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Un morceau d’Indonésie avec Stoke

Un morceau d’Indonésie avec Stoke

Découvrons ensemble le travail de Stoke entre lettres et figuration.

Salut Stoke, d’où viens-tu ?

Saluuuuut !! Je viens de la ville de Semarang en Indonésie.

Quel âge as-tu?

J’ai 26 ans.

Pourquoi choisir Stoke ? Que signifie-t-il ?

J’avais le surnom «Sto» au lycée. C’était un surnom qu’un ami utilisé pour se moquer de moi. Au début j’étais triste puisque je suis petit mais cet état engendré encore plus de soucis. J’ai été battu et intimidé pendant des années. Et puis j’ai réalisé qu’être courageux et avoir confiance en soi, c’était la solution. Essayer des choses « osées» ça a été une thérapie pour moi, c’est à ce moment-là que j’ai rencontré le graffiti. J’ai décidé d’utiliser « Sto » comme blaze, alors que « Kemaki » qui a été rajouté veut dire que la confiance est intense, je crois que même dans ce qui est mal il y a du bien.

Depuis combien de temps peins-tu ?

J’ai débuté le graffiti dans la rue en 2011.

Dessinais-tu avant de commencer le writing ?

Oui, j’aime dessiner depuis que je suis petit. Dessiner des animaux dont je trouvais les images dans les magazines ou encore dessiner des comics c’était ce que je préférais avant le graffiti.

Pourquoi choisir le writing ?

J’ai choisi le graffiti parce que ça me donne plus confiance et j’ai eu beaucoup de cors ici. J’ai souvent vu des choses inattendues avec le graffiti.

As-tu étudier l’art à l’école ?

Je n’ai pas étudié l’Art non. J’ai étudié la comptabilité à l’université.

Vis-tu de ton art ?

Oui. J’ai aussi travaillé dans des bureaux quelques fois mais je n’ai jamais été confortable avec ça. J’ai décidé de me consacrer au design digital et à la peinture murale.

Comment est la scène du writing dans ta ville et en Indonésie en général ?

Le graffiti n’est pas très massif dans ma ville en comparaison à d’autres grandes villes en Indonésie. Mais quand tu rassembles tout alors on s’aperçoit que le graffiti ici c’est peut-être plus spécial que dans d’autres pays. Quand tu visites, tu te rends compte que la convivialité est présente. Le réseau des artistes du graffiti rend le writing toujours présent partout même dans les petites villes, le graffiti vivra toujours ici.

Peux-tu nous dire comment et quand est arrivé le writing dans ton pays ?

C’est encore vague parce qu’il n’existe pas de preuve écrite mais d’après les informations dont je dispose, le graffiti existait déjà avant l’an 2000 dans ma ville. C’était le Wall Crime gang, 3000PA et quelques autres. À la même période un membre du groupe de Hip-hop BSK a peint à plusieurs endroits dans le centre-ville. En 2005-2006 le succès de l’album de Linkin Park, Hybride Theory avec des vibes de street art a intéressé l’artiste de pochoirs RESP. Il a trouvé un forum qui s’appelait TEMBOK BOMBER. Internet et les réseaux sociaux ça a donné naissance à des artistes comme Rebel, Runr, Boomonster, Inonk, Mock, Collapse, Jeho et d’autres. En 2008, ils ont créé le crew 12PM à la suite de l’émergence d’autres crew comme Twenty Grand ..Il y à plusieurs versions en Indonésie selon le point de vue. Si on considère le graffiti depuis l’écriture sur les murs alors ça existe depuis l’indépendance du pays avec la propagande, on pouvait lire « indépendant ou mort » « tuez le colon » .. Le graffiti est arrivé ici dans les années 1980 tout comme le breaking et même avant dans les années 70, les écoliers tagguaient et ça c’est étendu jusqu’à Jakarta.Une autre version c’est à Jakarta dans les écoles internationales, les élèves avaient des références de l’étranger et ils essayaient ça ici. Et au même moment il y avait des writers qui débutaient le pochoir, les personnages, les lettres. Avec des références étrangères comme les clips vidéos , les magazines de graffiti ou même de le voir directement dans la rue. Le nom de l’événement c’était « Medium Rare » qui était organisé par le Daily What Not à Jakarta en 2005.Il y a avait aussi internet qui a rendu les choses plus simples comme les sites piloxworld.tk et tembokbomber.com. Et la solidarité et les réseaux des artistes a aidé.

Que recherches-tu lorsque tu fais des lettres et des personnages ? Tu dessines plus souvent des personnages, pourquoi ?

Les lettres et les personnages c’est pareil pour moi, je peins ce qui me plait, ce qui me rend heureux, ça peut être simple ou détaillé ça dépend de mes pensées à ce moment là et parfois je peins des personnages caméléons. Je fais ça pour ma thérapie, j’ai pas une personnalité sympa. Je suis égoïste, étourdi et je ne suis pas une personne qui prends soin des autres. Peindre un caméléon ça me rappelle qu’il faut s’adapter à tout sur terre pour devenir quelqu’un de meilleur. Si tu penses que je préfère les personnages c’est un peu faux parce que dans la ville tu peux voir beaucoup mon writing. Mais je ne poste pas tout, parfois les réseaux ça craint. Je peins souvent pour moi, mon propre plaisir, si ça plait, c’est du bonus.

Tes lettres sont très spéciales, avec une combinaison de figuratif et d’abstrait, d’où vient cette inspiration ?

Merci de dire que mes lettres sont spéciales. C’est probablement parce que j’aime observer la nature, les animaux, les végétaux et les couleurs. Leurs formes et leurs comportements sont intéressants.

As-tu des projets ?

Si tout ce combine bien, j’aimerais faire un projet « The Visitor », j’y travaille. On va utiliser le graffiti comme moyen de communication entre des artistes et des gens qui ne sont pas du milieu. Présenter et explorer la culture, pouvoir faire connaissance de l’autre avec des anecdotes, c’est humain. J’aimerais faire une archive de moi, mon travail à travers un magazine, ce que le graffiti m’apporte que je partage ensuite. Au moins si je meurs et que mes photos disparaissent, la vraie histoire sera là pour témoigner pas une rumeur.

As-tu un mot pour la fin ?

N’essayez pas d’être cool, apprenez à être heureux.

Propos receuillis par Lady.K

Traduit par Sarah Gozzi

Plus de photos : https://www.instagram.com/stokemaki/?hl=de

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