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Nouvel album de Sam’s – Inspiré d’histoire(s) vraie(s)

Nouvel album de Sam’s – Inspiré d’histoire(s) vraie(s)

Le 5 novembre dernier, Sam’s retrouvait son public : Inspiré d’histoire(s) vraie(s). Avec ce deuxième album studio, après l’Ep Deus ex machina sorti en 2019, c’est un album-film qu’il propose.

Un album-film

Sam’s nous livre un album sans fard sur sa vraie histoire. A cheval entre rêves et réalité, cet opus fait le trait d’union entre sa carrière d’acteur et de rappeur, jouant de la vérité et de la fiction chère au cinéma comme au rap. Voici comment l’artiste rentre dans Inspiré d’histoire(s) vraie(s) :

« Endormi debout, j’attendais la vie d’rêve. Mais les rêves, tu les tues quand tu les réalises ».

Extrait du titre A ma Table avec Niro.

Ayant l’habitude de partager les plateaux avec d’autres acteurs, Sam’s fait de même pour son album Inspiré d’histoire(s) vraie(s). Le casting varié lui permet de proposer une palette de sons et de couleurs musicales sans manquer de cohérence. Niro ouvre le bal en mêlant sa voix à celle de Sam’s qui recherche de ce type d’effet et un « feat avec Niro où ce n’est forcément une bagarre ». Il joue sur les voix pour donner le sentiment que c’est « un personnage qui en interprète un autre ». À ses côtés, apparaissent Guy2Bezbar, Frénétik, Hatik, Naza & Keblac, Aloïse Sauvage, Skreally Boy, Grand Corps Malade ou Benjamin Epps.

Un casting léché

Sam’s s’est entouré d’un roadster réduit de beatmakers dont Cehashi qui « est le plus à même à connaître ma musique. Il arrive à me sortir de ma zone de confort » nous confie-t-il. Chaque titre étant une scène du film, chaque beatmaker apporte sa touche avec justesse. Senyss & Niro, Binguy, Christopher Ghenda, Cehashi & DoriVrai, Richie Beats, Noxious et Dj Strech jouent sur les textures musicales et les différentes sonorités d’aujourd’hui, pour donner vie aux scènes narrées par Sam’s. Noxious (beatmaker multi primé) compose, entre autres, Popo : un égo-trip de Sam’s et Guy2Bezbar sur une prod Uk Drill. Il se retrouve aussi à la prod de Les jours avancent avec ce piano dominant. Prod qui donne un sentiment opposé à celle évoquée précédemment.

Actor studio

Sur chaque titre, l’artiste arrive à jouer des nuances de sa palette scénique pour leur donner un supplément d’âme. Il navigue entre flows rappotés, rap pur et dur et spoken word sur J’y pense, j’oublie. Sur Le fond de la classe, il dose au plus juste son interprétation.

Une balade entre réalité et fiction

Dans Inspiré d’histoire(s) vraie(s) Sam’s se balade entre réalité et fiction. Pour quelques dollars de plus en est une belle illustration. Clin d’oeil à Pour une poignée de Dollar d’Idéal J dont la prod est samplée et au western de Sergio Leone, ce morceau co-écrit avec Nakk Mendosa aborde les violences policières. « Je me suis fais une fiction d’une rencontre du 3ème type. C’est Aboudaye Kante qui serait là le jour où Michel Zecler se fait hagar. Ce qui est intéressant c’est de voir face à cette dinguerie comment l’humain se positionne. Ce storytelling est typiquement dans la lignée de l’album en fait » raconte-t-il.

Les références cinématographiques s’enchaînent comme dans Caméra B où il name drop des gangsters célèbres du cinéma. C’est aussi le cas dans Plan séquence ou dans les interludes en fin de morceaux, les bruits de pellicules… Sans oublier, les mangas, son pêché mignon, comme Naruto, One Piece ou Jujutsu Kaisen.

Une percée dans son intimité

Sam’s s’aventure aussi sur des thèmes plus originaux comme les relations amoureuses. Tantôt toxiques (Pirates contre Amazones), tantôt tendres malgré les séparations (Comme toi ). Il coupe même le cou à une certaine misogynie sur Les jours avancent : « Soutien aux femmes pieuses, soutien aux salopes ! ». Il insiste d’ailleurs : « Pour moi je trouve ça arriéré, ce truc de toutes les femmes sont des salopes sauf nos mères et nos sœurs ! On a tous des mères et des sœurs donc à un moment donné qui sont les salopes !? » Voilà qui est dit ! Dans Le fond de la classe, morceau fleuve où il revient sur des périodes de sa vie où il allait mal alors tout en donnant le change à coup de sourires, l’artiste se livre sur ses blessures intérieures.

Du début à la fin d’Inspiré d’histoire(s) vraie(s) Sam’s balade sa caméra de rappeur entre sa réalité et la fiction. Cela lui permet d’aller sur des terrains où il n’était peut-être pas attendu. Il pousse le clin d’œil cinématographique jusqu’à faire de T’as pas la ref feat Benjamin Epps une scène post générique (s/o Marvel). Qui a dit que le rap ne pouvait pas être inspiré d’histoire(s) vraie(s) saupoudré d’un peu de fiction, pas Sam’s en tout cas.

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