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Le Jit, la danse de Detroit.

Le Jit, la danse de Detroit.

A la même ère que l’apparition de la première danse hip-hop, le b-boying, dans les années 70 à New York, une autre danse, originaire de la ville de Detroit, appelée le « Detroit Jit » ou simplement « Jit » fait son apparition.

Dommage que la phrase du chapeau soit un peu longue et complexe… je te propose : Contemporaine de l’apparition du b-boying (première danse Hip Hop, dans les années 70 à New York), le Detroit Jit dit aussi simplement Jit naît à Detroit comme son nom l’indique. Retour sur cette dernière, bien moins connue que la première.

Cette danse est caractérisée par des jeux de jambes complexes et dynamiques. Elle pratiquait la nuit sous les lampadaires et lors de fêtes organisées dans des sous-sols.

L’origine du nom « Jit », vient de « Jitterbug » selon le documentaire « The Jitterbugs : Pioneers of the Jit » réalisé en 2014 par Haleem Rasul. Ce terme fut utilisé pour parler d’un style de la danse swing populaire des années 1920, mais à Detroit il est devenu le jargon pour dire « criminel ».

C’est à cette époque que les 3 frères McGhee de la côte Ouest de Detroit forment le groupe « The Jitterbugs ». Johnny, l’un d’eux, ira jusqu’à dire : « Le Jitterbug était associé au crime, et je n’ai pas honte de le dire – nous étions des criminels… »

La chanteuse, Kim Weston, a grandement contribué au succès des « Jitterbugs ». Elle les a découvert et a commencé à les encadrer en les menant de la rue à la scène. Par le biais de ce management, les Jitterbugs ont pu se produire publiquement, obtenir une plus grande visibilité grâce notamment à des shows télévisés de danse populaire. Ils ont notamment fait des passages dans l’émission « The Scene » très suivie à l’époque. Ainsi, ils ont instauré un héritage durable et archivable pour le Jit.

Ainsi, nous pouvons désormais dire que selon les frères McGhee, les pas originaux du Jit sont :

  • The Walk
  • The Jazz It
  • The Drop
  • The Strike

Tout cela mélangé à toutes sortes d’acrobaties.

Plusieurs variantes du Jit sont apparues selon les quartiers de Detroit. Côté Est, un gang appelé les Errol Flynns a incorporé au sein du jeu de jambes des Jitterbugs, des mouvements de mains et de bras qui sont devenus par la suite leur signature sur les pistes de danse.

L’extrême Ouest de Detroit, à Inkster, en revanche, les Funkateers ont fusionné des mouvements de popping et de locking avec les jeux de jambes, ce qui leur a permis de laisser également leur empreinte dans l’histoire de cette danse.

L’évolution du Detroit Jit au fil des années ne va pas sans l’évolution de la musique également. La musique est toujours la première à influencer la danse.

Dans les années 1980, le son techno de Detroit a influencé le mouvement Jit ainsi que le rythme des pas que les frères McGhee avaient établi. Tandis que la génération des Jitterbugs dansait sur des sons de funk, les sons technos de Juan Atkins (dans les années 80), DJ Godfather (dans les années 2000) et bien d’autres ont forcé la danse Jit à être plus rapide avec des enchaînements de pas plus complexes. La danse Jit est donc passée d’une génération où elle se pratiquait sur de la musique funk à de la musique techno.

Le Jit connaît son « âge d’or » vers 1990. Il est littéralement partout à Detroit, que ce soit dans la rue, les fêtes en plein air, les clubs, les lycées etc.

Fer de lance de cette décennie, les « Madd Dancers » ont selon beaucoup défini la forme finale ou ultime du Jit tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Au-delà du jeu de jambes appelé « footworks », d’autres styles sont apparus tels que le « flaging » (mouvements de bras), le « bisco » (mouvements qui partent du buste) et le « groundwork » (mouvements effectués au sol), nous explique Gabrielle McLeod. Le Jit d’aujourd’hui ne peut donc plus être considéré simplement comme une danse basée uniquement sur des jeux de jambes mais une danse impliquant toutes les parties du corps.

Aujourd’hui, la transmission de cette danse aux nouvelles générations se fait à travers des personnages comme Michael Smith qui a créé sa propre compagnie de Jit (The JitMasters). C’est aussi ce que fait Mike Manson en redonnant au Jit ses lettres de noblesse et l’a popularisé sur le territoire états-unien via sa participation à l’émission télévisée populaire « So You Think You Can Dance ». C’est aussi l’approche de Jittin’ Genius (ou Jitting Jesus) qui a contribué à la popularité du Jit en apparaissant dans l’émission « Live to Dance » et grâce à ses vidéos sur Youtube qui ont fait des dizaines de milliers de vues dans les années 2000.

Le Jit bien que séparé de son passé criminel, malgré l’existence encore de rivalités entre les côtés Est et Ouest de Detroit, n’en garde pas moins de belles heures devant lui…

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