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Macron et le piège du séparatisme islamique

Macron et le piège du séparatisme islamique

Les déclarations surréalistes sur le séparatisme ou l’ensauvagement n’ont jamais eu le moindre effet sur la réalité, sinon celui d’attiser les peurs et les rancœurs. C’est aux nouvelles générations qu’il faut passer la main pour sortir des polémiques stériles et dépassées.

Bonjour à vous tou.te.s, nous n’allons pas tomber dans le piège tendu par Emmanuel Macron sur le séparatisme islamique qui mettrait en danger la République. Cette problématique sur laquelle les esprits se focalisent ne reflète pas la réalité des quartiers ni leur diversité. Les réponses du gouvernement sont théâtrales. On restreint la liberté de tous pour lutter contre les actes graves d’une extrême minorité. L’équilibre revendiqué par M. Macron dans son discours des Mureaux (Yvelines), le 2 octobre, entre un volet répressif et un volet social est passé à la trappe. Il est désormais impossible dénoncer les amalgames entre l’idéologie fanatique et la religion musulmane sans se faire traiter « d’islamo-gauchiste ». Le ministre de l’Intérieur n’est pas en reste lorsqu’en toute conscience il attise les peurs avec des déclarations surréalistes sur l’ensauvagement des quartiers. Des prises de position qui n’ont jamais eu le moindre effet sur la réalité, sinon celles d’attiser les rancœurs et de réjouir les experts sur les plateaux de Cnews de BFMTV. La diminution de la liberté des citoyens n’a jamais favorisé la sécurité. Nous connaissons par cœur les désastres que provoquent un tel manque de dignité, et pourtant inlassablement l’exercice est repris par tous les gouvernements. L’ensauvagement, comme en 2008, n’est-il pas aujourd’hui du côté de la finance et des institutions qui risquent par avidité et/ou incompétences de nous plonger dans un chaos économique et financier ? 

Quand Assa Traoré réunit 20 000 personnes de toutes les couleurs, les âges, les genres pour s’opposer aux violences policières, quand elle parcourt les villages de France pour expliquer comment son frère est mort et pourquoi il faut se dresser contre l’exclusion et la violence, quand elle parle des valeurs de notre République qui lui sont chères – la liberté, l’égalité, l’accès au droit et à la justice pour tous et non pas pour certains individus et certains lieux –, elle donne l’exemple de cette volonté à sortir de l’isolement par le haut sans passer par la stigmatisation ni l’exploitation de la peur. De quoi faire pâlir le ministre de l’Intérieur. 

Heureusement de nouvelles générations se font entendre au-delà des débats qui agitent les couloirs de nos institutions et des pages de nos médias. Leurs préoccupations sont ailleurs car elles savent qu’elles auront à payer la note laissée par leurs aînés : le réchauffement climatique, les dettes publiques abyssales, sans pour autant tomber dans le pessimisme ni le repli. Dans un monde marqué par les inégalités croissantes, la solidarité n’est plus une option mais un impératif, ces générations refusent en bloc un monde fondé sur des valeurs de prédation où les sociétés se délitent. Elles ont conscience pour survivre de la nécessité de construire un monde plus juste, plus solidaire, plus créatif.

Ces générations sont celles de George Floyd/GretaThunberg/Assa Traoré/#metoo/Tik Tok/Billie Elish/Alexandra Casio Cortez, qui ont intégré l’obsolescence de leurs aînés, leur incompréhension des véritables enjeux d’une société qui a pris sur eux une longueur d’avance alors qu’ils construisaient de pseudo carrières dans des écoles prestigieuses mais obsolètes. Des génération « orphelines » qui bâtissent le futur en inventant de nouvelles formes de « vivre ensemble ». C’est à ces générations qu’il faut passer la main pour inventer un futur acceptable et laisser les acteurs en place se débattre dans des polémiques stériles et dépassées sur le séparatisme ou l’ensauvagement.

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