Now Reading
Le quinquennat des castors flingués

Le quinquennat des castors flingués

Le quinquennat des castors flingués aura été, plus que tout autre depuis vingt ans, celui du massacre des gentilles bestioles tous les cinq ans en devoir de ravaler convictions, opinions et analyses afin d’éviter la déferlante fasciste. Le « barrage » de la Macronie a constituée une plate-forme exceptionnelle pour l’extrême-droite.

“Faites ce que vous voulez mais votez Macron” titrait Libération (propriété de Patrick Drahi)… Oh, qu’il était beau le barrage en 2017 ! Voyez le bel édifice construit avec l’effort de millions de castors aux raisons les plus diverses. De la belle charpente de castors face au fascisme. Et puis Macron et les siens ont gentiment fait sauter toutes les digues. Si bien que s’il reste encore un castor vivant, il ne doit plus lui rester une seule dent valide.

L’entonnoir psychologique : le chantage dès le premier tour

Bien consciente que son candidat est détestable, la Macronie à un argument choc pour le premier tour : ce serait le mieux (ou le seul) pour affronter l’extrême-droite au second tour. D’ailleurs, si les castors ne viennent pas au premier tour, c’est simple : la Macronie votera pour l’extrême-droite au second. Vous êtes prévenu, le chantage En Marche toujours dans la même direction. C’est ce qu’a parfaitement exprimé le “philosophe” de service de la Macronie, Raphaël Enthoven:

Pour la Macronie, la lutte antifasciste c’est, en dernier recours, s’allier avec l’extrême-droite pour faire front “républicain” contre la gauche. Cherchez pas à comprendre. Comme le disait bien Gilles Le Gendre (président du groupe LREM à l’Assemblée), le grand péché de la Macronie c’est qu’elle trop intelligente.

Joyeux anniversaire Charles ! (non, pas De Gaulle, Maurras)

D’une subtilité sans borne, Macron a aussi trouvé “absurde de dire que Charles Maurras ne doit plus exister.” Pour rappel, personne n’a demandé que Maurras (condamné à l’indignité nationale) disparaisse de l’histoire mais beaucoup se sont insurgés que sa naissance fusse officiellement commémorée. Pas assez intelligents, ces gueux n’ont pas compris que le pays doive honorer le féroce antirépublicain pour qui la République était une “gueuse” dirigée par des juifs et des métèques. Ces salauds de wokistes ont empêcher qu’on souffle sereinement les 150 bougies de Maurras pour qui “c’est en tant que Juif qu’il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum” (L’Action Française, 15 mai 1936). Ben oui, abattre le chef du gouvernement Front Populaire parce que juif, ça valait bien les honneurs de la Macronie. Quelques castors y ont perdu leurs dents.

Macron a aussi tenu à rappeler que Pétain était un héros de la Guerre de 14. En effet, Pétain, baïonnette en main, est allé trucider du castor en 17 (information historique sujette à caution). Macron aurait pu aussi célébrer le maréchal qui s’est distingué au Maroc, dans le massacre des insurgés du Rif. Sans compter que, pour l’occasion, Pétain s’est allié avec le général Franco. Louable alliance dans un massacre colonial qui honore la France, cette “nation de porcs et de chiens” comme disaient les surréalistes pour, précisément, dénoncer la guerre du Rif en 1925. Les castors poètes ont pris cher cette fois-là.

À ce stade, s’il restait encore quelques castors très très indulgents, Macron a emprunté une batte de baseball à un skinhead pour leur défoncer les dents. Le président en exercice a octroyé une interview en exclusivité à Valeurs Actuelles (propriété d’Iskandar Safa), l’hebdo des racistes chez eux. Et puis il s’est confectionné un collier de dents de castor du plus bel effet.

Le retour des voltigeurs

La Macronie a aussi fait exploser un barrage qui date de 1986. L’assassinat de Malik Oussekine par des policiers en marge d’une manifestation étudiante avait provoqué la suppression des voltigeurs. La Macronie les a rétabli à travers la BRAV-M. Rien de tel que la matraque d’un voltigeur pour défoncer les têtes de castor.

Du révisionnisme (ou falsification de l’histoire) en Macronie

Des “ne parlez pas de violences policières” jusqu’au “je m’étouffe“ de Darmanin, les castors ont été rhabillé pour l’hiver (en uniforme bleu). Le castor-flic est aussi prié de défiler, à genoux et les mains sur la tête, devant Alliance. Jadot, Roussel et les casto-socialistes ont fait belle figure devant le syndicat policier pour lequel “le principal problème de la police, c’est la justice”.

La justice, précisément, a joué un très beau rôle pour “sauver l’État de droit”. Au ordre du Parquet, elle nous a fait une belle démonstration de justice expéditive et politique, en enfermant à tours de bras des Gilets Jaunes. Rapide et sévère dans ce cas, lente et magnanime pour juger les crimes et délits de policiers. Du coup, les castors se demandent ce que serait une justice qui ne soit pas un problème pour la police.

Un juge qui ne pose pas de problème à la police

Bon, finalement, mangez vos dents de sans-dents

Arrivé à ce point, on se dit que la Macronie a exterminé les castors. Mais ce n’est pas fini. Même Sarkozy avec son ministère de l’Identité nationale n’était pas allé aussi loin dans l’islamophobie et la xénophobie d’État. Dissolution d’associations pourvoyant aide juridique aux victimes de racisme, loi « séparatisme ». Les brimades les plus abjectes contre les exilés à la rue, ratonnade en plein cœur de Paris…

Cette chronique n’y suffira, c’est la chronique quotidienne des cinq dernières années qu’il faudrait faire pour décrire comment la Macronie a fait manger ses dents aux castors et arracher leurs peaux pour les revendre en fourrures.

C’est l’idée de barrage qui fut un grand fourvoiement. Des millions d’électeurs se sont mobilisés, sans aucune appétence pour Macron, contre Le Pen. Cinq ans plus tard, les mêmes doivent faire front contre Le Pen, Zemmour, Pécresse et… Macron. Le barrage a été totalement submergé. À moins d’un barrage en amont, cette fois les castors regarderont le flot rance s’élancer vers l’abîme.

View Comments (0)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Scroll To Top