pixel
Now Reading
Et si on assistait à la naissance d’une nouvelle gauche ?

Et si on assistait à la naissance d’une nouvelle gauche ?

Sommes-nous en train de vivre un retournement de situation sous l’impulsion de LFI ? Une union des gauches jusque là impossible et pourtant seule alternative pour échapper à la machine à broyer néolibérale. Serons-nous capables de sortir de nos entre soi pour changer de paradigme ?

Avec des « si » on mettrait Paris en bouteille nous dit le proverbe. C’est le genre de réflexion qu’inspire régulièrement l’alliance des gauches. Ah ah se réjouissent les sceptiques de tous poils. Associer LFI, EELV, le PS, le PCF dans un même combat n’est-il pas aussi improbable que de faire entrer Paris dans une bouteille ? Cette alliance est vouée à l’échec. A part qu’aucun de ces sceptiques n’a imaginé qu’une forme d’urgence, de « nécessité vitale » pourrait nous contraindre à changer de paradigme, penser le concept de Paris et celui d’une bouteille en d’autres termes. Qu’est-ce que Paris ? qu’est-ce qu’une bouteille ? Comment pourraient-ils l’un et l’autre trouver une forme commune ? Ces questions peuvent sembler folles et pourtant c’est le genre de chemin qu’il nous faut emprunter si nous refusons d’être broyés par le rouleau compresseur néolibéral. Pour réaliser l’impensable. Sans ce changement de paradigme, l’alliance entre les gauches est impossible et notre destin bien misérable. Et si on assistait à la naissance d’une nouvelle gauche ?

La capacité de faire cohabiter plusieurs contradictoires

Une alliance qui préfigure les questions de fond qui nous guettent à l’aune du XXIe siècle. L’unité est un vain mot dans un monde en expansion qui accumule les contradictions à mesure qu’il ouvre ses frontières. Nous sommes condamnés à faire de nos différences et de nos dissensions (en démultiplication), non pas un outil à force négative mais à force positive. Une révolution mentale qui heurte un entre-soi profondément ancré dans des cultures traditionnelles idéologiques ou divines. Celles-ci ne tolérant aucune contradiction, nous affirment que pour faire société il nous faudrait être semblables, éliminer ceux qui ne nous ressemblent pas ou s’enfermer dans des ZAD. C’est par l’affirmation contraire que l’histoire et la raison nous répondent. Nous ne pouvons exister ensemble que si nous sommes dissemblables. La paix et l’universalité sont désormais à cette condition : la capacité de faire cohabiter plusieurs contradictoires pour exister dans un monde qui possède un trait commun, celui de hyper complexité.

Une politique de « l’essai erreur »

C’est le sens profond de l’exercice de la démocratie qu’il nous faut retrouver sans hésiter à en affronter le piéges, le populisme, l’individualisme, l’égoïsme, ce genre d’obstacles réputés impossible à franchir. Revenir aux basiques. Le vote à « main levée » Une politique de « l’essai-erreur » qui porte en avant les contre-courants, les contre-cultures. Faire du chaos maîtrisé une forme de gouvernement, de marche en avant. Coller au plus près de la solidarité pour faire de la politique un exercice de partage « pour un peuple souverain » Déconstruire les mythes comme le mythe républicain (par exemple) qui charrie son lot de mensonges et d’incohérence, (pensons au colonialisme) pour mieux le reconstruire et l’inscrire dans la réalité complexe du XXIe siècle.

Une trahison qui a poussé la gauche dans les marges

Les fondamentaux de la gauche ont été bafoués depuis de nombreuses années et davantage encore depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Cette gauche que l’on appelle de gouvernement qui s’est évertuée à une forme de bienséance qui l’a paralysée. Une trahison qui l’a poussée dans les marges jusqu’à ce score à faire pâlir de honte de 1,7% pour le PS. Un manque de courage et d’analyse de fond, une incapacité à assumer les transitions, à faire son boulot de questionnement permanent (que tout le monde attend), qui l’ont repoussée à juste titre très loin dans les marges.

S’ancrer dans la réalité des peuples

Héritière d’une tradition révolutionnaire, cette gauche a aujourd’hui l’opportunité de se ressourcer et de se reprendre. De dépasser la politique fictionnelle et sans avenir proposée par M. Macron. De fonder un nouveau pacte révolutionnaire, un ancrage dans la réalité des peuples et leurs besoins élémentaires d’avenir et de sécurité. Nous sommes encore bien-sûr loin du compte mais le chemin est ouvert pour que toutes les intelligences s’y engagent. Non pas pour obtenir coûte que coûte et dans les meilleurs délais un résultat. Mais pour ouvrir des espaces d’échange et d’espoir, redonner confiance dans l’avenir, l’envie d’agir. Redonner enfin du souffle à la démocratie que les politiques néolibérales ont lâchement abattue. La tâche sera immense.

Aux armes citoyens

L’ensemble des nations ayant cédé par obligation aux sirènes fatales du néolibéralisme. Réinsérer le peuple dans le processus politique comme il se doit de l’être, nécessite une posture réputée impossible. Assumer une radicalité en prise directe avec la réalité et ses contraintes parfois diaboliques. Face à l’hégémonie du néolibéralisme, entre les pressions politiques, économiques, financières l’exercice nécessitera un véritable talent. Un sens de l’empathie et une capacité d’innovation assez rares aujourd’hui dans le champ politique figé dans ses convictions. Aux « armes » citoyens pourrait-on dire.

Scroll To Top