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l’édito de la semaine : pourquoi cette profusion de candidats au poste suprême ?

l’édito de la semaine : pourquoi cette profusion de candidats au poste suprême ?

L’été n’aura pas été très ensoleillé, et l’automne s’annonce encore plus maussade avec sa flopée de candidats prête à briguer le poste suprême, celui de la présidence. Pourquoi ce défilé de médiocrité ? Parce que la place est intenable et aucune personnalité sérieuse ne prendra le risque de se disqualifier. Dans un contexte qui nous dépasse toutes et tous, le poste est par avance grillé et seuls les sots se précipitent pour l’endosser.

Aucun gouvernement ne peut faire son boulot sans un contexte relativement stable, des partis politiques forts et légitimes, des équipes crédibles, des citoyens réceptifs, sans la volonté de faire communauté. Aucune de ces conditions ne sont aujourd’hui réunies pour qu’un président puisse assumer ses responsabilités dans un horizon un tant soit peu éclairci et le terrain préparé. Ce changement d’époque a encore besoin de murir pour toucher les esprits en profondeur et nous proposer de nouveaux outils. Nous avons besoin d’une vision globale dans toute sa complexité. Que vaut la parole d’un habitant de Brest face à celle d’un habitant de Pékin ? Comment habiter le monde ? Comment s’affranchir des technologies de contrôle ? Comment redistribuer ? Comment concilier la somme de nos contradictions pour trouver un semblant de paix ?

Seuls les seconds couteaux montent au feu, trop contents d’occuper l’espace vide qu’on leur abandonne, tant pis s’ils en sortent discrédités, la soif de faire campagne, de se montrer sur les plateaux télé est plus fort que les conséquences sur le long terme et le fiasco qui va de soi. Une quarantaine sont sur les rangs, telle une meute lancée à l’appétit carnassier, qui leur fait dire à peu près n’importe quoi, un besoin de se différencier qui les pousse à la stratégie populiste et éculée. La seule parole qui puisse être entendue par des citoyens déboussolés est celle de l’outrance, de la violence, de l’extrême.

Comment ne pas anticiper le problème de conscience qui va bientôt nous agiter, celui de bafouer notre droit de vote ou de nous prononcer contre nos convictions ? Une impasse ? Loin de là ! Si la période semble pathétique, sachons pourtant qu’ils sont nombreux en sous-main à préparer le terrain pour retrouver nos fondements démocratiques. Une armée invisible se bat, œuvre. Ils ne cherchent pas la lumière, la candidature, ils cherchent l’expérience juste, le sens. Plus qu’une révolution politique, c’est une révolution culturelle qu’ils tentent. Appuyons-les pour échapper à ce spectacle grotesque de candidatures sans légitimité !

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