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Interview de l’artiste Yescka “Guerrilla Art”

Interview de l’artiste Yescka “Guerrilla Art”

L’artiste révolutionnaire mexicain répond à nos questions :

Quelle est ta formation artistique ?
J’ai étudié quatre ans à l’école des Beaux Arts de Oaxaca, ma ville, au Mexique.

Pourquoi as-tu fait du graffiti et qu’est-ce qui t’a amené au pochoir?
Comment choisis-tu tes sujets ?

J’étais un graffeur illégal, tendance « wildstyle » et « throw up» pendant plusieurs années. En 2006, il y eu une grève populaire très importante dans l’état de Oaxaca. J’ai alors commencé à utiliser le pochoir parce qu’il fallait que je témoigne des événements qui se produisaient sur place. Je me suis servi de cette technique pour dénoncer les abus, les assassinats et tous les problèmes qui ont émergés de ce conflit.
C’est à partir de ce moment-là que j’ai réalisé le pouvoir que pouvait produire une image porteuse d’un message et que j’ai apprécié cette technique.

Quels sont les artistes qui t’ont influencé ?
Au début, ce sont les camarades du collectif ASARO avec lesquels j’ai travaillé, le travail du muraliste mexicain David Alfaro Siqueiros et, bien évidemment, j’ai été super inspiré par le travail de Banksy.

Certains te surnomment le « Banksy mexicain », tu peux nous dire ce que tu en penses ?
C’est un véritable honneur de me comparer à lui mais pour moi, Banksy est presque plus un mouvement, une façon d’envisager l’art, une autre façon d’exprimer une critique en donnant un vrai pouvoir à une image ; c’est comme une langue. Je crois qu’il existe beaucoup de Banksy à travers le monde.

Comment t’est venue l’idée de ton Zapata punk et de ta Frida punk ?
Est-ce que c’est une manière pour toi de revivre un certain style que tu as vécu à un moment donné de ta vie ?

Pour moi, le punk est un mouvement contemporain qui exprime une rébellion, et mettre un mohawk à certaines figures iconiques qui ont été représentatives de la liberté, c’est une façon de les faire revivre et de rendre hommage à leurs luttes.

Tes interventions artistiques se font la nuit, dans la rue, seul ou en bandes
Organisées… As-tu des anecdotes personnelles à nous raconter ?
Parfois, je suis seul et parfois avec mon collectif.
J’ai beaucoup d’anecdotes. Je m’en souviens d’une, le soir où on a voulu faire un pochoir en centre ville. Il était tellement grand qu’on devait utiliser une échelle et c’est moi qui suis monté.
J’ai commencé à peindre, je me suis pris les pieds dedans et, bien sûr, je suis tombé. La police, qui était dans le coin m’a vu, et quand ils m’ont demandé ce que je faisais, je leur ai dit que le gouvernement m’avait engagé pour coller une image pour les fêtes religieuses ; bien-sûr, c’était faux. Le temps que mes camarades ramassent tout le matériel, la police a commencé à douter de ce que nous faisions, j’ai sauté sur la camionnette avec mon épaule en miettes, on a filé mais on s’est fait coursé par plusieurs patrouilles et ils ont fini par nous rattraper. Ils nous ont quand même laissé partir parce qu’on n’avait pas encore pu peindre quoi que ce soit. J’ai eu mal à l’épaule encore quelques jours.

Tu peux nous parler de “Guerrilla Art” ? Comment ça a vu le jour ?
“Guerrilla Art” est un concept auquel je fais référence comme un art radical, de conscience, pour avoir une structure et une discipline qui arrive à un objectif, faire de l’art dans le but de générer un message.

L’art te permet de voyager à travers le monde ; tu peux nous parler d’un de tes projets qui t’a le plus marqué à l’étranger ?
J’adore faire des projets artistiques, n’importe où. En fait, je n’ai pas un lieu de prédilection mais ce que j’aime surtout, c’est que, là où je fais des interventions, les gens comprennent mon message, même si on ne parle pas la même langue ; je pense que l’art est universel quand le message a du sens.

Tu collabores souvent avec des marques de mezcal ; c’est important pour toi de mélanger l’art et les spécialités de la culture mexicaine ? Pourquoi ?
Je considère que mon art est adaptable, je n’aime pas refraindre ma liberté de création et si je peux faire un maximum de choses qui ont un lien avec ma manière de pensée, je n’hésite pas une seconde.

Comment tu vois la scène du street Art à Oaxaca ?
Elle se porte très bien ; je crois que l’art de rue à Oaxaca a définitivement beaucoup à apporter, il est multiple et très intéressant.

Où peut-on acheter tes créations et tes goodies ?
On peut trouver mon travail sur mon site www.yeska.com ou sur mes réseaux sociaux.

https://www.facebook.com/yescka_art-102521451218381

https://www.instagram.com/yescka_art/

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