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Le GQ, une danse qui n’a jamais quitté les frontières de Philadelphie

Le GQ, une danse qui n’a jamais quitté les frontières de Philadelphie

Cha-cha, Iking, Stepping, Jeek? Voici tous les noms qu’on peut donner à une seule et même danse : la GQ Dance. Rennie Harris, danseur/chorégraphe philadelphien, nous en dit plus sur cette danse qui semble être oubliée de tous

La danse GQ est née à Philadelphie et n’a jamais quitté les frontières de cette ville, selon Rennie Harris. Malgré qu’elle soit endémique de cette ville, la nouvelle génération ne semble plus la connaître.

« À ma connaissance, il n’y a pas de cours ou d’ateliers dispensés par qui que ce soit – à l’exception de quelques personnes qui avaient des frères ou des sœurs qui l’ont pratiquée – ma génération est la dernière qui détient l’information historiquement et dans son corps. La génération plus âgée, les créateurs du style doivent avoir entre 65 et 75 ans maintenant. »

L’un des danseurs les plus célèbres de ce style est décédé en 2020, il se nommait Tyrone Proctor. Il a grandi à Philadelphie et voyagé vers l’ouest des Etats-Unis pour devenir le premier et le seul danseur philadelphien à s’être produit dans l’émission Soul Train.

Le GQ a pour origine la danse latine connue sous le nom de Cha-cha. Le Cha-cha était une danse populaire que tout le monde pratiquait dans les années 60 aux Etats-Unis.

« C’était une danse que de nombreuses communautés ont pratiqué. Il y a eu une grande vague de danse et de musique latines qui a balayé les Etats-Unis à ce moment- là, lorsque la danse Salsa a dérivé du Mambo. »

Aux États-Unis, les clubs sociaux étaient importants à l’époque. De nombreuses sororités et fraternités universitaires avaient également des clubs sociaux noirs qui organisaient des rassemblements et des fêtes. Et c’est lors de ces rassemblements que le Cha-cha a pu prendre une forme différente à Philadelphie.

« Les écoles et les clubs sociaux organisaient souvent des événements pour les jeunes à l’époque où ils se rassemblaient pour danser. D’ailleurs, lorsque j’utilise le mot « club », je ne fais pas référence à un bâtiment ou à des salles, je fais référence à un groupe de personnes qui font partie d’une organisation aka « club ». Lors de ces fêtes, on dansait avec un ou une partenaire. Mais par la suite, les partenaires commençaient à faire face à un public qui les regardait. S’il y avait un autre club présent à la fête – ils s’affrontaient les uns contre les autres – chacun se répondait par un rythme de cha-cha différent – Ce genre de va-et-vient était très similaire à ce qu’on appelle « stalking » dans la House Dance. »

Au fil du temps, le rythme du cha-cha est devenu la fondation de base du GQ. Et selon la partie de la ville (Philadelphie) où vous habitiez, le style était connu sous plusieurs noms différents (Cha-cha, Iking, Stepping ou encore Jeek).

« Cha-cha est le nom d’origine que tout le monde connaît. Mais il s’est appelé aussi le iking (ike-ing), et le Stepping parce qu’il contenait des éléments de la fraternité grecque Stepping et Drill Team Stepping. On l’appelait aussi Jeek qui était l’abréviation de GQ, puis les gens sont restés sur le terme « GQ ». Si vous parliez de Cha-cha, Stepping ou GQ à un philadelphien noir plus âgé qui a vécu à Philadelphie toute sa vie, il savait certainement de quoi vous parliez. Il semble que chaque génération avait un nom différent pour cette danse. Mais tout le monde connaît le rythme original / et hybride. »

Cette danse pouvait être pratiquée sans musique. Peu importe qu’il y ait de la musique ou non car on entendait le rythme des pieds comme pour les claquettes. On reconnaissait un « steppeur » par ces vêtements, toujours vêtu d’un costume ou d’un pantalon ample, avec une cravate, une veste ou un pull et une cravate. Les femmes portaient souvent un gilet et ce qu’ils appelaient un nœud papillon pour femme.

Il semblerait que de nombreux groupes de GQ ont existé. Le groupe de Rennis Harris fut « The Step Masters », mais d’autres groupes étaient connus également tels que : The Floor Takers, International Floor Takers aka ITF, Chip and Pip, The Franchise, G.Q., Disco Kings and Queens, The Twins, D’Wight, The Great Gatsby, Raphique & The Stepping Uniques pour en nommer que quelques-uns.

Personne ne le sait avec certitude, mais il semble que la progression de la popularité du groupe GQ est à l’origine du nom final de cette danse.

Rennie Harris fait aujourd’hui un travail de recherche approfondi afin de produire un documentaire et de garder une trace de la GQ Dance. Il semble qu’il ouvrira bientôt un cours.

« Dans le passé, la plupart des danseurs n’étaient généralement pas intéressés [à cette danse] et ne l’enseignaient donc pas. Il faut cependant y réfléchir davantage… J’ai regardé ce qui est arrivé aux autres styles indigènes. Les personnes piochent uniquement dans ce qu’ils apprécient, mais le style perd de sa pertinence historique, puis s’affaiblit parce que les choses soient faites à moitié. »

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