pixel
Now Reading
Zoia ; Je peins avec des humains, pas avec un genre

Zoia ; Je peins avec des humains, pas avec un genre

Hello Zoia, comment vas-tu ?

Alors moi ça va bien, même si, comme beaucoup, je suis affectée par la situation sanitaire mondiale en ce moment (je suis sûrement une grande stressée), j’essaie de passer outre et de continuer à vivre ma vie comme je peux. C’est pas la guerre (pas encore) et ça pourrait être pire.

 Peux-tu te présenter en quelques mots

Je me considère comme graffeuse, je suis aussi en besoin permanent de mouvement, de voyage, et pour le reste, je me construis encore donc je me présenterai pas plus parce que pour moi ca demande trop de concret que je n’ai pas.

Depuis combien de temps peins-tu ? 

Je situe mon premier vrai graff le 16 juin 2016 vers 4h du matin je crois. Je pense avoir fait quelques tags vite fait les semaines d’avant mais rien de notable.

Peux-tu nous raconter comment tu as commencé ?

En 2016, j’avais 16 ans, je consommais énormément ( trop ) de stups depuis déjà quelques années, j’étais complètement névrosée, j’avais des soucis persos pas oufs, donc 2016, c’est l’année ou j’ai gentiment commencé à craquer sévère.

J’avais un petit business de weed, et mon terrain de bicrave principal c’était un terrain de graffiti. Ducoup entre deux clients j’avais tout le loisir d’observer les peintures et je les voyais changer régulièrement.

Un jour, j’ai atteint une limite, il fallait définitivement que je me détende sur mes consommations, et puis j’ai eu pas mal de soucis à cause de la vente de weed, du coup j’ai été amenée à d’abord arrêter la fume (le reste à mis un peu plus de temps, j’voulais pas me l’avouer comme tout le monde mais j’étais bien accro, et bien alcoolo), et puis à arrêter le business.

Et la, il à fallu que je trouve quelque chose, parce que sans le bédo qui était ma principale activité dans la vie, j’étais plus rien en fait (triste constat). J’avais aucune passion qui me prenait vraiment à coeur. Avec l’habitude, mon terrain restait mon terrain, donc je me suis dit que j’allais essayer le graffiti.

J’ai fait des tests, et je n’ai plus jamais arrêté. Je me suis aperçue que quand je peignais, tous les trucs chelous qui se passaient dans ma tête s’arrêtaient, j’étais focalisée sur ma peinture, et en fait ça me défoulait et ça me libérait complètement.

Ça à été un réel médicament, ça à commencé à donner un sens à ma vie, autre que de me percher. J’pense que ça m’a sauvé et ça continue à me sortir la tête de l’eau.

As-tu étudié la peinture à l’école ?

Je pense que j’ai toujours aimé le dessin la peinture, après avoir foiré mes études générales (on en revient aux problèmes cités au dessus), j’ai fait un bac pro communication graphique, mais bon ça m’a plus appris des trucs formels de pub, et l’utilisation des logiciels de la suite adobe qu’à dessiner ou peindre. Par contre c’est dans ce bahut que j’ai rencontré des graffeurs qui m’ont accompagnés à mes débuts.

Est-ce que tu travailles actuellement dans la pub ? 

Le graffiti n’est il pas une forme de pub ?

Plus sérieusement, non. Je ne crois pas que ça m’intéresse. Ça m’arrive de réaliser des logos, des flys, des websites, mais c’est rare et ça me passionne pas.

Pourquoi avoir choisi ce mode d’expression ?

De tous les modes d’expressions que j’avais pu essayer avant, c’est le seul qui m’a apporté autant de passion. Pour plusieurs raisons sûrement. La taille du support qui permet vraiment de danser avec le mur, de pas se contenir au niveau des gestes, c’est un défoulement en plus de la création. La variété des supports, la prise de liberté de s’approprier des espaces dans l’urbanisme. Et puis ensuite je pense que l’aspect culturel du graffiti m’a aussi beaucoup intriguée, intéressée, ce monde bien propre à cette pratique et dont j’avais envie de connaître les codes. La partie vandale de la chose m’a aussi sans aucun doute donné une raison de plus de participer au mouvement.

Que cherches-tu quand tu dessines des lettres ?

 Apprendre. La progression autour du travail de la lettre propre au graffiti. J’apprends encore à manier les phases des lettres, la construction de ces typographies me passionne. Et puis il y a des infinies possibilités autour du dessin des lettres, de la mise en forme de la lettre basique qui n’est finalement pas simple jusqu’à sa déconstruction. Finalement, selon mes avancées dans l’apprentissage des lettres, je cherche en permanence quelque chose de différent. Savoir dessiner une lettre simple mais belle, la transformer, travailler sur sa dimension, savoir la faire vite et donc bien comprendre sa construction et ses phases…

J’apprends, j’apprends…

Comment en es-tu arrivée à concilier swin et lettres simples ?  

