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Rétrospective 2021 des sorties du rap français : une année en demi-teinte ?

Rétrospective 2021 des sorties du rap français : une année en demi-teinte ?

En ce début d’année, une rétrospective rapologique de 2021 s’imposait. Une année forte en émotion et en sorties qui a définitivement inscrit le rap français sur la carte des incontournables. Élément central de la culture du 21ème siècle, il s’invite sur tous les plateaux, sur tous les formats. Pourtant, la qualité proposée divise. Qu’en est-il vraiment ?

Jamais autant de style de rap n’ont cohabité comme ce fut le cas en cette année 2021. Entre boom-bap, trap, boom-trap, drill et plugg il y a globalement eu des sorties pour tout le monde. Pour se repérer dans l’ensemble de ces sorties de l’année, une petite rétrospective du rap français en 2021 nous a semblé nécessaire.

La cohabitation entre nouvelle génération et boom-bap

Une nouvelle génération d’artistes a marqué 2021. En plus de la Next-Gen (raplume docu Next gen), une myriade d’artistes qui ont montré des skills différentes dans des styles variés. En 2021, certains artistes tels que Benjamin Epps avec Fantôme avec chauffeur ou encore Tedax Max avec sa trilogie Forme Olympique entre autres reprennent le flambeau d’une boom-bap aux couleurs new-yorkaise bien marquées.

Néanmoins, la cohabitation se joue dans les ajouts et la présence plus prégnante d’ad-libs ou de gimmicks. Le lyonnais Laws Babyface qui est d’ailleurs un des compère de Tedax Max se place aussi dans cette tendance même si pour le moment il n’a pas encore sorti de projet.

Le rap de kickers a donc repris du poil de la bête en cette période où les bangers et autres morceaux turn up sont tombés à l’eau faute d’ouverture des boîtes de nuit. Retour aux sources ou grande invasion, toujours c’est l’hybridation et la rencontre entre les mondes qui fait le Hip-Hop.

Un rap cinématographique

En 2021, le rap français ne s’est pas contenté du streaming, il a aussi envahi nos écrans. Jusqu’alors, c’était essentiellement le cinéma qui influençait le rap, mais 2021, un cap est passé. Laylow avec L’étrange histoire de Mr Anderson, Sam’s avec Inspiré d’histoire(s) vraie(s) ou Lacrim avec Persona non grata se sont servis du cinéma avec des angles différents mais toutefois avec pertinence et justesse.

Déjà liés par le clip et le travail effectué à ce propos ces dernières années , c’est désormais de véritables scripts, voir des scénarios qui guident les tracklists et les DA. Les deux mondes se rejoignent pour ne faire plus qu’un.

Lacrim, par exemple, intègre le tryptique cinématographique Réda dans son projet . Laylow scénarise et réalise ses clips comme un film concept. Sam’s lie concrètement les deux mondes dans sa vie comme dans son art.

La fameuse next-gen

La next-gen, c’est un terme beaucoup employé en 2021 pour parler de jeunes rappeurs arrivés récemment sur le devant de la scène. Des noms à suivre et à retenir à nos yeux. Au-delà d’artistes comme La Fève, Khali, Kosei, Zamdane, J9ueve et leurs acolytes, certains comme So La Lune ont aussi occupé le rainté avec son run de 7 Eps.

D’autres comme 8ruki ou Sérane ont bousculé les codes avec leur flow DMV qu’ils livrent sur de la plugg. Des essais plus ou moins heureux mais qui démontre la créativité du game. Sans oublier Djado Mado avec sa série Noor qui revient sur un rap moderne engagé, fortement nourrit des codes de la génération précédente. Ou encore Ben Plg qui nous raconte de sa fenêtre le Nord dont il est originaire dans Parcours Accidenté.

Sans oublier un rappeur comme 1pliké140 qui a tiré son épingle du jeu avec sa drill sans concessions, ou encore Ziak qui en se créant un personnage a su convaincre avec son 1er projet Akimbo.

Enfin, Zinée avec sa voix de sirène et son projet Cobalt a apporté sa pierre à l’édifice. La next-gen c’est une diversité d’acteurs, de couleurs et de nuances, quitte à parfois bouleverser fortement les codes du genre.

Des fulgurances

S’il ne fallait retenir qu’une seule fulgurance en 2021, ce serait Tuerie et son EP Bleu Gospel. Avec ce projet sans pareil dans le rap francophone l’artiste a donné des sensations fortes aux auditeurs.

Exploitant le sujet de la maltraitance intrafamiliale, il rend visible un sujet trop souvent passé sous silence, mais pourtant bien réel. Par le prisme de sa propre histoire, il convoque une palette d’émotions, une musicalité et une sincérité qui font de ce projet un des plus beaux de l’année 2021.

Bien évidemment, il ne s’agit pas de faire une liste exhaustive de toute l’année 2021 ce qui serait indigeste. Mais de rappeler encore une fois la variété de styles, d’artistes qui jalonnent la rap avec différentes approches, différents moyens et différents statuts (rookies, artistes établis, en développement).

Sans prétendre à l’exhaustivité au regard du nombre de sorties de l’année, force est pourtant de constater que le rap continue d’être versatile et polymorphe. Il peut se féliciter de voir des artistes comme Sadek cohabiter avec un Kekra, une Le Juiice, Lyonzon ou encore des Triplego ou une Lala &ce. Souhaitons que ça continue ainsi en 2022 !

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