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CHILANGOS LOWBIKE CLUB Interview par Veneno

CHILANGOS LOWBIKE CLUB Interview par Veneno

Veneno : C’est en 2018 que j’ai fait la connaissance de Juan Carlos Jasso membre des Chilangos Lowbike Club. Je suis tombée sur lui par hasard dans une rue de la ville de Mexico alors qu’il était en train de nettoyer son vélo. Déjà fascinée à l’époque par la culture du Lowride, j’ai tout de suite été intriguée et ai voulu en savoir plus en discutant avec lui. J’ai découvert un personnage attachant et avenant, qui m’avait à l’époque proposée de me prêter des vélos pour les exposer dans mon expo si je le souhaitais.

Peux-tu te présenter ? Quand as-tu rejoint le club ?
Je m’appelle Juan Carlos Jasso. Je suis membre du club depuis 2017.

Quand et qui a fondé le Lowbike Club de Chilango ?
Le club a été fondé par un groupe d’amis. Fernando, Devanny, Suaveman et d’autres, originaires de la ville de Mexico City en 2014.
« Chilango », en argot mexicain, désigne un habitant de la ville de Mexico.
Aujourd’hui, le Club compte plus d’une centaine de membres. La majorité des membres sont des hommes, mais il y a aussi des femmes et des enfants.

Ce club vise à promouvoir la culture Lowrider au Mexique, peux-tu nous dire d’où vient cette culture ?
La culture Lowrider est née de l’immigration mexicaine aux États-Unis. Aujourd’hui, de nombreux migrants sont retournés au Mexique et ont fait en sorte de rapporter cette culture avec eux.
Cette culture a commencé dans les années 60 comme une forme de rébellion face au gouvernement mais ce fût également une manière pour les chicanos de créér un style et une culture en accord avec leur identité de minorité aux États-Unis.



On peut retrouver la culture cholo à travers les codes qu’ils utilisent (tatouages, vêtements, crânes rasés, attitude…) Est-ce une façon de garder son identité et de faire découvrir la culture cholo sous un autre angle ?
Nous aimons rendre la culture Lowrider accessible à toutes et tous. Nous souhaitons grâce à cette culture, fuir la violence des gangs tout en conservant une culture que nous considérons comme la nôtre.
Souvent des amalgames sont faits juste à cause de notre style vestimentaire ou à notre apparence.
Notre but est de montrer que nous ne sommes pas associés au crime et aux gangs et qu’il s’agit de quelque chose de complètement différent

Dans les quartiers où la plupart des membres du club ont grandi, la violence des gangs et la délinquance font partie du quotidien. Ce club est-il un moyen de sortir de cet environnement ?
Beaucoup des membres du club ont grandi dans des quartiers comme Tepito ou sont originaires de la ville d’Ecatepec, au nord de la métropole. Notre but est de briser les stéréotypes des personnes vivant dans ces quartiers dit « sensibles et dangereux » et de montrer que des mouvements créatifs et intéressants peuvent émaner de ces quartiers.

Tous les dimanches, les membres du Club se promènent ensemble à vélo dans la ville de Mexico, comment se passent ces balades ? Comment les gens dans la rue réagissent-ils à ce genre de sorties ?
Effectivement tous les dimanches, dans le centre-ville de Mexico, les rues principales sont fermées aux véhicules motorisés et laissent place aux piétons et aux cyclistes. C’est le moment que nous avons choisi pour aller à la rencontre des gens et les sensibiliser à notre passion. Presque tous les dimanches, nous organisons une randonnée à vélo dans le centre-ville de Mexico. Nous roulons toujours en groupe.

Il est intéressant de voir que la plupart des membres sont des hommes, mais il y a aussi des femmes et des enfants. Le Chilangos Lowbike Club est une très grande famille, peux-tu nous parler de votre façon de voir les choses ?
C’est un club ouvert à tous sans discrimination. Beaucoup d’entre nous se rendent régulièrement aux événements avec leurs familles. Nous aimons le fait que le club est un esprit familial. Nos enfants grandissent dans la culture Lowrider et apprennent dès leur plus jeune âge à suivre ses règles et ses codes.

Comment se passe l’entrée d’un nouveau membre dans le club ?
Quand un nouveau membre rejoint le club, il reçoit une chemise et un collier avec inscrit dessus « CHILANGOS CLUB LOWBIKE ». Après ça, il est considéré comme un nouveau membre de la famille.

Je suppose qu’il faut beaucoup d’argent pour pouvoir transformer les motos en véritables joyaux ? Quel est le budget moyen que vous consacrez à un vélo ?
Le prix d’un vélo suivant les transformations varie mais il peut atteindre plusieurs milliers de dollars.

Peux-tu nous parler de la transformation de vos vélos, où vous procurez-vous les pièces ?  Les vélos ont parfois des peintures rappelant la culture mexicaine et parfois même le nom du club en métal sur le guidon ? Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
La plupart des pièces sont fabriquées sur mesure et sont achetées sur internet. Elles proviennent généralement des États-Unis mais peuvent également provenir du Mexique pour certaines pièces détachées. Arborer le nom du club sur le guidon permet de représenter en toutes circonstances.

Comment se passe la célébration de l’anniversaire du club ?
Nous participons souvent à toutes sortes d’événements visant à promouvoir la pratique du vélo. Mais celui que l’on attend chaque année est l’anniversaire du club.
Pour le célébrer, nous nous rendons à Guadalajara à l’aide d’un bus que nous louons. Guadalajara est la capitale de l’État de Jalisco. Après 12 heures de trajet parcouru, nous installons nos vélos pour les exposer au public.
Nous y organisons des compétitions de vélo et d’autres clubs sont invités à y participer. Des concerts live ont lieu et on y trouve toutes sortes de stands de vêtements.

Facebook : https://www.facebook.com/ChilangosLowbikeClub/
Instagram : https://www.instagram.com/chilangos_lowbike_club/

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