vrai dire, je ne me suis jamais considéré comme un graffeur. Je ne me suis jamais
vraiment engagé dans cette voie et je n’en avais pas le niveau non plus, mais c’est sans
doute grâce à ça que mon intérêt pour la peinture a commencé. A 13 ans, j’ai commencé en peignant les murs de mon collège, après, j’ai peint dans le métro, mais rien de bien terrible !On peignait pas mal de choses différentes et puis, j’ai eu envie de peindre un personnage pour changer et j’ai continué dans ce sens. Concernant les thèmes, j’aime la satire, décontextualiser les éléments sur les peintures murales, surtout le dialogue avec ce qui m’entoure. Normalement, chaque oeuvre est comme un nouveau client , par conséquent, un objectif différent.


Quels sont les artistes qui t’ont influencé ?

Ils sont nombreux. Pour commencer Ibañez et les gens de mon quartier, les H49, VDT,POK, les XL, les Pornostars, Kurt, les Wildestyle du Korneto parce que c’était ce que j’avais sous les yeux et puis, quelques revues que je regardais de temps en temps.
J‘ai alluciné quand j‘ai vu ce qu’on pouvait faire avec une bombe de peinture en regardant les Maclaim par exemple. Aujourd’hui d’Aryz, d’Axel, de Sebas, de Zoer à Zorn, Leyendecker, Twonbly, Antonio López à Santiago Sierra, j’aime un peu tout.

Tu as reçu le Prix du XVII concours de peinture Casimiro Baragaña.
Tu peux nous dire ce que ça représente pour toi ?
Sur le moment, ça m’a donné de l’aisance d’un point de vue économique avec un vrai un shoot de confiance. Au bout du compte, c’est un concours et ça ne veut pas dire grand chose de mettre sur le même plan des styles si différents. C’est comme si tu participais à un concours de sport en mettant le basket, le foot et l’athlestisme dans la même catégorie. Comment on peut mettre sur un même plan le fait de marquer un but et faire une course de 100 mètres ! C’est le travail qui paie, mais c’est aussi, bien sûr, une question de chance.

Ton travail de cadrage aussi bien sur toile que dans tes graffitis est très particulier, peux-tu nous en parler ?
Je suppose que ce sont des jeux et en ce qui concerne la composition des différents plans, je me suis toujours inspiré de la photo.

Raconte-nous comment tu es passé de la peinture mural à la toile?
J’étais tombé amoureux de la peinture murale, mais je me suis engagé avec les toiles !

Tu as une série énigmatique dans ton travail sur l’esthétique des caméras de
surveillance et les caméras infrarouge, tu peux nous en dire plus ?

En fait, tout est parti d’un terrain abandonné où on est allés. Il y avait une maison et un
parking énorme sur lequel il y avait un coffre fort que quelqu’un avait dû voler et laisser là, éventré. On est entré dans la maison et au deuxième étage, il y avait une petite chambre. Je me suis dit que ça serait intéressant de peindre une caméra de surveillance montrant deux voleurs, j‘aurais alors donné une suite à l’histoire de cet endroit. L’idée m’est peut-être aussi venue un jour, à l’occasion d’un projet, je me suis rendu compte qu’en repassant le film des caméras de surveillance, il se passait un truc bizarre, tout ce que tu pouvais voir en repassant la bande paraissait douteux, c’est excitant.

L’art te permet de voyager à travers le monde. Tu peux nous parler du projet qui t’a le plus marqué à l’étranger?
De toute évidence, c’est le Festigraff au Sénégal.ça a été un drôle de voyage. Ils ne nous ont pas donné les meilleurs murs, ça c’est certain mais ça a été une grande expérience. On ne nous donnait les thématiques qu’une fois au pied du mur, c’était du free-style, un vrai chaos ! Mais leur manière de voir la peinture et le graffiti est très humaine. Et puis, j’ai eu l’occasion de voir comment les gens de Dakar s’impliquaient totalement dans ce projet. Ils étaient tellement reconnaissants, ça a été incroyable.

Comment vois-tu le Street Art et le grafiti là où tu vis? 
Aujourd’hui, en ce qui concerne la peinture murale académique, il y a un niveau incroyable au Pays Basque. On a, pour moi, l’un des meilleurs muralistes à niveau mondial: Seba Velasco.On a aussi Manolo Mesa, Pablo Zabala, Iñigo Sesma, a Sor2, Mikel Remak, Lian, Ander Ixe, Al, Corte, Guille actuellement et j’en oublie sûrement. Ils ont tous un parcours professionnel incroyable. C’est super de vivre cette période. Concernant le graffiti, c’est difficile pour moi de juger. Tout ce que je peux te dire c’est que j’adore traverser Bilbao et voir ce qui est réalisé le long de l’autoroute, les flops de VTD, Bolt, Brouk, la créativité de Shore et de Kurtis, il y en a toujours un pour te surprendre.

Retrouvez les oeuvres de Pablo Astrain en vente dans la galerie d’Hiya! : https://street-art.hiya.gallery/collections/pablo-astrain

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