pixel
Now Reading
Ô toi, homme blanc de plus ou moins 50 ans !

Ô toi, homme blanc de plus ou moins 50 ans !

Face au déferlement d’insultes à caractère sexistes sur le net en cette période de campagne, comment rester de marbre? Perso, j’ai pas réussi. Parce qu’il est temps de ne plus rien laisser passer. Petite réponse à lire et écouter pour qui se croit tout permis.

Ô toi qui considères normal de tacler les femmes sur leur physique. Toi qui aimes les traiter de mal coiffées, mal habillées, tristes, pas sexy ou encore, la dernière en date de « ménopausées ». Waouh, quelle insulte ! Quel niveau de vocabulaire tu as ! Toi qui as pourtant fait de hautes études, passé de grands concours, tu nous démontres l’étendue de ton ignorance crasse !

Donc autant te le dire de suite, c’est sexiste. Cela a nom maintenant : mansplaining. Oui, oui, tu ne sais pas toujours mieux que tout le monde. Ton avis n’est pas le seul qui vaille, je te le dis sans faille. C’est sexiste de faire des réflexions sur le faciès pas assez sexy ou fermé de Greta Thunberg (elle a 17 ans, c’est quoi ton délire ?), sur les cheveux gris de Sandrine Rousseau (et ta calvitie, on en parle ?). De même que de rire des robes à fleurs de Cécile Dufflot ou de la coiffure de Sibeth N’Daye. Ecoute Ossem plutôt, « pas une reine, mais une warrior ». Comme toutes les femmes qui s’engagent aujourd’hui, qui s’exposent. Qu’elles te plaisent ou non, on s’en bat les seins.

Oui, toi qui te penses progressiste parce que tu as deux femmes et deux noirs dans ton équipe, sans jamais préciser quels sont leurs postes réels. Ca se sait que tu les utilises comme faire valoir d’une démarche dont tu es seul à être dupe.

Tu dis agir pour la « diversité » et « l’inclusivité », mais continue de penser que les sujets « sérieux » et « intellectuels » doivent être réservés aux hommes. Tu penses si fort que le pouvoir est mieux dans des mains masculines que, même quand tu affiches le contraire, tu mets en place des stratégies pour mettre les femmes en échec. Nous rions de tes déclarations d’intention, nous voulons des actes, des vrais, comme Doria dans son album Depuis le départ. Aucune de nous ne veut être réduite à sa condition. Merci.

Il ne suffit pas de se dire féministe pour l’être. C’est un trajet, une démarche, un parcours. Cela suppose de se décentrer de sa masculinité, de sortir de son privilège – et pour cela, le reconnaître. C’est cesser de considérer les compétences d’une femme à l’aune de sa désirabilité, de voir en elle, gentillesse et dévouement. Elles sont tout aussi capables que toi de décider, d’évaluer, de développer. Pour elles aussi, « gentil, ce n’est pas un métier ». En tout cas, ça ne paye pas les factures.

Elles ne te doivent rien, même si tu leur offre une promotion, tu n’es pas leur messie. TU leur dois le même niveau d’exigence qu’à tes collaborateurs masculins, car ton « indulgence » apparente à l’égard de certaines est condescendance réelle. Pour rappel, nous pouvons tout avoir, « la tête, les fesses et la moula ». N’est-ce pas Meryl ? (Coucou sur la mixtape Le jour avant Caviar).

Encore, quand une femme prend la parole en public, ce n’est pas pour t’exciter. Pire, elle s’en fout totalement de ton désir que tu prends pour la jauge ultime. Elle s’habille pour se couvrir d’abord (et oui, en hiver, il fait froid), parce que c’est aussi un code social légiféré de ne pas sortir nue. Donc non, ce n’est pas pour te plaire qu’elle s’habille, mais pour éviter de tomber malade. Si elle n’est pas à ton goût (trop couverte ou pas assez), très honnêtement, on s’en bat les ovaires. Elle n’a pas à être disposée ou disponible pour toi.

Tiens écoutes ce qu’en disait Chilla il y a déjà quatre ans.

Saches aussi que l’admiration que peut avoir une femme pour toi ne dit rien de son désir pour toi (et oui, c’est deux choses différentes) et que cela ne te donne AUCUN droit sur elle. Qu’elle vienne à tes concerts, te parle ou te suive ne la rend jamais responsable de tes crimes.

Enfin, dis-toi que les femmes ne sont pas le pendant des hommes. Elles n’ont pas vocation à te révéler, te chérir, te valoriser. Rien ne bougera tant que tu continueras à te gargariser sur l’idée que les femmes agissent et pensent uniquement par rapport à toi. Alors face à toutes les attaques, d’où qu’elles viennent, même de toi qui te penses au-dessus de tout soupçons, « on se lève et on s’casse » et ce Jusqu’à la mort comme le dit Le Juiice dans son dernier titre sorti le 17 septembre.

Scroll To Top