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Le séparatisme et la Loi

Le séparatisme et la Loi

« Territoire perdu de la république », « Territoire islamisé », « La Charia a remplacé les lois de la république dans certains quartiers… », « Séparatisme », « Trapisttan », voilà depuis quelques semaines la toile de fond du paysage médiatique autant que politique. Qu’en est-il vraiment ?

L’opiniâtreté de ceux qui psalmodient ces mantras pose question. Les pouvoirs publics sont-ils vraiment menacés par des islamistes et des « racailles » en tout genre qui alimentent des dysfonctionnements inacceptables pour la nation ? Est-ce une tactique politicienne de déclarer que l’intégrité de notre territoire est en cause au risque de tomber dans le complotisme ? S’il y a vraiment danger (et si on veut être un peu provocant) pourquoi ne pas faire appel, la main sur la constitution, à l’application de l’article 16 de cette constitution ? Et ainsi répondre dans cette logique à ceux qui matin et soir dénoncent cet  « état de guerre » et soutiennent le projet de loi contre le séparatisme.

La solution est bien là. Le Président de la République peut prendre les mesures exigées si « les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire (…) sont menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu…». Cette mesure donne au Président de la République des pouvoirs exceptionnels et les moyens nécessaires pour reconquérir les « Territoires perdus de la république ». Plane aussi le risque pour le Président qu’une procédure de destitution conforme avec l’article 68 de la Constitution puisse être entamée par les parlementaires s’ils estiment que le Président de la République ne garantit plus l’intégrité du territoire. Une menace brandie par une grande partie de nos parlementaires sans toutefois être suivie de courage politique. Dans le même temps, journalistes mainstream hurlent sur tout les plateaux de télévision que notre pays est gravement en danger sans se résoudre à céder au Président de la République, un petit ” Senatus consultus de  re publica defendenla ” dans sa version moderne.

Se dégagent deux hypothèses probantes :

Soit la situation relayée est fausse et par conséquent, il y a de la part d’une partie du pouvoir législatif et du pourvoir exécutif, la volonté d’occulter, par le débat via les questions identitaires et sécuritaires, leurs échecs face aux  questions sociales.

Ou en revanche, la situation est dramatique, et à ce moment là,  le Président de la République ainsi que les parlementaires manquent à leurs devoirs. Pour l’un en n’exigeant pas la mise en application de l’article 16 de la Constitution et pour les autres, en n’entamant pas une procédure de destitution devant la Haute Cour à défaut de céder leurs places à des citoyens prêts à sacrifier leur avenir politique sur l’autel de la France.

Il va donc de fait que dans ces deux cas il y a une incohérence de fond entre les paroles et les actes…

On peut alors en déduire que le « projet de loi contre le séparatisme » n’a pas pour objet de résoudre les problématiques dénoncées mais plutôt la mise en route de tactiques politiciennes éculées à la veille de l’élection présidentielle pour morceler et diviser le peuple français. Ce scénario se déroule sous nos yeux. Il semblerait que ceux qui exercent le pouvoir sur le peuple, alimentent volontairement un discours identitaire bien huilé afin que les citoyens ne comprennent pas que la chose la plus grave est que nos représentants nationaux ne s’accordent plus avec l’intérêt supérieur de l’Etat. Les prises de paroles et de positions sont systématiquement simplistes, sélectives, partiales et partielles, espérant des réactions qu’ils  jugeront par la suite séparatistes…

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