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Marguerite Stern et l’histoire impressionnante des collages contre les féminicides

Marguerite Stern et l’histoire impressionnante des collages contre les féminicides

Si on prend la définition du mot féminisme dans le CNRTL, il nous livre cette définition : “Mouvement social qui a pour objet l’émancipation de la femme, l’extension de ses droits en vue d’égaliser son statut avec celui de l’homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante”. Si on part sur la dimension philosophique du terme, on peut effectivement comprendre que le transactivisme et le féminisme sont deux choses distinctes. Peut-on aussi envisager qu’elles n’arrivent pas à se considérer femmes car la société leur renvoie une image qui ne les accepte pas comme des femmes ?

Hello Marguerite peux-tu te présenter ?

Hello Lady K, je m’appelle Marguerite Stern, j’ai 29 ans, j’habite à Paris mais j’ai passé mes 18 premières années dans un petit village en Auvergne et je suis activiste féministe. 

Depuis octobre 2012 tu milites avec les FEMEN , peux-tu nous parler de cette expérience? Comment en es-tu arrivée à militer avec elles, et pourquoi ce choix du topless avec des inscriptions ? 

Avant d’entrer dans le mouvement, je ne me disais pas forcément féministe. Mais j’avais une grande colère en moi à cause de ce que les hommes me faisaient subir dans la rue. Les commentaires sur ton apparence physique, les hommes qui te suivent, qui te dévisagent, qui t’insultent, qui te demandent combien tu prends. J’en pouvais plus de tout ça, et je suis tombée sur des images des meufs de FEMEN sur internet. J’ai pas compris tous les enjeux tout de suite, mais il y avait quelque chose qui me parlait dans le mode de protestation. Je m’en sentais proche. Je trouvais ça magistral, sans concessions, et j’étais à un moment de ma vie où j’avais plus envie de parler, j’avais envie d’agir.

J’ai envoyé un texto à Inna Shevchenko ; à l’époque y avait son numéro sur Facebook. Elle m’a répondu de venir au QG le soir même. Cinq jours après je participais à ma première action. Quatre mois après, je laissais tomber mes études et je déménageais au QG avec elle et une autre activiste, Pauline Hillier. C’est allé très vite.

Au début, j’appréhendais le topless. J’étais pudique. Mais j’avais un tel désir de justice et je trouvais cette forme d’expression tellement puissante, que j’ai dépassé tout ça. Aller manifester topless dans la rue, au delà du message singulier que porte chaque action, c’est dire au monde entier que si les hommes n’ont pas à cacher leurs torses, nous non plus. Que désormais les femmes prennent l’espace public et vont arracher leurs droits. Que nous n’acceptons plus. Que nous ne nous tairons plus. C’est bouleverser les codes dans lesquels la société patriarcale a voulu nous enfermer. C’est faire de nos corps habituellement vus comme des objets sexuels et passifs, de véritables armes de guerre. On se tient dans des postures fières et conquérantes, on est recouvertes de slogans, on crie haut et fort, on représente tout le contraire de ce que les machos attendent des femmes. D’ailleurs, c’est certainement pendant mes années FEMEN que j’ai entretenu le meilleur rapport à mon corps. Ça a débloqué beaucoup de gênes et de complexes.

Arriverais-tu à expliquer ce qui t’a parlé dans ce mode de protestation ? 

C’est le côté cash. J’avais pas envie de passer mon temps à parler, organiser des conférences, distribuer des flyers. J’estime que tous les moyens d’action que mettent en place les féministes comptent, et que c’est importante d’agir sur différents plans. Il y a celles qui mènent un travail de terrain avec des femmes en situation de précarité ou victimes de violences, celles qui nous nourrissent par leurs écrits, celles qui à la manière d’Osez le féminisme, montent de grandes campagnes de sensibilisation, celles qui comme Nous Toutes, rassemblent les femmes autour de grandes manifestations, et celles qui sont activistes, et qui à la manière de FEMEN, mettent un grand coup de pied dans la fourmilière quand elles estiment qu’un sujet mérite d’être débattu par la société civile et politique pour que les droits des femmes avancent. Ce sont des choses qui se complètent ; elles sont toutes utiles. Je n’ai pas vraiment choisi d’être activiste, ça s’est imposé à moi. Quand on milite, on le fait pour les autres, mais avant toute chose, on le fait pour soi même, et moi,  j’avais besoin d’exprimer ma révolte physiquement. Aller la crier dans la rue m’aide à mieux la supporter.

