pixel
Now Reading
La Vie en Prose : Assis sur un banc…

La Vie en Prose : Assis sur un banc…

Un puzzle de mots et de pensées inspirés du film documentaire événement « Clasher l’ennui » disponible sur Youtube.

Film documentaire produit par Fik’s Niavo (Kartier Général) et Les Gros Sourcils, écrit et réalisé par Yveline Ruaud.

Photo prise par Mattea Pagani S/o Gloup’s, Hamz et Boub’s.

Là où les bus sont allergiques à la neige,
Là où les stups ont remplacé la pharmacienne,
Là où les larmes ne se confient qu’à la pleine-lune,
Où les amis d’enfance deviennent des « nums » qu’on appelle plus…
Là où la juge n’a plus besoin de preuves tangibles !
Vu l’épaisseur des murs, les voisins se partagent les angines,
On s’appelle frangin ou frangine, peu importe les origines,
Les pieds dans le ciment, et les mains dans le tajine,
Quand l’espoir s’amincit, le jour d’après reste une promesse,
Quand le ciel s’assombrit, les étoiles scintillent dans nos « tess ».
Assis sur un banc le temps s’écoule, comme chacun sait la cité c’est…
La débrouille !

On mange des coups, loin de leur régime Dukan,
Et pour recoudre nos plaies on a que les aiguilles du temps !
Ma ville a des carries, personne n’a le dentifrice.
Je ne vois que des gens qui fuient, le centre-ville se gentrifie !
Ils disent qu’on amplifie, que ceux qui le veulent changent d’adresse,
Ils ne voient pas le sang par terre à la lumière des lampadaires,
Mais pour les gens d’ici qui ont grandi dans la dèche,
On sait que les petites victoires peuvent mener aux grandes carrières !
Ils ont détruit nos bâtiments pour faire le bonheur des bavards,
Imaginez nos sentiments, en sentant l’odeur des gravats.
Assis sur un banc le temps défile comme chacun sait la cité c’est…
Une terre d’exil !


On tient aux branches mais on connait nos racines,
On se méfie de vos zones franches et plaques commémoratives,
Le cul entre deux chaises, le cœur entre deux bleds !
L’amour rend aveugle et peut briser un œil de verre.
Vous pouvez faire semblant mais vous ne ferez plus jamais sans « nous ».
Un conseil soyez doux n’aboyer pas devant des loups !
On aurait pu sortir les armes mais on a dégainé nos styles,
Pour qu’une terre hostile puisse cultiver les champs des possibles…
Une fois libéré on a pu captiver notre auditoire,
Mais pour qu’elle reste intacte il fallait graver notre histoire.
Assis sur un banc le temps est nôtre comme chacun sait la cité c’est…
Le poison ou l’antidote !

Scroll To Top