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Razor, color and steel

Razor, color and steel

Pourquoi avoir choisi le nom de Razor ?

J’ai aimé le son et la signification du nom.

D’où viens-tu ?

D’Allemagne du Nord

Depuis combien de temps peins-tu ?

J’ai commencé en 1990 avec quelques interruptions, soit environ 20 ans.

Comment as-tu découvert l’écriture ?

À travers la socialisation du hip hop au milieu des années 80.

Dessinais-tu avant de pratiquer le Writing ? 

Oui, j’ai toujours aimé dessiner, avant même ma carrière de graffeur.

Tu ne peins que des trains ?

Oui, pour le moment je ne peins que des trains, tout le reste m’ennuie.

Pourquoi peindre des trains est excitant ?

Peindre n’est pas nécessairement plus excitant ou radical que par exemple tagger dans la rue. Pour moi ce qui est fascinant de peindre un train est le résultat. Lorsque le train roule et que le spectateur est surpris par les images.

Mes œuvres deviennent une sculpture en mouvement et ne trouvent vraiment leur pleine mesure que dans le mouvement. Par exemple au passage sur le quai.

Les passagers, dans le train et sur le quai, jouent un rôle tout aussi important dans l’effet d’image que la lumière et l’environnement en constante évolution. Bref, je préfère l’effet dynamique de mes pièces sur le train à une photo au milieu d’autres pièces dans un hall of fame quelque part sur une aire de jeux pour enfants.

Depuis quand détournes-tu la ligne rouge des ice trains ?

Depuis 2017

Comment est née cette idée?

Bonne question. La motivation de ne pas faire du writing classique New Yorkais sur les ICE (trains à grande vitesse allemands) est née en travaillant sur mon livre. J’ai dû parcourir toutes mes photos, il y avait environ 800 photos. À travers cette réflexion sur mes graffitis, est né le désir de m’émanciper du New Graffiti classique et développer quelque chose de plus personnel.

Mais l’idée d’utiliser le design des trains de la Deutsche Bahn à mes propres fins est née par hasard. C’est le peu de temps disponible qui m’a obligé à créer quelque chose de nouveau avec peu d’effort. J’ai tout de suite aimé et je chercherai de nouveaux développement créatifs dans cette voie à l’avenir.

Sur quel livre travaillais-tu ?

Sur mon livre “RAZOR Colors On Steel”. Le livre est uniquement disponible dans la boutique Razor sur www.razor-graffiti.com. Il montre mon travail dans la scène graffiti depuis 1992 jusqu’à aujourd’hui. C’est moi qui l’ai écrit et réalisé le layout dans le style des blackbooks de l’époque. Pour presque toutes les pièces de RAZOR, des croquis ont été réalisés à l’avance, ce qui a abouti à de nombreuses nouvelles idées qui rendent le livre unique.

 Combien d’exemplaire existe-t-il de ton livre ?

Le texte du livre décrit les images avec toutes les anecdotes, événements et arrière-plans comme si tu étais assis à côté de moi pendant que je te présente mon blackbook. Le texte a été écrit par moi en allemand et Daniel G. l’a traduit dans un anglais accessible pour qu’il soit facile à comprendre à l’international.

Tu vends également d’autres choses sur ton site? 

Oui, je donne également à d’autres writer la possibilité de vendre leurs toiles dans ma boutique en ligne sans m’enrichir sur leurs revenus. Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier www.ilovegraffiti.de pour le support !


Ce que tu fais sur les trains, tu le fais aussi sur toile. Est-ce une manière de commercialiser tes œuvres ? C’est vraiment une forme très conceptuelle de peinture.  

De nombreux spectateurs sont en fait irrités quand ils voient mes pièces, car ils pensent que cela pourrait être une campagne publicitaire pour la Deutsche Bahn. Je pense que c’est du vrai street-art qui correspond à notre époque. Le street-art est en lien avec l’époque, l’environnement, il veut protester, attirer l’attention sur quelque chose, se mesurer à l’art. Le Street-art fonctionne sur les mêmes mécanismes que la communication, il est donc entièrement tourné vers le spectateur.

 J’ai souvent observé que de nombreux passants s’arrêtent devant mes pièces, les regardent ou prennent des photos. En revanche ils ignorent tout simplement les graffitis classiques sur le même train car ces derniers ne sont pas compris.

Pour arriver à la vraie question, non, il n’y a pas de toiles de ma part. Mais peut-être que j’essaierai ça à l’avenir …

Est-ce que depuis que tu fais ces détournements de la ligne rouge, tu peins d’autres modèles de trains ? Est-ce que tu continues de peindre des lettres ? 

Je préfère peindre tous les modèles qui circulent. Je vais continuer à peindre mon nom dans le style classique de New York mais il y a d’autres possibilités créatives que j’aimerais essayer. Je peux aussi imaginer développer une combinaison de street art et de graffitis. Les lignes rouges ne sont qu’un épisode de ma carrière de graffeur.

C’est également assez particulier de voir du street art sur les trains, plutôt que des lettres, est-ce quelque chose qu’on retrouve plus en Allemagne qu’ailleurs ?

Il y a en fait quelques writer en Allemagne qui se libèrent de leur cosmos graffiti et innovent. Mais 99% graffent plutôt mal que bien le style new-yorkais des années 70 et 80. J’aimerais voir plus d’innovation et de créativité au sein de la scène allemande.

As-tu des anecdotes à raconter ? 

Le fascisme en Allemagne se reflète également dans les Yards. certains Writers privatisent des Yards et ne veulent pas que les autres soient autorisés à y graffer. Un appel à ces gens … vous pouvez tous vous faire enculer!


Voyages tu pour peindre ? 

Je ne pratique pas de Graffiti Tourisme, quand je voyage, je me détends et je pars en vacances.

As-tu des projets à venir ? 

Oui, j’ai effectivement décidé de visiter la France, quand j’aurai assez d’argent pour le faire. Alors probablement jamais!

As-tu un mot pour la fin ? 

Art is long and life is short!

Auteure : Lady K

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