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“Du milieu carcéral à l’évasion par l’art” INTERVIEW de BERTHET ONE par VENENO

“Du milieu carcéral à l’évasion par l’art” INTERVIEW de BERTHET ONE par VENENO

“Je m’aperçois que mon parcours est en constante évolution, c’est la raison pour laquelle je partage mon expérience avec des jeunes. Je leur conseille de s’accrocher à leurs rêves et de croire en leurs talents.”

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Berthet One.
Berthet c’est mon vrai prénom et je suis auteur de bande dessinée et artiste graffiti.


Ton parcours est assez atypique. J’aimerais que tu nous racontes comment tu en es venu à la caricature ? Quels ont été les éléments déclencheurs ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce style de dessin ?

Pour répondre à cette question il faut recontextualiser les choses. Je suis de la génération « Club Dorothée » et très tôt vers 10 ans je regardais et j’étais fan de Cabu. C’était un incroyable dessinateur qui dessinait et caricaturait en direct. L’humour est la clé le fait de reconnaitre les gens malgré les gros traits.

Tu as malheureusement connu le milieu carcéral en 2006. Que t’a apporté la pratique du dessin pendant ces années sombres ? Qu’est-ce que tu en retires aujourd’hui ?

En effet je suis “un jeune qui a grandi en quartier” j’ai fait des choix qui m’ont mené à prendre des chemins peu glorieux. Donc en 2006, je me retrouve en milieu carcéral et durant cette sombre période le dessin m’a permis de “m’évader”. Aujourd’hui je peux dire que l’art libère et j’aspire au partage de mon expérience de cet art libérateur.

En 2009, tu remportes le grand prix de la première édition du concours “Transmurailles” à Angoulême peu après ta sortie de prison. Quelle satisfaction cela t’a-t-il apporté ?

C’est durant mon incarcération que j’ai participé à ce concours, et le fait de me voir le remporter m’a permis de prendre confiance en moi.

Comment as-tu vécu ta rencontre avec le dessinateur CABU ? Que représentait-il à tes yeux ?

Ce fut inoubliable, cette rencontre m’a touché. J’avais l’opportunité de partager quelque chose avec la personne qui m’a donné l’envie du dessin.

Peux-tu nous parler de ton association « Makadam » ?
Quels type d’ateliers ont été mis en place ? Avec quel public ?
Tu fais intervenir des acteurs culturels lors de tes ateliers pédagogiques au sein des prisons, en zones rurales, mais aussi dans des écoles sensibles de banlieues. Dans quels domaines se situent les intervenants ?

Makadam est une association de prévention et de “ré-insertion par l’Art”, créé en 2013.
Les ateliers sont pluridisciplinaires, tels que les ateliers de bandes dessinées, ateliers écritures, rap, théâtre, journalisme. Ces ateliers sont destinés à tous publics désireux de retrouver une confiance en soi. Nos intervenants proviennent pour la plupart du domaine artistique.


A la suite de tes ateliers de dessin en prison, as-tu mis en place des expositions avec les œuvres réalisées par les détenus pour les dévoiler au grand public ?


Oui, en partenariat avec des mairies des médiathèques des écoles et des prisons.


Dans l’interview de Disek « J’irai jacter chez vous », tu as dit avoir eu l’impression durant tes années d’incarcération d’être comme un journaliste en immersion… Peux-tu développer ?

Je vivais et voyais des choses que le commun des mortels ne peux même pas s’imaginer.

En 2010, ton premier album « L’Évasion » est publié aux Éditions Indeez. Peux-tu nous parler de cette première expérience ? Comment a été accueillie ta bande dessinée par le public ?

Un moment très riche, car ce fût la toute première fois que je faisais découvrir ma BD au public. Le public l’a très bien accueillie.


Est-ce une sorte de rétrospective de ce que tu as connu dans le milieu carcéral ?
Les personnages dans ta BD sont-ils des personnages inspirés de tes codétenus de l’époque ou bien encore du personnel de la prison ?

Non c’est fortement inspiré, pour certain il y a eu de l’inspiration à hauteur de 20%.

Parle nous de ta carrière de graffeur. Quand as-tu commencé et comment s’est fait ton entrée dans ton crew, le 3HC ?

J’ai commencé à l’âge de 14, 15 ans à peindre et ce n’est que vers mes 16 ans que je suis rentré dans le 3H crew.


Dans tes graffitis, ton style est facilement reconnaissable, notamment grâce à un jeu de lumière assez particulier. Que peux-tu nous dire à ce sujet ?
 
En effet je travaille beaucoup la lumière c’est quelque chose que j’affectionne particulièrement.

On s’est rencontrés lors de la « Black Lines » (cortège de tête des artistes au service des luttes) en décembre 2020 où nous avons eu l’occasion de peindre l’un à côté de l’autre, que penses-tu de ce genre d’initiative dans le milieu du graffiti ?

Je pense que c’est une bonne initiative car il est important pour les artistes de prendre en considération les problèmes sociétaux et de prendre position.

Avec du recul, comment vois-tu ton parcours ? Et que peux-tu conseiller aux jeunes des milieux défavorisés qui ont l’envie et le talent ?

Je m’aperçois que mon parcours est en constante évolution, c’est la raison pour laquelle je partage mon expérience avec des jeunes. Je leur conseille de s’accrocher à leurs rêves et de croire en leurs talents.

Quels sont tes futurs projets ?

J’ai des projets cinématographiques.


Où en es-tu dans la réalisation de ton long métrage ? Peux-tu nous en parler ?
Comment as-tu décidé de te lancer dans ce nouveau défi ?

Avec les conjonctures actuelles, nous travaillons doucement mais sûrement sur le projet.
L’idée est venue d’une proposition que l’on m’a faite.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

On peut me souhaiter une longue vie artistique

Pour se procurer le Tome 1, contactez : libertheteditions@gmail.com
Facebook : https://www.facebook.com/Berthet.BD
Instagram : https://www.instagram.com/berthetone/

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