Tu es à l’origine d’un mouvement assez impressionnant, les collages contre les féminicides, peux-tu nous dire comment cela à commencé ? 

J’ai commencé à coller seule à Marseille, au début de l’année 2019. Mon premier collage c’était “Depuis que j’ai 13 ans, des hommes commentent mon apparence physique dans la rue.”. Puis j’en suis progressivement venue à la question des féminicides. Dans le courant de l’été 2019, j’ai déménagé à Paris dans un grand squat, et j’avais envie de poursuivre ces collages. Pour moi, le but a toujours été d’envahir les rues. Les photos pour les réseaux sociaux c’est bien, c’est une arme de communication non négligeable, mais on touche souvent une cible déjà convaincue. Dans la rue, tout le monde peut les voir. Alors fin août j’ai lancé un appel pour que d’autres femmes se joignent à moi, avec pour ambition de littéralement recouvrir Paris de ces messages. Au squat, j’avais de la place, je pouvais accueillir beaucoup de monde pour peindre. Le premier soir on était 40 ; en un mois, plus de 200 filles sont passées par là, et aujourd’hui des milliers d’activistes collent dans des centaines de villes et villages. On peut même en voir à l’étranger : Angleterre, Allemagne, Syrie, Turquie, Pologne, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, Suisse…

Tu ne veux également pas que ce mouvement soit dirigé par une tête, mais qu’il puisse plutôt vivre de façon autogérée, un peu comme si tu voulais effacer un système de pyramide pour instaurer un système plus rhizomatique, peux-tu nous en dire plus sur ce choix ?

Au bout d’un mois, j’ai dit aux filles qui venaient tous les jours chez moi que j’allais arrêter. J’étais épuisée, et surtout, comme l’attention médiatique s’était pas mal concentrée autour de moi, je trouvais que ça avait du sens de décentraliser. J’ai essayé de donner des bases solides à ce mouvement pour qu’il puisse perdurer dans le temps en transmettant aux filles tout ce que je pouvais d’un point de vue technique et idéologique. Je faisais attention à former des équipes de collages hétérogènes, avec des activistes d’âges différents et qui ne se connaissaient pas forcément avant pour que des rencontres se créent. Je leur ai répété tous les jours qu’elle étaient fortes et puissantes et qu’elles étaient en train d’accomplir quelque chose de grand. On infantilise souvent les femmes, on les rabaisse, on leur fait croire qu’elles ne feront rien d’important de leur vie. Je voulais qu’elles ressentent la sensation contraire. Qu’elles comprennent toutes le pouvoir de révolte qu’elles ont en elles. Et qu’elles puissent transmettre ce que je leur ai transmis à d’autres. Me mettre en retrait au bout d’un moment faisais partie de cette logique. C’était laisser plus de place et plus de responsabilités à d’autres femmes. Leur laisser la possibilité de s’emparer pleinement de ce mode d’activisme pour qu’elles y ajoutent leurs idées et qu’il évolue (ce qu’elles ont fait). J’ai l’ai laissé vivre en somme, et c’est ce qui différencie une organisation pyramidale d’un mouvement.

Comment vis-tu intellectuellement tous ces messages facteurs de stress-post-traumatiques, ces meurtres que tu comptes, sachant que le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginaire et la réalité, pour en avoir écrit, puis collé, donc relu, je me sentais assez épuisée intellectuellement ? 

