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The Queen of Black Magic : Janelle Monae incarnation de l’afrofuturisme

The Queen of Black Magic : Janelle Monae incarnation de l’afrofuturisme

Mélanger science-fiction et R&B ? C’est le pari que prend l’exceptionnelle Janelle Monáe. Un hip-hop flirtant avec la soul, un charisme enchantant les foules. Pas de doute, Janelle Monáe est une icône.

Elle le dit elle-même sur Django Jane : “[I do] black girl magic”. Par son inventivité, sa virtuosité, l’artiste rend hommage à la communauté afro-américaine en proposant une musique qui érige la femme noire en héroïne puissante et éclatante.

Ce titre se veut être une réponse aux attaques racistes subies, mais ne s’adresse pas pour autant à ses détracteurs, mais à la communauté dont elle fait partie : “je veux les soutenir, et ça, c’est bien plus important que l’inconfort que je ressens lorsque je prends la parole”. (The Guardian, 2018)

Queer, noire et désinvolte, Janelle Monáe est une artiste accomplie. En 2010, elle chamboule la scène avec son projet Metropolis, porté par l’album Archandroid.  Janelle y dépeint l’histoire de Cindi Mayweather, son alter-ego androïde, en quête d’identité, se retrouve à la tête d’une rébellion et tombe même amoureuse d’un humain. Une histoire absolument passionnante.

Janelle Monáe s’est faite l’ambassadrice de l’afro-futurisme : mouvement artistique combinant science-fiction et cultures africaines. Elle imagine la place de la communauté Noire dans une société décolonisée, intégrant et appréciant à sa juste valeur la multitude de symboles culturels de cette communauté.

L’objectif est de rendre aux vêtements, aux coiffures et aux accessoires leur magnificence volée par l’impérialisme occidental. C’est Janelle Monáe portant fièrement son gele sur la pochette de l’album de ArchAndroid.

C’est également tous les efforts de costume que propose FKA Twigs. Cette idée là, Janelle l’explique très clairement dans Dirty Computer : “They drained us of our dirt, of all the things that made us special”.

Il s’agit d’affirmer toute la splendeur des cultures africaines dans des imaginaires futuristes, rejetant les traumatismes racistes pour construire un futur plus inclusif.

Au-delà de ce storytelling passionnant, Janelle Monáe a su ne pas s’enfermer dans ce style bien particulier : avec des titres comme Make me feel et I like that, l’artiste nous propose une musique unique et inspirante. Elle fait aussi partie de ces femmes qui abordent sans langue de bois leur sexualité, un thème que nous avions abordé le mois dernier.

En somme, casser l’impérialisme occidental par l’art demande une audace et un génie que peu articulent aussi bien que Janelle Monáe.

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