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Chronique d’Urnes : Rêvons le même en vert

Chronique d’Urnes : Rêvons le même en vert

Ça y est ! Les Verts ont enfin un candidat qui ressemble à un candidat, quelque chose de sérieux.

On l’a échappé belle, imaginez qu’il y avait une femme qui se présentait comme « éco-féministe ». Alors, notez bien qu’en France, on n’a rien contre le féminisme. C’est très bien pour des débats sur le voile auxquels les femmes qui le portent ne sont pas conviées. Le féminisme c’est nickel si ça reste à sa place : en sous-fifre d’un ministre pour qui échanger des passe-droits contre des faveurs sexuels c’est « avoir une vie de jeune-homme ». Schiappa qui essuie les plats de Darmanin, voilà un féminisme qui se tient sage. Et les petits chantages de la vie « privée » de Darmanin, ma foi, ça se discute « d’homme à homme » comme le dit bien Macron.

Voilà pour le féminisme. Mais, notez que Sandrine Rousseau se présentait comme « éco-féministe ». Et non, en fait, il ne s’agit pas d’un féminisme label bio sur le rayon du supermarché. Ce serait plutôt une corrélation dans la critique de l’exploitation des ressources par le capitalisme et celle des femmes par le patriarcat. Il y aurait une même matrice d’exploitation : user et jeter.

Or, comme le féminisme, l’écologie, on aime bien dans les médias français. Après tout, vouloir sauver la planète est une lubie comme une autre. Mais attention, pas à n’importe quel prix. Ce prix c’est notre système économique, précisément celui qui détruit la planète. Donc, à tout prendre, on sauvera d’abord le capitalisme, la planète on verra après. D’ailleurs, nous imaginer tous morts avec une Bourse qui continuerait à fonctionner à plein régime, au rythme d’algorithmes de trading à haute fréquence, est désormais tout à fait concevable. Et même réaliste. Le réalisme, c’est notre système économique. Pouvoir acheter un jeans fabriqué par des mains (d’enfant) esclaves à l’autre bout de la planète, c’est réaliste. S’y opposer, c’est farfelue. C’est radical.

Or, les Verts ont la fâcheuse habitude de se choisir des candidates farfelues, radicales. Rappelez-vous, en 2012 déjà, les écolos s’étaient retrouvés avec Eva Joly (soutenue par son parti comme la corde le pendu). Alors, Eva Joly, c’était juste n’importe quoi. Imaginez, comme si en France on avait besoin de juge anti-corruption ! On n’est pas chez les Ritals ! Joly, une hystérique qui n’avait rien fait d’autre qu’embêter notre capitalisme françafricain, grâce auquel l’Afrique se porte si bien. Pensez donc, en 2012, une campagne présidentielle à l’image de la France, (presque) irréprochable en termes de comptes publics. Les petites suites judiciaires de Sarkozy, nous feraient (presque) oublier des 10 000 euros remis au seul Yannick Noah, pour chauffer une salle où, grandiloquent, Hollande déclare une heure après : « mon ennemi, c’est la finance ». Dans un tel royaume de probité, une Eva Joly, franchement, ça sert à quoi ?

Mais oublions ces cauchemars, et rêvons. Rêvons Jadot. Jadot embrassant les policiers qui réclament un peu d’amour, juste devant l’Assemblée afin de rassurer les députés. Avec Jadot, la République peut dormir tranquille, elle sera bien protégée, pas embêtée par la séparation des pouvoirs et autres fariboles. Rêvons Jadot. Rêvons Alliance du capitalisme et de l’écologie sous les auspices d’un CRS.

Avec les convictions d’un Macron et la stature d’un Hollande, gageons que Jadot sera notre prochain président. Et tant pis pour les mains (d’enfant) esclaves de l’autre bout de la planète, on leur enverra quelques plantes vertes signées LVMH. La planète peut bien faire un petit effort pour que nos milliardaires puissent poursuivre leurs grandes œuvres d’utilité publique. Rêvons Jado-LVMH béni par le MEDEF.

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