Quand j’ai commencé à peindre, je me suis très vite lancée dans le compliqué, faire des phases louches, des empâtements moches n’importe où, j’ai tout de suite voulu déconstruire mes lettres… grosse erreur ! 

Et puis à un moment je me suis mise à reprendre des lettres basiques simples efficaces, c’est là que j’ai vraiment commencé à bosser les lettres, que j’ai compris le fonctionnement des phases et comment je pouvais les modifier.

C’est là aussi que j’ai fini par comprendre que le plus simple était souvent le plus compliqué ! 

Et puis ensuite j’ai vraiment bossé avec un flot instinctif, plus j’ai de la place pour étendre mes lettres plus je peux leur donner un flot avec le simple mouvement de mon bras, de mon corps. Le swing vient de ce flot là je pense transmettre la dynamique du lancement de ton geste sur le mur, pas se priver sur le mouvement. 

As-tu des anecdotes notables à nous raconter, drôles ou pas ?

J’ai pas tant que ça de mémoire sur les anecdotes, mais je me souviens bien d’une fois qui m’avait fait marrer, je venais de revenir sur Paris, rendre visite à mon copain de l’époque. Du coup j’avais toutes mes affaires pour y passer quelques jours. On est partis boire des coups sur Montmartre, puis la soirée se termine, on part pour rentrer, et mon mec prend mon sac en pur gentleman. Sur la route on claque des tags à droite à gauche, et arrivés à Barbès, coup de frein d’une camionnette blanche, évidemment c’était les flics. Du coup ils chopent mon gars en flag (bon après ca va, un vieux graffitivre sur une palissade dégueulasse), la première chose qu’il me dit c’est de me barrer, les flics me demandent si on se connaît, (sur un signe de tête on en convient que non), et puis ils me demandent carrément si le monsieur ne me portait point atteinte. Bon bref je me barre en me disant que je ne le reverrai que le lendemain matin, j’attends quand même un peu. Et il se trouve que je le vois revenir, tout guilleret.

Ben oui, ce con avait mon sac sur le dos, du coup quand les flics lui ont demandé de l’ouvrir à la recherche de stups, ils sont tombés sur des strings. Pour un grand barbu d’1m80 ça dénote. Donc ils se sont foutus de sa gueule, et lui a prétexté qu’en fait il ne me connaissait pas, qu’il essayait de me pécho et qu’ils lui avaient niqué sa chance. Du coup, les flics l’ont laissé repartir en lui souhaitant bonne chance, et quand il m’a rejoint, il ont fait un aller retour avec la porte à moitié ouverte en faisant des grands smiles et des pouces à travers les vitres en l’encourageant. Plutôt golri.

Alors comme c’est toujours une tentation de poser la sempiternelle question du comment c’est d’être une fille dans un milieu à dominante masculine, j’ai envie de te demander comment tu t’en sors ?

Je fais ma vie. La chose qui me touche le plus c’est les gens que je connais qui font ce qu’on appelle le ” sexisme passif ” et qui sans vouloir me faire du mal, se rendent pas compte qu’à travers certaines phrases genre ” je devrais mettre un leggings pour avoir plus de likes” ils réduisent gentiment mon graffiti à quelque chose d’insignifiant et mon corps à un objet hypersexualisé. C’est super méprisant, mais ils ne s’en rendent même pas compte et après ça te sort des ” nan mais c’était pour rigoler ” alors qu’il y à rien de marrant ni d’original. En fait, ça pose question sur la considération de ma pratique. 

Plein de graffeurs estiment que si j’ai des opportunités dans le graffiti c’est parce que je suis une nana. A aucun moment on va penser au fait que je me suis bougé le cul, que j’ai voyagé dès que je pouvais pour peindre, pour apprendre, que j’ai juste pas perdu de temps, et que je me suis donné les moyens. Nan c’est parce que j’ai un cul moulé dans mon leggings. Après, à côté de la problématique de la considération, y’a cette problématique très sexuelle du truc, ça à changé mon comportement, et ça me déçoit mais j’y peut rien ça s’ancre au fur et à mesure des expériences.

Je suis devenue quelqu’un de super méfiant par rapport aux gens avec qui je peins, la première question que je vais me poser quand on m’invite à peindre, c’est ” est ce qu’il veut me baiser, ou est ce qu’il a juste envie de peindre “. A quel moment tu arrives à te poser ce genre de question.

Et puis y’a aussi ce côté ou ma vie perso est jugée à ce niveau la mais bon c’est un combat qui n’est pas intrinsèque au graffiti. On va scruter ma vie sexuelle, si j’ai couché avec untel ou un tel, certains même s’inventent des vies, le gossip quoi. Mais du coup, même si je veux assumer une liberté sexuelle totale, je me prends le sigle de ” pute ” assez vite. Bon ben je prends hein mais quand même.

Effectivement tu pourrais être une nana en short avec des lettres bancales, ça ne fonctionnerait pas, tu es juste jolie et talentueuse, c’est d’ailleurs probablement pour cela que tu as attiré l’attention de Kobra, peux-tu nous dire comment cela s’est passé et ce que tu en retire ? 

