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Nesyr : le flux et les reflux des lettres

Nesyr : le flux et les reflux des lettres

Salut Nesyr, tu as 30 ans, tu écris depuis 10 ans et tu vis à Kuala Lumpur en Malaisie, pourquoi avoir choisi ce nom ? Faisais-tu du dessin avant ?

Actuellement j’écris Nesyr, cela fait 3 ans. Avant j’écrivais Nestwo, je voulais changer à cause de l’alphabet. Honnêtement, il n’y a pas de signification derrière le nom, ce sont les lettres qui m’intéressent.

J’ai toujours aimé dessiner depuis mon enfance, j’ai étudié le design graphique et l’art et à présent je vis de mes commandes murales.

Que recherches-tu lorsque tu crées des lettres ?

 La structure, la forme des lettres, le flux et la façon dont chaque lettre se connecte.

Qu’est-ce qu’une bonne lettre pour toi, et comment peut-on définir si c’est une bonne lettre ou pas ?

C’est très subjectif, surtout dans l’art, mais pour moi, la structure d’une lettre doit être correcte. Ensuite il faut regarder le flux et l’équilibre de l’ensemble : comment les lettres se connectent les unes aux autres. Je ne classe pas les caractères d’imprimerie ou les polices de caractères normales dans le writing. 

D’où vient ton inspiration ? Penses-tu qu’il existe un style de lettres propre à d’où tu viens ?

Cela peut être des films, des bâtiments, des vaisseaux spatiaux, la technologie et les baskets.

Je crois que oui, quand il s’agit d’écriture de style dans mon pays, les styles sont principalement lisibles, sauvages, audacieux, solides et la structure de la lettre est l’essence même. Vous pouvez vérifier sur instagram : @strictlyalphabets

Peux-tu nous dire comment, quand et avec qui l’écriture est apparue dans ta ville ? 

Cela a commencé il y a peut-être 20 ans. Il y avait des équipes qui se concentraient uniquement sur les lettres. Puis, j’ai eu le privilège de rencontrer des gars du Phiberwryte Crew, Siek, Carpet, Bonks… et j’ai eu l’occasion de voir comment ils faisaient.

Que voudrais-tu que ta peinture apporte au monde ?

Nous vivons dans un monde où les problèmes ne cessent d’augmenter : les enfants soldats, la pauvreté, la dépression… Je veux que ma peinture apporte au moins un peu d’inspiration, d’espoir et de couleurs de joie à ces gens qui sont coincés dans un monde sombre.  

Penses-tu que le writing est une sorte de chromothérapie dans des villes monochrome ? Que penses-tu que ça apporte aux gens ?

À mon avis, nous devrions avoir à la fois la chromothérapie et la lumière monochrome. C’est un équilibre, par exemple quand on a besoin d’être dans un endroit zen, il ne faut pas que ce soit trop fort, ça va avec le monochrome. Quand un endroit est terne et ennuyeux, on a besoin de chromothérapie.

Honnêtement, seuls les writers peuvent ressentir ce que nous faisons. Les gens normaux ne comprennent pas ce que nous faisons et j’espère que les couleurs, les efforts que nous faisons, leur donnent au moins le sourire.

As-tu des anecdotes ?

Dans mon pays, c’est un peu drôle, je faisais un blockbuster pendant la journée, quand j’ai fini, les flics sont venus m’arrêter parce que des gens ont porté plainte. Les flics m’ont dit qu’ils aimaient les graffitis et m’ont conseillé de les faire plutôt la nuit.

Avez-vous un mot pour la fin ?

Merci de m’avoir reçu pour ça, j’espère que tout le monde continuera à écrire, restera fidèle et ne restera pas trop collé aux écrans et sortira pour peindre. Paix.

Plus de photos : https://www.instagram.com/_nestwo/?hl=fr

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