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Le sport dans tous ses états arrive à HIYA!

Le sport dans tous ses états arrive à HIYA!

Décidément le sport fait des émules. Entre le collectif des Hijabeuses (c’est ici pour soutenir) dont le sort interroge la communauté internationale et les chasseurs qui, eux, autorisés et sans complexe, tuent allègrement mais par “accident”, force est de constater que le sport en France a vraiment perdu la tête. Puisque nous allons inaugurer une rubrique en tant que telle à HIYA!, un petit retour sur tous les états du sport s’imposait. 

De  nombreux faits divers ont émaillé l’image du sport ces dernières années. A croire que cette catégorie aussi fait l’objet de réflexion et de déconstruction. Enfin ! Puisque une rubrique sport arrive à HIYA!, il nous fallait introduire notre choix en revenant sur une discipline dans tous ses états depuis que les femmes s’y invitent. 

Qu’il s’agisse de tennis où Serena Williams est critiquée pour ses tenues pas assez “classes” au goût de la bourgeoise ou trop sexy to handle pour le machiste, de foot où les commentateurs du dimanche, et des autres jours de la semaine, s’autorisent des réflexions salaces en in et en off sur le corps de l’une ou de l’autre, les accusations de “garçon manqué”, outing forcé quand ce n’est pas tout simplement diffamation ou atteinte à la vie privée. Bref, être une femme dans le sport ce n’est pas une sine cure

L’important c’est de participer 

L’esprit Coubertin, si cher à la République dite universaliste où personne ne voit les couleurs, n’empêche apparemment pas de voir les voiles. L’important c’est de participer, mais à condition d’être cheveux au vent, d’adopter les codes sexistes de la domination masculine.

A croire que le sport est un monde gangréné par les représentations toxiques et la culture du viol. Faire du sport en tant que femme ou perçue comme telle, c’est nécessairement pour exciter ces messieurs ? Faire de l’audience en montrant ses fesses? C’est Instagram en fait, les JO ? Désolée, nous n’avions pas saisi… 

En somme, l’important c’est de participer à condition d’être une femme qui rentre dans les bonnes cases, se plie aux diktats de ces messieurs. Autrement dit, l’important c’est de participer à la domination masculine, sinon merci de revenir dans 4 ans… En même temps, à voir les efforts fournis par la Chine pour se donner les atours d’une démocratie pour les JO, force est d’admettre que la cohérence éthique n’étouffe pas le comité olympique… 

Sauf que la jeune femme de 25 ans tuée pendant la partie de chasse n’avait pas choisi d’y participer, elle, au jeu. Nous y voilà donc. La chasse est considérée comme un sport, un jeu, une partie (à ne pas confondre avec la surprise party, quoique). Un jeu, un truc drôle où des gens sont tués, mais pour le fun. Y a rien qui choque là?  

C’est pas call of duty. Mais autant les jeux vidéos c’est mal, autant là, ça passe crème. Des personnes réelles se font tuées en live mais ça reste un “jeu” autorisé et c’est même les non joueurs qui devraient faire plus attention aux joueurs et non l’inverse. Ça parle de “balle perdue” et “d’accident de chasse” dans les journaux, pas d’homicide involontaire… Etrange… Imaginons une seconde la situation où une hijabeuse aurait tiré sur un chasseur “par accident”… 

Un esprit sain dans un corps sain

Ce que ces deux récents exemples illustrent très bien, chacun à leur manière, c’est combien le monde du sport est sexiste et empreint de domination masculine. Les femmes n’y sont admises qu’à condition de venir exciter le Chalon ou au contraire ne pas trop le déranger dans sa sexualité. La randonneuse s’est pris une balle perdue, alors même qu’elle cherchait à prendre l’air avec son amoureux. Ce n’est pas la faute du sport bien sûr. 

Rien ne choque quant à l’idée que des groupes d’humains se baladent en forêt en quête de quelqu’un à tuer. D’autant qu’il y a des “accidents” de la sorte tous les ans, voir fréquemment et que toute personne vivant près d’une forêt est terrorisée à l’idée de s’y balader lors des périodes de chasse. Pourtant, ils ne sont pas qualifiés de terroristes ces chasseurs. Non, ce sont même des amoureux de la nature il paraît.

Donc tuer, piller, détruire, c’est un sport comme un autre. En revanche, des femmes qui veulent faire du foot avec leur foulard, là, c’est contre nature… Déjà le football féminin pour Finkelkraut par exemple, c’est inintéressant, tout comme la boxe ou le rugby d’après lui. Et puis les femmes sont mieux à faire autre chose qu’à s’occuper de sport.

Qu’elles s’occupent un peu de leur corps pour que celui-ci continue surtout de correspondre aux diktats et aux désidératas de ces messieurs. Ni trop musclé, ni pas assez (juste de la salle de sport pour se faire harceler, mais n’apprenez pas trop à vous défendre mesdames, cela risquerait de porter préjudice à ces messieurs), ni trop sexy, ni trop couvert, bref comme ILS nous veulent.

Le monde du sport : un octogone sans règles pour les femmes

Car finalement, n’est-ce pas ça le fond du problème ? Les hommes acceptent encore les femmes dans le sport à condition qu’elles soient là pour eux, qu’elles se confortent à leurs attentes, leurs diktats, leurs exigences. Que ce soit dans le sport comme dans le reste de la société le sexisme s’interroge, se questionne, se déconstruit.

La chasse est le sport ultime de la domination masculine et bourgeoise. Domination de l’homme sur son environnement, domination de l’humain sur l’animal, domination de la vue sur les autres sens, domination de l’esprit sur le corps, des hommes sur les femmes.

Les femmes ou les personnes perçues comme telles, comme les hommes, ont des corps, mais ne sont pas des corps. Elles peuvent disposer comme ELLES le souhaitent de leur corps, l’habiller ou non, le voiler ou le dévoiler selon leur propre code, leur propre règle. Nos corps sont notre identité, notre entiereté, le sanctuaire de notre dignité. C’est à travers nos corps que nous existons, agissons, donnons à voir qui nous sommes.

Nos corps nous racontent dans leurs failles autant que dans leurs forces. Ils nous définissent en tant qu’ils sont notre vie anatomique traversée par notre vie psychique. Ce ne sont pas des machines, ni des véhicules. Ils sont la chaire notre existence.

Loin de chercher à les dominer, les mater et les formater, il s’agit au contraire de les laisser être et de les valoriser ces corps dans toutes les formes et dans toutes les réalisations. N’est-ce pas Yseult ?

Voilà pourquoi pour parler de sport à HIYA! Et notamment de MMA, c’est vers une femme que nous nous sommes tourné.es. Une boxeuse, une journaliste, bref une femme complète qui ne doit rien à personne.

Histoire de changer la donne une fois de plus et démontrer par l’exemple que les femmes sont, existent, même aux côtés des hommes, même dans ces mondes masculins. 

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