Déjà merci pour le jolie et talentueuse ! Pour en revenir à Kobra, ils m’ont contacté par instagram pendant le tout premier confinement, si je dis pas de bêtises ils suivaient déjà un peu mon travail depuis 2019. La marque m’a proposé une collaboration, en me disant principalement que leur crédo était de soutenir les graffeurs qui progressaient et qui étaient motivés ( en gros ceux qui se bougent et qui peignent beaucoup en recherchant une constante progression ), et que j’étais un bon profil quoi.

Ils ne recherchent pas forcément des graffeurs confirmés mais veulent au contraire montrer la progression du graffeur suivi par la marque.

J’avoue en retirer un peu de fierté ! Ca a été un honneur quand ils m’ont proposé ça, il faut savoir que quand j’ai commencé le graff ( et encore aujourd’hui ), j’admirais le travail du Slovène RAMZ, et le gars était sponsorisé par cette marque, d’où le kiff de me retrouver dans cette team !

Quels liens as-tu avec les autres membres de cette team, par exemple Kivi ou Aura ? 

Eh ben pour l’instant aucun. En fait je n’aime pas rencontrer les gens sur les réseaux sociaux, j’ai vraiment besoin de voir les gens en vrai pour voir ce qui se cache derrière cette façade internautique. J’ai été trop souvent déçue par des gens qui paraissaient géniaux sur les réseaux et qui finalement s’avèrent être des bons gros cons en vrai. Donc maintenant j’attends d’avoir l’opportunité de rencontrer les gens pour établir des liens, évidemment je passe par les réseaux pour connecter des gens mais ca en fait pas des connaissances pour autant, il me faut du réel. Avec le covid c’est pas tout simple.

Tu abordes également le fait qu’une nana ne peut être que jolie, puisqu’on t’enleve la capacité d’être talentueuse en te réduisant à “une meuf en legging”, et aussi  qu’une femme finalement n’existe que par l’homme en te portant des histoires avec untel ou untel, ou encore te demander s’il est intéréssé par ton talent ou ce fameux legging… As-tu une idée afin que les choses puissent évoluer et que nous en soyons plus uniquement cantonnées à un rôle d’objet dessiné pour les hommes qui ne doit qu’être joli et se taire ? 

On m’a déjà dit ” t’as qu’à mettre une burqa “, et c’est un truc auquel j’ai d’ailleurs pensé le jour ou un des graffeurs que j’admirais le plus à refusé de peindre avec moi parce que ” j’étais trop hot “. En voilà une solution simple ! Ouais ça me dégoute ( évidemment pas la burqa, juste les cons ).

La solution la plus simple serait que les gens s’occupent de leur c**, prennent conscience de leur mépris et de leur jalousie, ce vieux fiel qui ronge les cœurs, qu’ils travestissent avec des raisons pourries sans jamais penser à se regarder dans un miroir. 

Ensuite faudrait prendre le problème à la source, parce que c’est pas un problème personnel au graffiti, l’éducation sur le corps de la femme déjà serait un bon début, de toutes les dimensions psychologiques liant ce corps, ses phases, à son esprit, puisque finalement la majorité du problème reste à connotation sexuelle. Ca aiderait déjà les femmes à assumer leur corps et leurs envies ( là je parle pas de sexe uniquement, mais dans la vie en général ) et ça dédiaboliserait cette prise de pouvoir des femmes sur elles-mêmes. Et puis simplement ça ne ferait plus du corps de la femme qu’un objet de désir, c’en est un évidemment, mais cet aspect doit être insignifiant face à la considération et au respect d’un individu. La pudeur autour de la sexualité féminine est un fléau, la femme ne s’est pas encore approprié son corps et ses attentes ( je parle pas de twerker sur tiktok ), et je pense que la plus grosse partie du problème est là. Le jour où on se connaîtra et s’assumera, et surtout que les femmes n’auront même plus besoin de se soutenir dans cette démarche puisque ce sera de l’ordre de la banalité, on aura commencé à se sortir d’affaire. 

Y’a plein d’autres choses concernant les femmes (ca concerne les hommes aussi) qui manquent à l’éducation ou sont mal apprises, censurées, c’est un délire, faut discuter avec les femmes, y’a des vrais enjeux. 

Ah oui et puis faut qu’on arrête avec ces histoires de mixité obligatoire, du 50% de femmes, là on en est carrément réduites à une stat c’est ultra décrédibilisant, on sait même plus pourquoi on est là, si c’est parce que c’est à la mode ou parce qu’on en vaut le coup.

C’est tout de même assez audacieux que ce soit à la femme de faire attention à ne pas provoquer le desir de l’homme, et qu’elles doivent disparaitre pur ne pas avoir de problèmes. j’en perds mes questions, mais peut-être as-tu une réponse ? 

