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Comment les politiques et les médias créent du séparatisme et de la violence

Comment les politiques et les médias créent du séparatisme et de la violence

La recherche de la vérité serait-elle le Graal des seuls rêveurs, incapables de comprendre comment le XXIe siècle est devenu un jeu de rôles où ou l’on tente de s’y construire à coup de bluff et de faux-semblant ?

Le mensonge et l’outrance ont infiltré notre quotidien. Les « menteurs » qui planent sans complexes au-dessus des lois ordinaires sont les nouveaux rois des plateaux de ce que l’on appelait auparavant des chaînes d’informations et qui ont muté en chaines de propagande. Ils ont libéré la parole raciste, haineuse. C’est une offensive idéologique d’une envergure inédite.

Quelques exemples :

Pour la star de CNews, le très cher (argent, argent) Eric Zemmour qui se rêve en candidat en 2022, il n’y a pas de plafond de verre, il ment comme il respire avec l’appui inconditionnel de ses employeurs prêts à toutes les turpitudes pour doper leurs audiences. « Une personne dangereuse est en train de devenir intouchable » affirme la journaliste Christine Berrou licenciée d’Europe 1 suite après une blague sur le chroniqueur vedette. M. Zemmour serait même propulsé, comme Emmanuel Macron le fut en son temps, aux plus hauts sommets de l’Etat pour satisfaire les appétits de ses mentors ?  

Nicolas Sarkozy, ex-chef de l’Etat, se voit lui aussi reconnu (démasqué !) dans sa stature de menteur officialisée par le troisième pouvoir de la République lors de l’affaire Bygmalion. Pas rien quand même le réquisitoire d’un procureur ! Les accusations sont très sévères.  « Nicolas Sarkozy s’est éloigné du chemin de l’État de droit, et la société tout entière est aujourd’hui en droit de se défendre face à un tel comportement qui remet en cause son équilibre », affirme le procureur Nicolas Baietto. « Pour un ancien président qui signait des traités internationaux et des décrets, venir vous dire aujourd’hui que sur son compte de campagne sa signature ne valait rien témoigne d’une désinvolture abyssale […] Ce comportement de ne pas se considérer comme un justiciable comme un autre, comme un citoyen parmi les citoyens, est à l’avenant de ce qu’il a été lors de cette campagne présidentielle, se situant hors de la mêlée »,martèle la procureure Vanessa Perrée. « Cette désinvolture vis-à-vis (des autres prévenus) et du tribunal est à l’image de la désinvolture dans sa campagne », ont insisté les procureurs.

M. Sarkozy ne proposait-il pas de nettoyer les banlieues au karcher pour éliminer les ennemis de la République alors que lui-même affiche une désinvolture totale envers ces mêmes lois ? Alors qui croire ? Où sont les repères ? Les dégâts sur la démocratie sont considérables. Un « tous pourris » qui prend malheureusement tout son sens.

Même l’Institut Montaigne que l’on ne peut pas vraiment taxer de révolutionnaire, déclarait qu’il y a en France cette trame très importante d’une défiance dans les autres, d’une moindre confiance sociale, politique et institutionnelle, ce qui introduit un sentiment général de pessimiste et de repli. C’est ce que dit aussi l’économiste Daniel Cohen qui expliquait lors d’une récente table ronde organisée à Sciences Po « une relation très forte entre le sentiment d’insécurité économique et la montée des forces antisystèmes. La déception qui a pu s’accumuler au cours des décennies à l’égard des gouvernements en place, qu’ils soient de gauche ou de droite, nourrit cette réaction antisystème. Les “gilets jaunes” sont clairement dans ce front. »

Les chiffres confirment cette forte défiance des Français à l’égard des politiques. Les résultats du baromètre de la Tribune indiquent que 88 % des Français ne font pas confiance aux partis et que 76 % sont méfiants à l’égard des députés et sénateurs. Des chiffres qui signent sans appel la montée des populismes.

La confiance dans les institutions (que Robert Putnam appelle le « capital social ») est cruciale pour le développement économique et le maintien d’une culture démocratique. Quand le capital social est déficitaire, chacun se bat pour les intérêts de son groupe, sa famille et son clan sans arriver à créer ni défendre une conception du bien commun. La société se balkanise, au détriment d’une cohésion sociale et politique hautement urgente à reconstruire. La crise est culturelle et profonde.

Alors ?

Le ton amer de cette tribune est à l’image (non pas de son auteur) mais d’une société en panne, abandonnée par ses leaders et soumise à la peur. C’est ce défi que nous devons relever. Sortir d’une stratégie de la méfiance et de la peur pensée de longue date au profit d’une stratégie de confiance et d’espoir autour d’un projet commun. C’est notre culture toute entière qu’il faut « révolutionner » pour faire face à cette offensive obscurantiste sans précédent. A nous d’en tirer les conséquences.

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