J’ai ressenti cet épuisement aussi. Évidemment, passer sa journée à lire les histoires de ces femmes assassinées par leurs conjoints ou ex pour pouvoir les retranscrire au mieux dans une phrase courte, ça finit par laisser une trace. Mais c’est aussi là que je puise ma colère. Et sans colère, pas de révolte. C’est important de se rendre compte du fait que ces femmes ne sont pas que des chiffres. Ce sont des vies arrachées et qui auraient pu être sauvées. Beaucoup avaient essayé de quitter leur conjoint violent. Beaucoup avaient porté plainte. Ce sont aussi des familles détruites et à qui elles manquent et qui souffrent bien plus que moi.

C’est peut-être aussi plus sympa d’écrire ces messages très durs en groupe, ça permet de décompresser ?

Je ne dirais pas que ça soit “sympa”, mais disons que ça permet peut-être d’avaler la pilule plus facilement. Écrire ces messages en groupe, c’est une façon de se fédérer, de créer des liens forts avant de sortir en gang dans la rue. Pour faire ça, nous avons besoin de développer des liens de confiance avec les autres femmes, des liens de sororité. C’est aussi pour cela que nous n’imprimons pas les messages : les tracer à la main les rend plus forts, plus incarnés, mais c’est aussi un rituel, c’est le moment où l’on affûte nos armes avant de partir au combat.

Pour avoir aussi été coller, je me suis aperçue qu’il était assez hallucinant que l’on soit obligée d’enfreindre les lois pour se faire entendre, ça nous ramène à l’histoire de Rosa Park, quelque part.

En effet. Ça nous ramène à Rosa Park, et aux suffragettes aussi par exemple. Pendant des années, elles ont manifesté pacifiquement sans rien obtenir. Il a fallu qu’elles organisent des actions de rue magistrales, qu’elles sortent protester en nombre, qu’elles subissent des arrestations musclées, des gavages forcés en prison, que l’une d’entre elle se jette sous le cheval du roi ou qu’elles pètent des vitrines à la masse pour se faire entendre. Elles avaient compris que les hommes qui détiennent le pouvoir n’étaient pas prêts à céder leurs privilèges et qu’elles allaient donc devoir les y forcer. 

En France, sur la question des féminicides, les féministes ont tout fait pour faire bouger le gouvernement : campagnes en ligne, manifestations pacifiques, etc. Nous demandons un milliard pour mettre fin à ce massacre et nous n’avons toujours pas eu un centime. Je considère donc que c’est l’État, par son inaction, qui nous force à employer des moyens de lutte illégaux. Et je trouve parfois qu’avec nos feuilles de papier A4, nous restons gentilles et nous n’allons pas encore si loin que ça dans l’illégalité compte tenu des horreurs qui nous sont faites. Je n’oublie pas que les lois que nous transgressons ont été faites par des hommes, pour des hommes, et que l’État, en refusant de nous protéger ne nous respecte pas. Je ne vois donc aucune raison de le respecter et je me dis parfois qu’ils ne nous prendront au sérieux que le jour où nous irons brûler l’Élysée.

Tu es également au centre de débats pouvant être assez violents autour des violences que subissent la femme (qu’elle soit née comme ça, ou devenue) peux-tu nous en dire plus ? 

J’estime que le mouvement queer prend trop de place au sein du féminisme. Depuis quelques mois, j’ai vu apparaître des expressions comme “personnes à vulves” pour parler de celles qui ont leur règles. J’estime que ces nouveaux termes participent à l’invisibilisation des femmes et nous n’avons pas besoin de ça. Je considère qu’indépendamment de notre sexe, nous devrions avoir le droit de porter des robes, du rouge à lèvres et des talons hauts, mais que ça n’est pas cela qui fait qu’on est une femme ou pas. Et que considérer que ces attributs que le patriarcat a plaqué sur nous, sont ce qui nous définit en tant que femme, participe à renforcer les stéréotypes de genre. 