La femme est soumise à des contradictions qu’elle doit adapter en permanence, d’abord elle ne doit pas apparaître comme tentatrice mais elle ne doit pas non plus se laisser aller pour plaire au regard de l’humain en général, tout en ne laissant transparaitre aucune problématique liée à cette mise à la norme de son concept de femme. A l’école on t’apprends que la contraception c’est le préservatif, la pilule, il en faut du temps pour te rendre compte qu’il y à d’autres choses, quand tu vas voir un gynéco il ne va souvent t’informer que des effets secondaires visibles, tu vas avoir des boutons, tu vas grossir, c’est pas joli donc à ce moment là peut être qu’il faudra changer, par contre ce qui se passe dans ta tête, dans ton corps, tu te débrouilles avec et s’il te plaît n’en fait pas profiter les autres, on veut pas savoir. Une femme doit s’épiler, et en vrai c’est pas agréable du tout, et puis ça coûte des thunes, mais bon quand t’en parles c’est un peu dégueu, et puis si tu pouvais ranger ta cire et tes rasoirs ça nous arrangerait.

On se doit d’être parfaites, mais la manière par contre faut surtout pas en parler. Et puis ceux qui te disent des trucs genre ” nan mais moi je m’en fous de tout ca ” sont des gros mythos pour la plupart, c’est juste pour faire bien et un peu féministe, mais ca dérange quand même.

Masquer son corps pour pas éveiller le désir c’est un problème qu’on aborde malheureusement dès qu’une fille commence à être formée, par exemple ce gros débat autour des crop tops au collège/lycée qu’il y a eu cette année, la fille ne doit pas se montrer pour en fait ne pas déconcentrer ses camarades ou ses professeurs !

On apprend en aucun cas aux mâles à se contenir c’est même pas un sujet qui existe.

La tenue républicaine consiste à refuser leur corps aux femmes.

Tu abordes pleins de sujets interessant, la réappropriation du corps de la femme pour elle-même et non plus pour être au service de l’homme jusque dans son intimité la plus profonde puisques des études montrent que l’orgasme vaginal pointé du doigt dans la sexualité conventionelle n’est qu’un mythe, la question du consentement mutuel, et finalement tout cela est une question d’éducation, penses-tu que l’art puisse intervenir en faveur de cela ?

L’art peut exprimer un sentiment, une passion.  La sexualité, les changements hormonaux, provoquent des sentiments intenses qui pourraient ainsi être retranscrits avec une force considérable. Après, pour que les femmes puissent exprimer ces problématiques, faudrait- il déjà qu’elles les ressentent et les assument…

Le “faut souffrir pour être belle “ n’est pas un mythe, tu parles d’épilation, mais nous aurions aussi pu aborder les talons hauts, les régimes drastiques pour entrer dans du 34, la chirurgie esthétique, blanchir sa peau, les defrisages… Existe-t-il des limites aux tortures que doit subir la femme pour rester compétitive sur le marché de la beauté ? Et comment expliques-tu un tel diktat où il faut souffrir et posséder les moyens financiers pour financer cette beauté déterminée par des canons esthétiques finalement patriarcaux? 

Je pense que ça nous vient des dogmes de l’aristocratie, sous la monarchie, et puis ça a suivi. Plus la femme était à l’aise financièrement, plus elle avait le temps de prendre soin d’elle et les moyens de le faire, ce qui augmentait ses chances de se marier, et ensuite de ca, c’est l’ego de son mari qui était mis en jeu, plus sa femme était belle et prenait soin d’elle, plus ça voulait dire que l’homme était riche finalement. La femme se devait d’être parfaite pour plaire à son homme qui, lui, ramenait l’argent, mais aussi pour plaire à l’entourage pour que l’homme soit lui même respecté et envié. Toutes ces problématiques impliquent beaucoup le regard des autres. Il faut être à la hauteur des autres. Je pense que quand tu deviens vraiment vieille tu finis par te rendre compte de la vacuité de ces sujets. J’en discute pas assez avec les vieilles dames, je pense qu’elles auraient des tas de choses intéressantes à dire.

Il y a aussi le cas des paysannes qui dans une tradition gréco-romaine travaillaient dans les champs, puis s’occupaient de la maison, des enfants, une double esclave…

Oui et puis qui occasionnellement servaient d’esclaves sexuelles au passage.

C’est intéressant de rebondir sur cette question, sachant comment sont considérées le prostituées qui ont pour la plupart été violée pendant leur enfance, ou leur adolescence et qui ont perdu tout contact avec leur corps, ou bien celles a qui on a confisqué leurs papiers et qui sont violées et reviolées jusqu’à ce qu’elles acceptent de se prostituer. Ce sont des esclaves sexuelles qui sont méprisées alors qu’elles n’ont qu’une fonction : assouvir les besoins sexuels des hommes qui les méprisent et les violentent, parfois je regardes ces femmes comme des victimes traumatisées plus que comme des “nymphos” mais je pense que si tout le monde les regardent plus comme ce qu’elles sont vraiment, elles n’auraient plus de clients et leurs macs perdraient beaucoup…

