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En plein dans le PAF – Part. 1

En plein dans le PAF – Part. 1

A l’occasion de la sortie de la série Or Noir, saison 2 sur 6 play ce 24 septembre, un petit tour d’horizon de la manière dont les acteurs HipHop ont envahit notre champ audiovisuel s’impose. Comment petits et grands écrans s’arrachent les grands noms du rapgame ? Pourquoi tant d’amour entre eux?

Après 18 mois de restrictions, de surveillance et d’injonctions paradoxales, l’heure est au divertissement. Sauf que ce dernier n’est jamais anodin, toujours révélateur d’une époque. Sur la toile, une série improvisée par un rappeur l’oppose aux stars de la téléréalité. Au-delà de la dimension pathétique de ces « clashs » (NDLR Le clash dans le HipHop a une fonction d’émulation réciproque, appelle au dépassement artistique de son adversaire et non à sa destruction), ils révèlent combien la raposphère s’éloigne de son socle fondateur pour s’enfoncer dans les affres des débâcles médiatiques.

On pourrait s’arrêter là, le déplorer et fermer l’ordi. Sauf que cela serait réducteur, trop facile. Cela n’est que la face émergée d’un iceberg vers lequel, il est encore possible de ne pas foncer. Exister médiatiquement n’induit pas forcément de céder aux sirènes du marché de l’influence, surtout quand le genre en question s’arroge les plus grandes parts de marché du secteur.

A l’instar de la série documentaire HipHop Evolution de et avec Shad Kabongo, gratifiée d’un Peabody et d’un Emy awards, Arte avait proposé en 2019 des documentaires sur le HipHop en France (French Game, la vraie histoire du H.I.P.H.O.P, Paris 8 – la Fac HipHop, le rap s’engage…) qui permettaient déjà de se faire une idée de la vivacité du mouvement et de sa richesse.

Présent par petites touches depuis 1984, le HipHop envahit aujourd’hui nos écrans. Longtemps cantonné au petit bain, car entendu comme une culture « jeunesse », pas très sérieuse, avec son lot de condescendance et de mépris de classe, les acteurices du HipHop sont désormais incontournables. La plupart ont développé des compétences réelles en termes d’imagerie, de réalisation, de proposition artistique visuelle ou sonore, tout en incarnant la force vive d’un paysage audiovisuel en rupture avec son public. Iels sonnent plus vrais, plus justes, sans se réduire à des « rôles de composition ».

Fianso a foulé les planches d’Avignon avec Gatsby le magnifique, en 2019, joué dans la série Canal + Les sauvages, prépare plusieurs films et vient de coproduire « Nous étions des Légendes », créée par Mounir Benali. Cet hyperactif fait aussi sa rentrée avec Ouais Igo annonçant la bande originale d’Or Noir ce 3 septembre. Inaugurant la saison 2 de la série, diffusée sur 6 Play dès le 24 septembre, le titre s’inspire directement des scènes tournées. Pas d’égotrips ici, que de la mise en valeur du propos des scénaristes.

Mêlant ses talents d’acteurs et de rappeurs, il participe à démontrer que le HipHop n’est pas qu’un divertissement, mais permet de développer de réelles compétences qui peuvent s’exporter et se valoriser ailleurs que dans son game. C’est aussi ce qu’incarne l’équipe aux manettes de la série, Black Vision, initialement réalisateurs de clips de rap. Pour cette deuxième saison, dans le sillon de Fianso, ce sont des noms tels que Lacrim, Youssoupha, Koba LaD, Guy2Bezbar, Leto, Sadek ou Franglish en passant par Zamdane, Frenetik ou Nahir (impossible de tous les nommer, il y a 24 tracks) qui viennent apporter leur pierre à l’édifice de cette BO réalisée par l’équipe de PLR Music.

Via Or Noir, c’est bien la manière dont les acteurices HipHop sont devenu.e.s des incoutournables du PAF qui est en jeu. L’audiovisuel français ne peut plus faire sans, au risque de passer à côté de son public. To be continued…

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