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Ange Koué: danseur de Hype

Ange Koué: danseur de Hype

Suite de l’article déjà consacré à la Hype, nous parlerons de celui qui aura donné la majorité de son parcours à cette danse : Ange Koué.

Le premier contact de Ange Koué avec la danse hip-hop fut dans son pays d’origine : la Côte d’Ivoire

« On passait “la vague”, des fausses coupoles, on tournait sur le dos. Il y avait les Abijan City Breakeurs, il y avait aussi Ziké qui faisait beaucoup de smurf ! Les gens disaient “cassé le robot”. Le hip-hop dans les années 80 est arrivé comme un effet de mode, genre pendant les vacances il y a eu ça. Et puis ça a disparu vers 84 je crois, j’étais encore enfant. »

En arrivant en France en 1988, il revoit la danse hip-hop via les Fanatic Force. Alors qu’il s’entraînait il fit la rencontre de Snoopy qui lui apprendra la danse du combat, aussi appelée, le Uprock.

Ce fut à ce moment précis qu’il n’a plus lâché le hip-hop. Il a alors commencé à se rendre dans toutes les après-midis et soirées hip-hop. Dans des lieux aussi tels que : la Plantation, le Midnight Express ou encore le Chapelet etc.

Pour lui la danse hype s’est manifestée d’un coup :

« C’est vraiment à partir du concert à l’Elysée Montmartre de Big Daddy Kane (en 1989, cf. Article « Les débuts de la hype à Paris ») que tout le monde a changé sa casquette. Sinon tout le monde faisait du Uprock jusqu’à ce que Scoob et Scrab Lover (les danseurs de Big Daddy Kane) arrivent et que le game change. Tout le monde s’est mis à hyper! »

Ange a fait partie de plusieurs groupes à partir de la fin des années 80. Il fut le créateur du groupe « Les Créateurs Uniques », et intégrera le groupe « TPS » par la suite.

Mais un événement marquera particulièrement Ange en 1990 alors qu’il était avec les TPS : le festival de Beaubourg.

« Je vois d’autres groupes de danses comme Aktuel Force, Boogie Sai qui m’ont marqué car ils dansaient comme les américains ! C’était carré ! Tout était carré, un show ! Un spectacle ! Et là je deviens fou et tout ! A ce moment là j’étais beaucoup à Paris et j’allais beaucoup en soirée. Je rencontrais les gens de Boogie Sai mais je ne savais pas qu’ils étaient dans ces groupes de danse en fait. »

Et c’est à Paris, précisément au Trocadéro, qu’il fera la rencontre de Bari, Momo Vagabond, Walid, David Mathor, et Skorpio avec qui il créera le groupe O’Posse en 1991.

Ils inaugureront le festival de Suresnes Cité Danse pour lequel ils danseront plusieurs années de suite. Mais la réputation des O’Posse ne s’est pas faite lors de festivals mais plutôt lors des soirées dans la capitale.

« De 91 à 95, on fait toutes les soirées, tout le monde nous appellait, partout ! Tout le monde voulait trainer avec nous, c’était un truc de fou ! Dès qu’il y a eu O’Posse, on a commencé à bouger en bande. On exterminait tout le monde !  Tout le monde nous connaissait ! Même si t’es pas dans une soirée, les gens mentionnaient O’Posse sur l’affiche. Quand il venait, on dansait comme des oufs !

On défiait les gens ! On était tout le temps tous les six en soirées et on avait déjà nos chorés. Et les gars, ils n’arrivaient pas à répondre car ils n’avaient pas le temps de travailler. Nous, on était tout le temps au Trocadéro donc on travaillait tout le temps nos chorés. Et toutes nos chorés on les saignait à force de faire des street shows, on les avait par cœur ! On était prêt ! »

Après 95, le groupe s’effrite. Suite à cela Ange intègre la compagnie Boogie Sai et danse dans le spectacle « Bal et Poussière » de 1996 à 1997 où ils dansaient principalement de la hype.

(A partir de 25min59. Cliquer sur le lien pour y accéder directement.)

Le fait d’avoir intégré Boogie Sai lui a permis de danser pour des artistes, à la télévision mais également d’être l’un des seuls danseurs hip-hop de sa génération à donner des cours de danse (dont des cours de Hype) en 1996 à Cité Véron.

« C’était le seul truc fort que j’avais. C’est avec ça que je pouvais gagner de l’argent. Je m’entrainais en pop, en lock mais je faisais toujours de la hype. C’était ça qui était gravé dans mon corps. Le pop et tout, c’est technique mais pour danser c’est toujours la hype qui sort. Donc je leur apprenais un peu de tout dans les cours parce qu’il n’y en avait pas d’autres. Ce n’était pas comme maintenant. On était que deux à donner des cours de hip-hop en 1996, Max Laure et moi. C’est même à partir des années 2000 que les gens ont commencé à donner des cours. Et encore on n’était pas nombreux. Donc voilà, ça s’est mis en place car il fallait commencer à gagner sa vie. »

La période entre 88 et 96, que Ange appellera « la période hype », aura été courte mais intense pour lui.

La musique qui accompagnait cette danse n’est plus à la mode aujourd’hui, ce n’est pas pour autant que Ange a arrêté de la pratiquer. Il enseigne aujourd’hui la danse hype au sein de plusieurs formations professionnelle de danse hip-hop en Île-de-France, il intègre le collectif « Serial Stepperz » en 2010 (crée par Yugson et Babson), et crée également son propre groupe de hype en 2013 : Hype ‘N’ Spicy.

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