Après tout dépend aussi, il y à aussi des prostituées qui ont choisi ce métier, moins j’en conviens, mais il y en à. Et le souci c’est que ce devrait être la norme. En fait, si on commençait déjà par ne plus diaboliser ce qui est le plus vieux métier du monde, et on en revient aussi à la sexualité féminine taboue, on pourrait enfin ouvrir des portes sur une vraie sécurité de l’emploi, destiner des endroits spécifiques pour ça, réglementer le client lui-même serait plus en accord avec la bienséance en y allant, et la prostituée serait en sécurité. Si enfin on en arrivait la, la plupart des organisations de prostitution illégales n’auraient plus de raison d’être, et ça ferait avancer les choses pour les femmes qui elles ne veulent pas faire ce métier et y sont contraintes par la force. Une grosse problématique en ce moment se pose aussi sur la prostitution de filles mineures, qui font ça pour un gain d’argent phénoménal, facile, sans seulement connaître leur corps, l’amour, simplement même la vie. Pour entrer dans ce métier lorsque l’on veut vraiment le faire, comme le métier d’actrice de films X finalement, il devrait y avoir un contrôle médical, lié à des dispositions psychologiques pour savoir si on est en mesure d’assumer un métier aussi impactant sur l’esprit que sur le corps.

Tu définis cela comme un métier, mais c’est plus une traite d’être humain qu’autre chose… Beaucoup de filles dans le x se droguent, se suicident pour supporter ou ne plus supporter ce milieu. L’image de la femme est degradé, humilié, et si les hommes se servent du X come d’un mode d’emplois homme/femme c’est normal que tant de couples finissent par divorcer, qui voudrait être traitée ainsi, comme un objet sexuel violenté ? 

On arrive encore là à un problème d’éducation à la base… Une vraie éducation sur la sexualité et le corps sans tabous ferait vraiment avancer les choses. Le sexe est, pour beaucoup, un besoin presque vital, c’est donc légitime qu’il y ait des métiers de ce genre, mais il faut éduquer pour un meilleur rapport à la sexualité et que ce soit une un vrai métier pas une torture.

Je ne suis pas sûre, la femme est au service de l’homme dans cette configuration. On nous élève pour devenir des femmes, des mères, des amantes, voire des amies, la pire chose qui puisse nous arriver dans cette configuration c’est la prostitution et le x. Tu te vois toi coucher avec un type que tu n’aime pas, qui ne te plait pas physiquement, parce que les prostituées ne peuvent pas choisir leur client. Le sexe est avant tout une question d’amour, et non pas l’acte violent que subissent ces femmes. 

Je pense qu’à partir du moment ou tu n’as plus aucune estime de ton corps suite à, par exemple, des viols, et que tu conçois la relation sexuelle par définition comme quelque chose de sale, d’horrible et j’en passe, certaines femmes peuvent ne plus faire de différence entre la relation de prostitution et la relation amoureuse. Ce sera de toute manière un fardeau dans tous les cas, et puis il faut y passer, donc pourquoi ne pas gagner de l’argent avec ( c’est un état de pensée qui est réel ). Après on commence à avoir une parole qui se libère concernant ces métiers là, avec par exemple les actrices du X qui expliquent leur parcours, leur ressenti comme Celine Tran ou Nikita Bellucci, des professionnelles qui ont vécu des situations qu’on ne peut pas connaître, ce qui était impossible il y a quelques années. Il faut juste espérer que ça ouvre encore d’autres portes pour continuer à affiner cette vision et ce débat.

Sans cette mixité tu ne penses pas qu’on serait toujours en minorité voir inexistante, si on représente 50 % de la population, il semblerait logique qu’au moins la moitié puisse être aussi compétente que les hommes, ne serait-ce pas plutôt le mandarinat  le problème ? Privilégier le fils ou l’ami d’un tel au détriment de gens vraiment compétents ? 

En fait c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, surtout ces derniers temps avec la mode autour de ces questions dites ” féministes” qui s’est installée. Et étant moi même dans l’orga d’évènements je me retrouve confrontée à cette question et je dois trouver des réponses qui me conviennent. C’est un processus de réflexion qui est encore en construction chez moi.

Je suis quelqu’un qui aime les sujets qui apportent thèse et antithèse, sur la plupart des sujets je vais avoir deux avis opposés puisque finalement j’essaie de trouver une réponse vraiment adéquate. Dans ce cas ci particulièrement je suis pour et contre.

Le truc c’est que ça ne devrait même pas être un questionnement. Le fait de poser des questions sur cette obligation de mixité s statistiques va encore plus enclaver femmes et hommes dans leur cases respectives alors qu’on cherche l’unité.

Mais évidemment je suis pour la mixité dans le sens ou si on la revendique pas y’en aura juste pas…

J’attends juste que tout ça devienne normal pour qu’on ai d’autres questions plus constructives sur l’évolution du monde et non pas réfléchir à des sujets qui nous ramènent en arrière.

