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L’Edito : La crise du Covid19 et la nécessité du « bien commun » à l’échelle mondiale

L’Edito : La crise du Covid19 et la nécessité du « bien commun » à l’échelle mondiale

Nous ne pouvons plus envisager de résoudre les questions qui touchent au plus près de notre quotidien sans des actions à l’échelle mondiale. La pandémie en est le parfait exemple. Les chiffres sont éloquents, soixante-quinze pour cent de personnes vaccinées dans les pays riches, deux pour cent dans les zones à faible revenu (elles sont nombreuses). Le virus se moquant des frontières, rien ne pourra l’arrêter de circuler sur l’ensemble de la planète s’il a le loisir de se développer et de développer de nouveaux variants au sein des populations les plus pauvres.

Nous n’avons pas d’autres choix que de nous moquer nous-mêmes des frontières et considérer qu’un malade atteint de la Covid19 en Inde doit être traité avec le même soin et les mêmes moyens qu’un Européen. Au-delà de la dimension humaniste c’est notre propre sécurité qui est en jeu. Lorsque George W. Bush lance en 2003 une initiative de 90 milliards de dollars baptisée President’s Emergency Plan for Aids Relief (PEPFAR) qui consiste à rendre accessibles les antirétroviraux du sida dans les pays les plus pauvres, ce n’est pas par philanthropie, mais pour garantir la stabilité du monde.

D’autres sujets tout aussi vitaux pour notre avenir à court et moyen terme ne pourront être résolus sans cette approche globale qui au met même niveau le villageois Afghan et le riche propriétaire d’un appartement avec vue sur Central Park. Des richesses comme l’eau, l’éducation, l’information devraient être des « biens communs », accessibles à tous sans conditions de ressources pour éviter les sources de conflits et de violence.

Après la seconde guerre mondiale, le monde occidental a éprouvé le besoin de se « réparer » et de construire une paix durable. Les nations se sont rapprochées autour d’un certain idéal de sécurité collective fondé sur une nécessaire coopération internationale ; tout conflit doit se régler de manière pacifique, sans ingérence. Ce fut la création des organismes intergouvernementaux comme l’ONU et les organismes apparentés dans des domaines non politiques et destinés à consolider la coopération internationale : Unesco, OMS, Unicef, la Cour internationale de justice de La Haye. La « Liberté » s’écrivait alors sur toutes les lèvres et ce fut le départ d’une longue période d’optimise et de croissance pour répondre à l’horreur de cette guerre encore largement « impensable ».

Cette crise (cet impensable) que nous traversons aujourd’hui pourrait-être une opportunité pour ouvrir un vaste chantier sur la question de « bien commun » et relancer une dynamique pour réduire les inégalités et rendre le monde plus sûr comme nous l’avons fait en d’autres termes après la guerre. Comment communautariser les produits nécessaires au respect de la dignité humaine et à un développement équilibré qui assure notre sécurité ? Comment éviter que les sources de richesse qui constituent notre patrimoine commun ne tombent entre les mains de quelques prédateurs sans scrupules ni vision sur le futur.

Comme ce besoin de liberté qui agitait les esprits dans les années cinquante et qui fut une immense source de création culturelle et économique, agitons-nous en ce début du XXIe siècle autour de la question de l’égalité. Ouvrons les écoutilles, ne nous perdons pas dans les inconsistantes diatribes électorales qui n’auront aucun impact sur l’avenir. Ne tombons pas dans le piège machiavélique des milliardaires qui, à travers leurs médias, tentent de nous enfermer dans de minuscules polémiques identitaires (cf Zemmour) en nous scotchant comme des mouches sur leur chaîne d’infos. La seule échelle de la nation est un vieux rêve pour nostalgiques qui affecte encore et malheureusement la majorité de nos concitoyens. Le monde, dans sa diversité et sa complexité, peut nous offrir bien davantage.

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