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JetLagN’Flow #1 Rencontre avec la rappeuse ivoirienne ANDY S

JetLagN’Flow #1 Rencontre avec la rappeuse ivoirienne ANDY S

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Pour le premier volet de JetLagN’Flow, on découvre la rappeuse ivoirienne, Andy S. Chaque mois, on traverse les frontières pour rencontrer une artiste hip-hop francophone internationale qui nous raconte son parcours, entre les cultures, les langues, les publics.

« Moi je suis en mode rap, en mode je fais mon son. Si ça plaît à Abidjan tant mieux, si ça plaît à la France tant mieux. Je ne jongle pas, je fais juste du rap, je fais juste du Andy S », confie la jeune rappeuse ivoirienne sur son rapport à la musique et à son public, qui s’étend au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire.

Plus t’as des gens qui regardent depuis l’international, plus tu as des garanties de survie pour ta musique. »

Remarquée sur les réseaux sociaux via les nombreux freestyles qu’elle partage, elle a commencé le rap en 2013. Depuis, elle s’est créée une forte communauté en Côte d’Ivoire et poursuit son objectif d’être connue et reconnue sur la scène rap internationale : « Plus t’as un public large, plus t’as d’opportunités. Surtout qu’encore en Afrique, la notion du streaming n’est pas forcément là, il y a plus des marchés illégaux, plus de CD. Plus t’as des gens qui regardent depuis l’international, plus tu as des garanties de survie pour ta musique. »

La rappeuse ivoirienne, Andy S.
La rappeuse ivoirienne, Andy S.

Bien qu’issue de la jeune génération du rap ivoire, elle nuance cette appellation. « Dans le Rap Ivoire, ils utilisent de l’argot ivoirien, des types de beats qui sont généralement plus penchés vers du coupé décalé. Moi je ne suis pas vraiment celle qui le définit le plus. Avec ma musique, je suis dans les codes du rap tout court » affirme-t-elle.

S’engager frontalement…

La jeune artiste se démarque à la fois en utilisant des instrumentales drill, comme dans le morceau, Kamikaz, issu de sa dernière mixtape, Exousia, et par les thèmes qu’elle aborde : « Je suis beaucoup dans des thématiques qui peuvent toucher plus de personnes, sans qu’il y ai une barrière avec la culture ivoirienne. »

Le clip du morceau « Go! » sorti le 7 mai 2021, extrait du projet RDBQ Vol.1

En 2019, elle sort son premier EP « Le Rap N’a Pas De Sex », un titre qui annonce la couleur. Pour la rappeuse, « quand tu viens avec un projet avec ce titre, c’est comme s’il y avait un combat derrière, ça diminue tes chances d’être écoutées. Quand tu prends position pour les femmes, ça réduit encore. Le public ivoirien n’est pas forcement ouvert à certains sujets, quand tu abordes des thèmes plus sérieux, alors que le même thème en France sera mieux accepté. Il y a des gens qui sont plus à la recherche de musiques comme ça, des journalistes qui s’intéressent, qui mettent l’accent sur ça, des associations qui vont dans le même sens que toi. »

ou en surprenant ?

Et pourtant, le couplet engagé d’Andy S, sur le morceau Petite Aminata, a particulièrement résonné en Côte d’ivoire. A contre courant des quatre rappeurs qui y dénigrent une femme, la rappeuse conclut le morceau en la défendant.

Le clip du morceau « Petite Aminata », sorti le 2 juillet 2020, extrait de l’album L’école du micro ivoire (Vol.1).

Là le message est passé, là ça a choqué. »

« Les gars ne s’attendaient pas à mon couplet. Là le message est passé, là ça a choqué. Il y a des gens qui ne s’attendaient pas et qui ont dit c’est super bien répondu. Cette musique elle a eu cet impact parce que ce n’était pas téléphoné. Mais quand tu viens avec un projet qui s’appelle Le rap n’a pas de sexe, ils disent « Oh là, là, elle va venir encore nous casser les couilles à nous parler de la position de la femme » ironise la rappeuse.

Traverser les frontières ?

Avec des egotrips tranchants, et des instrumentales diversifiées, elle s’impose dans un univers majoritairement masculin. Or, en tant qu’artiste africaine, elle se heurte à autre plafond de verre : Faire traverser les frontières à sa musique.

« Très souvent il y a des barrières entre industries, ils auront du mal à se préparer à l’avenir avec un artiste qui est basé en Afrique. Ils doivent essayer de sortir de leur zone de confort, et casser ses barrières d’artistes africains, destinés à être en Afrique » souligne-t-elle.

En France, il y a le public pour tout, il y a la fan base pour tout »

Pour traverser les frontières, elle laisse parler sa musique. Pour promouvoir sa dernière mixtape, et faire son premier concert à Paris, elle est aussi venue quelques semaines en France.

« Rapidement, les médias savent où tu veux en venir et c’est des positions qu’ils se voient aussi défendre. En France, il y a le public pour tout, il y a la fan base pour tout » s’exclame-t-elle.

En déjouant toutes les étiquettes, elle poursuit son objectif d’exporter sa musique à l’international et conclut : « L’artiste africain, il doit avoir les opportunités d’être partout dans le monde entier. Si je suis dans une playlist avec d’autres artistes français, les gens diront ah il y a la Côte d’Ivoire dans tel playlist, et ça c’est beau. »

On se retrouve en 2022 pour le prochain volet de JetLagN’Flow.

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