Je serais plus pour la mixité par exemple que pour l’organisation d’events uniquement féminins, qui pour le coup communautarise à mon sens une classe de la population, en l’occurrence, ici ce sont les femmes, ça me rappelle le fameux conseil machiavélique : “diviser pour mieux régner” d’ailleurs… Qu’en penses-tu ? 

J’estime également que ça communautarise les femmes et les hommes, mais je pousse encore la réflexion la dessus, je n’ai pas encore atteint de réponse parfaite. Quand je suis allée en Pologne, j’ai rencontré ce groupe d’activistes féminines Girls To The front, et pendant l’interview elles m’ont dit cette phrase qui à ouvert mon raisonnement : ” Dans notre initiative nous faisons exclusivement des lines up de femmes et d’homosexuels […] nous n’avons pas besoin que toutes les soirées et les festivals soient ainsi mais c’est une manière de se réconcilier avec les siècles de discriminations envers les femmes et les homosexuels. Nous le faisons pour créer une certaine égalité au fond. Et si quelqu’un dit « Mais finalement vous discriminez les hommes, et les cisgenres » la réponse est que l’on ne peut pas vraiment parler des discrimination d’un groupe qui à dominé pendant de si longues années et qui le fait encore. “

Alors finalement, chacun son raisonnement, l’important, c’est qu’il y en ai plusieurs, et que chaque organisation soit différente.

Tu as aussi mentionné avoir interviewé  les Girls To The front, dans quel contexte était-ce ?

C’est un contexte complètement personnel pour l’instant. A travers mes voyages consacrés à la peinture, j’ai voulu commencer à monter un projet autour de la place de la femme dans le contexte artistique et dans les différents pays d’Europe. Et puis je voulais aussi en apprendre plus sur les politiques inhérentes à chaque pays. Bon le projet se concrétise difficilement par manque de moyens et par la situation actuelle alors que j’ai besoin de rencontrer les gens en vrai. J’ai donc commencé par la Pologne et Girls to the front parce que la cause du droit à l’IVG me tient à coeur et que c’est un sujet encore malheureusement débattu dans leur pays, ce qui dévoile une grosse problématique sur le droit des femmes et sur la disposition de leur corps, ainsi que la culture conservatrice du pays. Elles m’en ont beaucoup appris et j’espère faire quelque chose de cette interview/discussion qui dort dans mon ordinateur.

Ce projet semble intéressant, sous quel format veux-tu le présenter ? 

J’aimerais constituer un livre ou plusieurs fanzine avec les interviews de chaque participant, ainsi qu’une série de documentaires vidéo, ludiques au possible concernant chaque pays. J’aimerais toucher une population jeune au maximum, leur donner envie de découvrir et de se pencher sur des sujets de société qui ne les atteignent pas.

En parlant des filles de l’est, as-tu constaté des mœurs différentes avec l’ouest ? des filles plus sexy par exemple ? 

Déjà j’avoue pas tellement aimer le terme fille de l’est, je préfère dire femme slave. Elles sont sans aucun doute de magnifiques femmes, mais ce n’est pas que leur physique qui prime, c’est une attitude, une manière de s’occuper de soi et d’aborder ses objectifs dans la vie. Ce sont des filles fières, et très sûres d’elles. Je les vois comme très féminines, qui prennent soin d’elles, et ce sont des femmes qui s’assument, qui assument de plaire. Elles ont je trouve également un caractère bien trempé qui est sûrement lié aux besoins d’adaptation de ces femmes à toutes les tribulations (politiques, sociales..) que subissent les pays slaves. Tout cela produit des “femmes monuments”, qui attirent mais font également peur.

Pour rebondir sur les trans, je suis évidemment pour que les minorités victimes de ségrégation et violences luttent pour faire valoir leurs droits, mais on peut constater chez certains activistes trans mâle vers femelle une certaine violence faite à l’égard des femmes. Participer aux compétitions sportives et remporter des médailles là où dans leur groupe de mâles ils n’auraient pas pu être qualifiés par exemple. Et si nous voulons nous y opposer on nous  redéfinit comme transphobes, alors que nous essayons juste de sortir d’une oppression patriarcale où nous sommes condamnés à souffrir en silence des violences masculines… ne devrions nous pas plutôt penser leur faire une troisième case  pour leurs besoins et particularités très spécifiques ? 

Très sincèrement je m’y connais peu dans ce sujet, parce que c’est aussi une problématique qui est encore en débat tant chez les professionnels de la santé que chez les sportifs, donc bon moi à mon niveau j’y connais rien. Néanmoins une chose m’avait un peu choqué, c’est que la commission médicale et scientifique liée au sport ai décidé que les femmes qui ont choisi de devenir hommes pouvaient participer sans restrictions aucune aux compétitions masculines, mais les hommes ayant choisi de devenir femmes devaient en revanche se soumettre à des tests pour prouver que leur taux de testostérone ne dépasse pas un certain seuil. Donc même dans la communauté trans, « en interne », ils se soumettent à des discriminations. On n’en sort plus.

