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Djado Mado, une voix comme signature

Djado Mado, une voix comme signature

Originaire de Valence, Djado Mado est un de ces jeunes talents du rap à surveiller de près. Il commence le rap à 12 ans et sort son premier projet en 2020 Ulhaq. S’en suivra en 2021 la série Noor I et II. Avec sa voix unique, ce jeune ancien renoue avec le constat d’urgence et les références des débuts du rap en France sans pour autant s’y réduire. A croire que la voix de Djado Mado est à la fois son instrument et sa signature.

Une signature vocale qui relie les générations

Dès le 1ère écoute de Djado Mado une chose frappe : sa voix ! Rocailleuse, rugueuse, il la maîtrise au fur et à mesure de ses projets. Elle reste néanmoins toujours aussi spéciale, le devançant presque en tant que marqueur. Grâce à cette voix unique, Djado Mado se démarque par sa signature vocale, reconnaissable entre mille. Il le dit lui-même, son rap est une synthèse entre le fond du rap des années 2000s et une forme actuelle. N’hésitant pas à shout out des artistes comme les Psy 4 de la rime, Nessbeal, (sur Lacoste) ou Alpha 5.20, ses références sont claires. Il mêle d’ailleurs différentes influences dans sa musique tant francophones qu’états-uniennes ou comoriennes. Noor II est la parfaite illustration de cette synthèse entre les cultures, les mondes et les générations. Pour magnifier cette voix et ses mots, il collabore avec Madizm depuis Noor I. Une connexion qui s’est faite grâce à Shone de GFG (Ghetto Fabulous Gang).

Un engagement à fleur de rap

A ses yeux, « rapper c’est transmettre des émotions et raconter des moments de vie en restant proche de la réalité ». C’est donc bien sa réalité que Djado Mado dépeint barres après barres. Une réalité faite de rue, comme beaucoup, mais pas que. L’artiste nous invite à ouvrir les yeux sur des sujets plus polémiques, comme le colonialisme. Dans Mpessa ou Colonisé, il propose une lecture décoloniale. Comme il dit lui même : « C’est logique ». En tant que « fils d’immigrés né en France et qui a grandi entre la ZUP de Valence et les Comores » que pouvait-il faire d’autre ? Le discours du rappeur se situe donc entre la lutte des classes et le décolonialisme (en 2022 certains seraient tentés de dire qu’il s’agit de wokisme [rires]). Il rappelle sur Le Temps passe « J’rappe pour les travailleurs et mes broliqués » ou encore « J’serai toujours un prolétaire » sur CFA. C’est d’ailleurs sur ce même morceau qu’il maudit le Franc CFA ( Franc des Colonies Françaises d’Afrique). Sans oublier bien sûr, un coté street qui se manifeste chez lui par les références à l’argent ou à la débrouille.

Casser sa voix sur la bitume

Djado Mado puise ses inspirations dans cette vie qui l’entoure. A la manière de certains anciens rappeurs, il raconte ce qu’il voit de sa fenêtre. Comme un chroniqueur il narre ses histoires ou celles de ses proches. En essayant toujours d’être le plus juste possible, de rester au plus proche du constat d’urgence de ses aînés. De grandes figures historiques telles que Malcolm X l’inspirent aussi. Il en rend compte dans El Shabbaz. Sans oublier la culture comorienne à laquelle il fait la part belle dans son récit. Il joue aussi de son polyglotisme en naviguant entre la langue française et sa langue maternelle ayant vécu dans les Iles de la Lune durant ses années collège.

Djado Mado est un artiste à l’intersection d’un rap qualifié « d’à l’ancienne » et moderne, d’une vie en France et aux Comores, de la rue et de l’engagement. Il arrive à savamment doser tout ces ingrédients pour faire un rap qui lui est propre sans pour autant oublier ceux qui l’ont inspirés. Quand on lui demande ce qu’il envisage pour l’avenir il répond tout simplement qu’il continuera à faire la meilleure des musiques possibles.

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