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Bagnolet : Verdragon, premier lieu dédié à l’écologie populaire en France

Bagnolet : Verdragon, premier lieu dédié à l’écologie populaire en France

Le 13 juin dernier, le mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale Alternatiba et le syndicat de parents d’élèves Front de Mères inauguraient Verdragon, la première maison dédiée à l’écologie populaire en France, située à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

Il faut traverser la grande plaine du parc Jean-Moulin-Les-Guilands, qui fait la jonction entre Bagnolet et Montreuil pour accéder au quartier de La Noue. A première vue, de grandes tours blanches, la recyclerie pour ceux qui connaissent au centre de la dalle. A la lisière du parc, la banderole “VERDRAGON, MAISON DE L’ECOLOGIE POPULAIRE” s’affiche fièrement sur l’ancien centre social Toffoletti. 

Dans la salle principale, on projette le documentaire “Plogoff, mon amour”, l’histoire de la lutte victorieuse d’une poignée de bretons habitants d’un bourg tranquille contre l’installation d’une centrale nucléaire sur leurs terres. Autrefois, le lieu était cloisonné en plusieurs bureaux : les murs ont été abolis pour créer ce grand espace. La projection doit être écourtée, il faut libérer les jeunes qui viennent présenter leur fresque collective pour le climat avant d’aller rejoindre l’atelier beatbox, pendant que d’autres feront goûter leurs recettes élaborées pendant l’atelier de cuisine crue à côté des distributions de l’AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). “C’est important de créer du lien social autour de la nourriture”, explique Fatima Ouassak, la confondatrice de Front de Mères, syndicat de parents d’élèves à l’initiative du lieu aux côtés du mouvement Alternatiba.

La politologue, également autrice de plusieurs ouvrages sur le féminisme, l’écologie et les quartiers populaires, mène la journée, répond aux questions, embarque l’auditoire. “L’écologie sans lutte, c’est du jardinage », martèle-t-elle. C’est tout l’ambition du lieu, détaille Gabriel Mazzolini, d’Alternatiba : “On a vraiment commencé à travailler ensemble (avec le syndicat front de mères, ndlr) à partir de la Marche du Siècle, la grosse marche pour le climat de 2019 où 350 000 personnes étaient mobilisées partout en France. Assa Traoré était intervenue sur scène pour parler des questions de racisme et d’anti-racisme, et c’est à partir de là qu’on a commencé à approfondir le lien qu’il manquait entre l’écologie comme combat contre le réchauffement climatique et l’écologie des quartiers populaires. Parce qu’elle existe, parce que beaucoup d’associations sont actives mais elles sont hors radar. C’est un peu comme si le système ne voulait pas qu’on en parle.” 

Un peu plus tard, les prises de parole s’enchaînent dans le parc Jean-Moulin-Les-Guilands, sur une scène installée pour l’occasion. Un drône d’Alternatiba grésille au-dessus du public pour capturer les images de cette première journée où se succèdent les prises de paroles de militants : Hafida Ouhami, présidente de l’association Ensemble Les enfants de Bagnolet, Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre, Mireille Alphonse, maire adjointe à Montreuil en charge de la transition, la démocratie alimentaire et la cantine publique, Malcom Ferdinand, chercheur au CNRS et auteur d’Une écologie décoloniale (Seuil). 

“C’est très fort pour nous d’être là, appuie Gabriel Mazzolini. L’idée c’est d’avoir un lieu qui soit un point de ralliement, un lieu d’action, il y aura beaucoup de choses faites pour les enfants, les familles sur différentes thématiques en partant de l’alimentation. C’est un gros combat ici pour nos ami.e.s du Front de Mères qui ont obtenu l’alternative végétarienne à l’école, ce qui semblait hallucinant il y a quelques années.”  La prochaine étape pour Verdragon ? Continuer à aménager le lieu et notamment une cuisine grâce au crowfunding, prévoir les prochaines conférences du projet pour “faire émerger des alternatives concrètes et tangibles face à ce système injuste, qui détruit la planète et les vies.” A suivre de très près.

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