Je pense que de toute façon c’est encore très méconnu, le fait de savoir si il va y avoir une différence entre le physique d’un humain dont le sexe est celui de naissance ou celui d’un trans qui à donc changé de sexe. Le questionnement doit justement bien être posé, est-ce que le physique, même si il subit des modulations pour passer d’un sexe à un autre, a ou pas des caractéristiques propres ? Si oui effectivement il serait plus juste d’accorder des compétitions spécifiques avec pour différents niveaux.

Avec qui peins tu généralement ?

C’est super aléatoire, ça dépend de l’endroit où je suis en fait. Mais la plupart du temps je peins seule. J’en ai trop besoin. 

Es-tu contente de peindre avec d’autres filles ?

 Je peins avec des humains, pas avec un genre.

Alors quels seraient ce genre d’être avec qui tu aimes peindre, faisant fis de toute distinction physique pour ne t’attacher qu’à l’âme ? 

Le maître mot serait la bienveillance. Ça résume pas mal de choses. Des gens sans jugement, et juste qui kiffent le moment présent et qui s’attellent à leur truc. Attention par bienveillance j’entends pas simplement des gens gentils, juste des gens pas méprisants, que ce soit envers moi ou envers d’autres, je supporte pas le mépris et le mensonge. J’aime pas les gens qui s’inventent une vie, même s’ ils y croient très fort, j’ai besoin de gens honnêtes et surtout qui sont capables de se remettre en question. Et puis des gens qui ont des idées, qui me font progresser rien que par leur flot de créativité, leur envie. Je me sens de mieux en mieux avec les gens introvertis, ce sont les plus investis dans leur projet, ils ont juste pas le temps pour l’inutile. Et puis il y a mes copains, ceux qui ne me lâcheront pas, et que je lâcherai jamais non plus, il n’y en à pas beaucoup mais ils savent que je les porte dans mon cœur.

Pense-tu qu’il y ait une sororité ou bien est-ce la compétition qui prime selon toi dans ce milieu ?

Je vais pas mentir sur ce point, je suis quelqu’un qui a du mal à m’ouvrir et à être à l’aise facilement avec les autres filles en général. Je m’explique quand même, ça n’a rien à voir avec le graffiti, ce sont des ressentis persos et inconscients qui viennent d’une expérience bien précise. Et en fait ça a quand même un lien avec ce thème de la sororité ou non, parce qu’on a un problème à ce niveau. La femme à toujours eu le devoir dicté par la société d’être ” la plus “, sinon elle ne vaut pas le coup. 

En gros arrivée à l’adolescence j’ai commencé à m’intéresser à ” la féminité “, aux groupes de copines, au maquillage, à la manière de s’habiller, bref je voulais être acceptée par les filles quoi. J’arrivais tout juste d’un autre pays, j’avais pas les codes des collégiens français, et dans ma famille on était pas sur cette problématique, j’avais pas d’exemple. Du coup je me suis simplement fait bâcher, dans tous mes collèges, dans mon premier lycée, j’avais pas les mêmes fringues, j’avais pas le sac qui va bien, j’sais pas, mais en tout cas les cercles féminins ont toujours été hardcores avec moi, alors que j’essayais tout, je faisais des efforts de ouf parce que je voulais ” être une fille ” me faire accepter. J’ai pas du tout été soutenue par les filles à un moment où je me construisais. Par contre, je me marrais bien avec les garçons. Du coup c’est un peu resté, j’ai une grosse méfiance envers les autres filles (pas toutes hein ça va), mais j’arrive pas à virer ça, c’est physique. En fait c’est plus un genre de peur un peu enfoui de ce côté méprisant que j’ai pu subir face à des pimbêches bourgeoises filles à maman. C’est complètement con de garder ça mais c’est névrotique. Du coup j’ai un regard sûrement très confus par rapport à ça et pas objectif. Mais je fais des efforts pour me sortir de ça, parce que c’est nul comme type de pensée.

Tu dis venir d’un autre pays, peux-tu nous en dire plus ?

Mes parents ont toujours beaucoup bougé et depuis que je suis petite j’ai fait plusieurs continents, pays. En général, on a habité entre 3 et 4 ans sur chaque endroit. J’ai grandi entre la Biélorussie, l’Afrique, et quand je suis arrivée en France je venais des Emirats Arabes. Alors comme on me pose souvent la question, non mes parents ne sont pas des riches diplomates, ou des agents du KGB, c’est juste des fonctionnaires qui aiment bien bouger.

Pourrais-tu nous dresser une liste non exhaustive de ces différences culturelles ?

En fait je ne saurais pas tellement expliquer les différences, comme j’ai vu un peu de tout je vois plutôt ça comme une adaptation à un environnement. En fait ça se traduit plutôt par des souvenir marquants, olfactifs, visuels, des bribes de culture par ci par là.