Ce type de revendication a finit par prendre trop de place dans le mouvement des collages, et je me suis permise de donner mon point de vue via un thread Twitter dont je ne regrette pas un mot. https://twitter.com/Margueritestern/status/1220063508261494785

Ça m’a valu beaucoup d’attaques, mais c’est la vie. Je dis ce que je pense, je ne fais aucun appel à la haine. J’exprime un désaccord, et surtout un malaise en tant que femme, à ce que des personnes pourvues de chromosomes X et Y et d’un pénis, affirment que la réalité de leur vie est la même que la mienne. Je ne remets pas en cause leur souffrance et les discriminations dont elles sont victimes, je dis simplement que leur condition et la mienne n’ont rien à voir.

Comment expliques-tu cette virulence ? 

J’explique cette virulence par le fait que de tous temps, le patriarcat a tenté de faire taire les révoltes des femmes. J’interprète l’entrée par effraction du transactivisme dans le féminisme, comme une nouvelle tentative de nous silencier, cette fois ci en nous infiltrant de l’intérieur. Cette violence que je me suis prise en retour à mes prises de positions est une violence patriarcale même si elle est parfois véhiculée par des femmes. Voilà pourquoi elle est si forte.

Femen activists, members of women’s rights association and member of the “Collages Feminicides Paris” feminist organisation’s Marguerite Stern (3L down) hold letters forming the message “Justice for Julie” during a protest prior to the start of a hearing following the referral of a case of rape of a minor by three firefighters at the investigating chamber outside the appeal chamber at Versailles, on September 24, 2020. (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP) (Photo by CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP via Getty Images)

Le féminisme est souvent le sujet de trolls sur internet, ainsi que la nudité, les commentaires doivent aller bon train. Tu as du changer de travail lorsque les gens t’ont découverte en FEMEN pour éviter d’être harcelée, tu es encore la victime e harcèlement alors que tu vas coller vêtue des messages qui auparavant s’inscrivait sur ton corps.

On constate que les jolies filles, intelligentes et empathiques sont souvent la proie de harceleurs (à l’école, dans la rue, au travail, au sein du couple…), tu es un peu tout ça, penses-tu que cela contribue à exacerber le harcèlement à ton encontre ?

Toutes les femmes sont victimes du système patriarcal. Celles que l’on juge comme correspondant aux normes de beauté sont vues comme des “putes” et donc nécessairement des idiotes. Et puis celles qui n’y correspondent pas sont “imbaisables”. Nous sommes victimes d’injonctions contradictoires. Nous sommes toujours soit “trop” (grosses, minces, blanches, noires, gentilles, discrètes, grandes gueules, etc..) soit “pas assez”.

Finalement qu’on soit née femme ou devenue, le problème c’est les violences que subissent les femmes, et tu ne veux pas décentrer le débat sur la transformation corporelle ou les sexualités hors-norme ? Que ce soit une trans, trav, lesbienne, femme au foyer, étudiante, cadre supérieure, ministre, ce qui est au centre des féminicides ce sont les violences que subissent ces femmes, ou qu’elle vont subir ?

Oui c’est ça, je ne voudrais pas que le débat soit dévoyé. Je trouve que le transactivisme prend beaucoup trop de place dans le féminisme, et que même si la notion d’intersectionnalité me semble avoir du sens, ce sont deux sujets différents. Mais je ne suis pas certaine qu’on puisse choisir de devenir une femme. On naît femme, homme ou intersexe, mais on ne peut pas choisir de changer de sexe. Je considère que les opérations chirurgicale qui vont dans ce sens sont des mutilations. Le sexe est une réalité biologique, et ce qu’on appelle le genre et qui est la construction sociale qui découle du sexe, doit être déconstruit. C’est-à-dire qu’on doit par exemple arrêter de penser qu’un petit garçon qui aime jouer à la poupée est en réalité une fille, ou deviendra homosexuel puisque selon certains clichés homophobes, les gays seraient des hommes “efféminés”. 

Parfois on peut trouver cela surprenant que les groupes de collage puissent parfois être exclusivement féminins, peux-tu nous éclairer sur ce parti pris ? 

