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Le degré zéro de l’information

Le degré zéro de l’information

Plus la quantité d’informations s’accroit, plus leurs valeurs informatives baissent, jusqu’à perdre tout potentiel déclencheur, les médias se transformant en vidangeurs permanents de fleuves de détritus. Réaction corrélée au fait que plus la quantité d’infos grandit, plus le sentiment d’impuissance s’accroît, se transformant par érosion en indifférence : “il faut bien vivre…”. 

La profusion de possibilités contradictoires annule globalement la dynamique signifiante transformée en stagnation du sens, laissant chacun soudain désorienté dans cette vanité généralisée qui bouge de partout sans aller nulle part. N’ayant plus que “lui-même ” comme champ d’exploration (thérapie, coaching, développement personnel, auto-fiction, méditation, selfies, etc…), chacun gesticule devant son portable ou son profil Fb, mais la résultante globale ressemble à un électro-encéphalogramme plat…

La profusion des images déréalise les évènements – si semblable à la fiction qui s’en inspire et les mime – si bien qu’ils ne provoquent plus d’autres réactions que sidération confuse, où l’indignation spontanée devient vite posture, où toute “info” suscite son doute, position “critique” qu’exploite les complotistes avec une jouissance non dissimulée. Où le scandale, c’est que le scandale ne scandalise même plus – (et celui-là pas plus que les autres : on s’habitue, c’est tout.)… Hyper-médiatisé, le réel se déréalise en diluant les réactions viscérales de survie : même la fin possible de l’humanité ne provoque pas grand-chose en cette apathie généralisé, eut égard à l’importance radicalement prioritaire de la chose. Comme un état second, proche du rêve…

Désormais tout est exception, et donc plus rien. Tout s’aplatit…

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