Genre l’Afrique avec cette odeur de poussière brûlante en permanence, les vautours qui font la taille d’un enfant de 10 ans postés dans la street comme les pigeons à Paname, les bidons d’eau à aller récupérer régulièrement parce que là bas la flotte c’est rare, les peuples autochtones qui ont leurs coutumes bien à eux comme les dogons et la montagne percée de trous qui abritent les corps des défunts, un truc de dingue à voir, les nomades dans le désert avec les longues soirées autour du feu dans le silence et les descentes de dunes en chameau…

 En Biélorussie, j’étais petite vraiment, mais j’ai continué jusqu’à maintenant à vivre avec la culture Russe que portait principalement ma mère, c’est un truc que je revendique, (même si il y a eu un passage à vide à l’adolescence) sachant que le russe a été ma langue maternelle avant le français, que ma culture a été bercée par les contes russes, les dessins animés d’animation de l’union soviétique traditionnelle (que des vieux multfilms datant de l’URSS), ceux de la propagande, c’est pas vos conneries de Winnie l’ourson ! ça file droit, ça chante en chœur, c’est blanc et blond, les mains biens propres. Je pense que ce sont les dessins animés qui m’ont le plus marqué. A ce niveau là j’ai une culture du parti communiste, chez moi c’est un temple à Lénine, marteau faucille et tout le tralala. Les manteaux en (vraie) fourrure énormes et super lourds, les chapkas du futur, les bottes en cuir de l’armée soviétique… La classe à la Russe !

Pour les Emirats, je vivais à Abu Dhabi (le père de la gazelle), là-bas c’était le grand luxe, des immeubles géants à perte de vue, de l’or et du marbre partout, les voyages scolaires se faisaient pas dans la campagne du coin, on allait à Dubaï carrément… Là bas tout était immense, les parcs, les plages, les magasins, surtout les magasins, les malls. Bon, pour la condition de la femme on y était pas, elles avaient carrément pas encore le droit de conduire des voitures, et ma mère n’était pas bien vue dans la rue quand elle ne se couvrait pas les cheveux. Par contre, quand elles n’étaient pas couvertes de noir, les tenues des femmes étaient magnifiques, des tissus tous fins avec des motifs de dingue, des sarouels avec des couleurs folles… 

Je pense que je pourrai continuer à écrire des choses mais en vrai faut juste y aller.

Penses-tu qu’à partir de ces ennuis au collège tu as pu préférer aller dealer dans un terrain vague plutôt que d’être plus assidue à l’école ? 

C’est pas tant ce manque d’acceptation au collège qui m’a fait dévier, j’pense juste qu’à partir de mes 13 ans et par la suite, avec l’escalade de merdes personnelles, j’ai commencé un processus d’autodestruction sans vouloir le voir en face. J’analyse souvent cette situation, pourquoi, comment… Je connais en partie les raisons qui ont amené à ce que j’ai pu faire, après, l’esprit humain est bien trop complexe pour tout analyser, mais de toute façon je ne suis pas prête à m’épancher là-dessus.

Tu sembles finalement aborder des problèmes d’adolescente surdouée plus qu’autre chose, ce décalage avec les autres, ces problèmes d’adaptation, ce côté garçon manqué… Quand on voit ton talent, l’évolution de tes lettres prometteuses, tu as sauté une classe… 

Mes parents nous racontaient que moi et mon frère on était radioactifs ayant été dans des zones touchées par la catastrophe de Tchernobyl du côté biélorusse et encore contaminées quand on était petits ( dans le ventre de ma mère pour ma part si je dis pas de conneries ), alors quitte à vouloir me définir comme surdouée ou autiste je préfère me qualifier d’irradiée !

Fais tu des toiles aussi ou bien envisages- tu d’en faire ?

J’en fait de temps en temps, quand j’ai des trucs concrets en tête, mais je prends pas assez de temps pour en faire, je bosse beaucoup sur mur pour l’instant j’ai encore envie de progresser avant de retranscrire tout ça plus souvent sur toiles.

Tu as mentionné plus haut vouloir organiser des événements, peux-tu nous en dire plus à ce sujet ? 

En fait c’est pas vraiment que j’organise des évènements ( j’ai pas encore assez roulé ma bosse pour faire ça toute seule et puis j’aime pas les formulaires ) Je m’occupe et/ou j’aide l’association ACDZ avec qui je bosses depuis 2 ans dans l’organisation de festivals ( le festival fraîcheur à Torcy ), de projets européens ( l’European Hip Hop exchange ), d’échanges de jeunes ( les nouvelles colonies de vacances apprenantes Graffiti/foot ), d’artistes…

On aime bien organiser des choses de but en blanc, mais on en arrive de plus en plus à devoir se justifier sur plein de choses, notamment ces questions de mixité.

A côté de ça ( avant le coronavirus ) je devais aider ( modestement ) le gérant du graffitishop Street Control à Nantes à rouvrir des expos mais on attendra des jours meilleurs…

Merci Zoia pour cette interview, on attend avec impatience de voir ces futurs murs et toiles.

Auteure : LadyK

Scroll To Top