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On fait quoi maintenant ?

On fait quoi maintenant ?

Certes les déboires s’accumulent, la machine s’emballe mais ne nous attendons pas à une rémission, un retour à la normale, nous allons être confrontés à une épreuve décisive, celle de notre transformation. Un voyage vers l’inconnu. Attention départ.

Beaucoup de mauvaises nouvelles cette semaine ; les variants qui s’invitent, les vaccins qui peinent à suivre, le dilemme cornélien du gouvernement : « confinement ou pas confinement ? », le douloureux constat de l’effondrement de la recherche fondamentale en France avec Pasteur et Sanofi distanciés dans la course aux vaccins à l’échelle mondiale, Game stop ou la révolte des Little guys contre l’establishment de Wall Street ou comment une communauté de milliers de boursicoteurs fait perdre plusieurs milliards aux géants de la finance en jouant leur propre jeu et en risquant un effondrement du système mondial. On a le sentiment qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion, que la machine s’emballe.

Un processus de changement radical dont nous mettons au défi même les plus malins de pouvoir prévoir l’issue. Le monde d’après est en train de se dessiner sous nos yeux, là, à l’instant et à une vitesse folle. La Covid-19 révélatrice de notre « laisser-faire » nous fait basculer dans le XXIe siècle. L’aboutissement d’un long épisode commencé après la Seconde Guerre mondiale et dont la fin est inéluctable.  Ne nous attendons pas à une rémission ni à un retour à la normale. Les politiques s’affolent, les oppositions de gauche et de droite sont au point mort avec la  dénonciation pour seul argument. Une forme de complaisance, de reconnaissance entre opposants, une autosatisfaction qui anime et nourrit en boucle les communautés, les violences policières, l’islamisme, le racisme,  les injustices… On reste bien au chaud dans l’entre soi de la contestation en laissant la voie libre aux cercles du pouvoir qui, dans le même entre soi, – l’affaire Duhamel –, continuent à étouffer la France et ses capacités de progression. Ils en réclament, même. Les expressions de violence qui fondent le folklore immuable des manifestations renforce la légitimité des mesures répressives – la sécurité globale – qu’ils prennent en toute impunité et sans contre-pouvoir. Sommes-nous des junkees de l’entre-soi ? Nous sommes dans une impasse, dans l’impossibilité d’imaginer une suite à cette situation surréaliste.

Nous sommes encore à la préhistoire de ce que siècle nous propose, une histoire s’achève et une autre commence avec devant nous un horizon sans précédent mais indéchiffrable. Nos vieux mythes ne coïncident plus avec la réalité. L’appartenance à une nation considérée comme une chose donnée, découlant d’une langue maternelle, d’une conception partagée de valeurs, d’une histoire, d’une culture, et d’une certaine représentation du territoire, des frontières, est révolue. Les gouvernements « unifiants » ne répondent plus à la complexité de nos relations ni à notre destin « hors frontières ». Nous vivons déjà dans des espaces multilingues, plurinationaux, des « entre-lieux », entre un pays et un autre, entre une ville d’adoption et une ville de naissance. Si nous restons fossilisés dans des identités figées qui ne respectent pas l’évolution ni la mobilité constante des écosystèmes, alors sans aucun doute nous nous précipitons vers une tragédie.

Mais ne nous y trompons pas, il n’y a pas de fin en vue comme tentent de nous le faire croire les tenants de l’effondrement. Trop facile  de baisser les bras. Nous serons quels que soient nos choix confrontés à une épreuve décisive, celle de notre transformation. Et comme Alice qui cherchait des explications aux discours fantasques des personnages qu’elle rencontrait, nous n’aurons d’autre possibilité que de traverser le miroir et nous embarquer vers l’inconnu… Attention, départ !

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