C’est important de sortir coller dans la rue uniquement entre femmes. Au delà des messages singuliers que l’on va coller, l’enjeu c’est aussi de se s’approprier l’espace de la rue qui nous est confisqué par les hommes. Nous avons un usage de cet espace complètement différent d’eux. Nous avons tendance à le traverser pour aller d’un point A à un point B, et nous ne l’habitons pas vraiment. Souvent, une femme qui reste statique dans l’espace public va être la proie des harceleurs. Les hommes eux, traînent, flânent, pissent à chaque coin de rue sans jamais être inquiétés en raison du sexe qui se trouve entre leurs jambes. Ils n’ont pas besoin de s’approprier la rue, elle leur appartient déjà. Ça n’est donc pas le même geste quand c’est une femme qui colle que quand c’est un homme. Alors si ils veulent aller coller, grand bien leur fasse, mais moi je préfère faire ça entre femmes.

En théorie je suis pour la mixité, mais je ne peux pas faire abstraction du principe de réalité. L’expérience m’a toujours montré que lorsque ne serait-ce qu’un homme se trouve au milieu d’une assemblée de femmes, il finit toujours par attirer toute l’attention et tenter de prendre des décisions pour lesquelles il n’est pas légitime. Les hommes nous confisquent en permanence la parole. Quand je vais coller dans la rue, c’est mon moment à moi. C’est le moment où justement je m’affranchis du regard masculin, où je récupère un pouvoir qui m’est confisqué, et je ne veux pas prendre le risque d’avoir à côté de moi un homme qui n’aura aucune gêne à me dire que le message que je colle n’a pas de sens, où que je ferais mieux de le coller à tel ou tel endroit.

Il vous arrive parfois d’être arrêtée par la police alors que vous coller des messages dénonçant des violences et un manquement de la part des institutions censées gérer cela. Est-ce que n’est pas comme une double peine d‘être arrêtées par la police pour dénoncer ces violences alors qu’elle devrait plutôt s’occuper de ces violences? 

En effet, si nous sommes aujourd’hui obligées d’aller coller ces messages dans la rue pour faire entendre notre voix, c’est en partie parce que la police fait mal son travail par manque de moyens et de formation. Ça n’est pas rare que des policiers refusent de prendre des plaintes de femmes victimes de violences conjugales, ou bien qu’ils nous sortent des remarques sexistes lors des auditions. On réduit souvent le féminisme à quelque chose de futile et d’inutile en France. Mais on oublie que c’est avant tout l’expression d’une souffrance et d’une révolte des femmes. Et la police, en nous sanctionnant plus qu’elle ne sanctionne les auteurs de violence nous fait effectivement subir une double peine.

Et la réaction des passants, comment est-elle ?

Ne penses-tu pas développer la dimension artistique de ton oeuvre? Tu considères cela uniquement sous son aspect militantisme, mais selon un point de vue plus artistique, tu as créer une école, un style de peinture en même temps qu’un style d’activisme. Les guerrila girls ont incorporé le militantisme dans l’art, peut-on espérer voir un jour une exposition Marguerite Stern avec la pérennisation de ta pensée livrée au monde en mode slogan ?

Oui, il y a une dimension artistique forte dans ce que je fais. J’ai développé une esthétique particulière, rythmée. Je fais attention aux typographies, je peins des lettres capitales noires et épaisses pour que la forme soit en adéquation avec le fond. Ça peut paraître très simple, mais il y a une recherche. Et je serais peut-être amenée à la développer autrement, mais pour l’instant, ce qui m’intéresse reste les murs de la ville. Je sens que je ne suis pas encore arrivée au bout de ce travail répétitif, qui trouve aussi son sens dans la répétition. Le jour où j’en aurais marre, je le ferai peut-être évoluer autrement.

On attend avec impatience la suite des évènements, merci pour cette interview, Marguerite. 

Interview réalisé par Lady K


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