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Chronique d’Urnes : L’urne de Pandora

Chronique d’Urnes : L’urne de Pandora

Chouette ! On a trouvé des milliers de milliards pour faire face aux prochaines crises sanitaires, pour restructurer l’économie par des investissements massifs dans des infrastructures moins polluantes, pour soigner et éduquer des milliards d’habitants d’une planète qui fait face à des défis majeurs. Les défis sont planétaires, l’argent est mondial. Il est suffisant et on sait où il se trouve.

Mais, à force, on connaît la musique : révélation, quelques politiques se disent stupéfaits, tout ça va changer blabla, puis on passe à autre chose. Cette fois, cependant, ils n’ont même pas fait semblant : le lendemain des révélations, l’UE revoyait sa liste de “paradis fiscaux” pour en retirer les Seychelles. La commission européenne a été dirigé jusqu’en 2019 par Jean-Claude Junker, arrivé à ce poste après avoir été premier ministre du Luxembourg pendant 18 ans, le temps de convertir son pays en un trou noir absorbant les richesses des Européens. Quelques jours après sa nomination en 2014, les LuxLeaks révélaient le système de pillage organisé par le gouvernement du même Junker. Démission ? Mais, non, pourquoi ? Avec l’UE, le luxe s’embourgeoise toujours plus, et la misère se répand à la même vitesse.

Quand un farceur vous dit qu’il faut bien faire la différence entre « optimisation », « évasion » et « fraude » fiscale, il fait l’apologie du vol organisé par ceux qui font les lois. D’abord, ce ne sont pas des “fraudeurs”, les fraudeurs c’est nous quand on prend le métro sans ticket, fume un joint ou chipe une connerie dans un supermarché. Eux asphyxient des peuples, réduisent notre accès aux soins, à l’éducation, aux transports, aux bibliothèques, à la capacité de créer sans rendement évident ou immédiat, d’investir dans la recherche. Eux sont des criminels.

Et ces criminels n’ont pas à attendre un petit marché en lousdé pour “rapatrier” cet argent. Au vu de l’énormité des préjudices déjà causés, il n’y a pas d’accord possible. Cet argent “offshore” doit être entièrement confisqué, au même titre que de nombreuses législations permettent la confiscation intégrale des narco-fortunes.

Voilà, en substance, ce qu’a dit l’ensemble des candidats aux élections présidentielles cette semaine. À  “droite” comme à “gauche”, il y a consensus : l’intégralité de l’argent fuité sera confisqué au profit des pays spoliés. Si bien que la France a trouvé des milliards cette semaine. Certains veulent en faire des bunkers aux frontières, ils aiment les châteaux de sable. D’autres veulent investir dans des énergies moins polluantes ou l’éducation. Mais tous sont d’accord sur l’évidence : ces milliards seront intégralement redistribués, d’une façon ou une autre, dans le pays.

Fiction et utopie ? Oui, mais que faire d’autre quand la réalité est une dystopie invraisemblable ? Enfin, quoi ! Ces fortunes sont responsables de l’appauvrissement généralisé au profit d’une  minorité dont l’argent, à ce stade, ne sert à qu’à faire plus d’argent, travaille à la misère du plus grand nombre et à la corruption des dirigeants. Les candidats qui annonceront des mesures claires pour restituer les richesses volées mériteront qu’on s’y intéresse. Les autres sont complices d’un braquage permanent.

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