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Bond True Love, rêve ou réalité ?

Bond True Love, rêve ou réalité ?

Bond True Love réalise de surprenants murs à la lissière du mythe.

Salut Bond, tu as commencé à écrire en 2002, peux-tu nous dire comment tu as commencé, avec qui ?

Quelques gars de mon école et moi, on formait un crew, on a dégommé la rue. On a été attrapé quelques fois. On a fondé un nouveau crew et ainsi de suite.

Pourquoi avoir choisit Bond ?

BO : ND 197, c’est une plaque d’immatriculation. J’ai pensé que c’était un nom sympa à peindre et depuis je suis bloqué avec ça. Je trouve ça assez stupide maintenant, tout le monde m’appelle James. Alors j’ai changé pour Trueluv qui représente mes deux amours, le graffiti et l’art en général.

Avais-tu un autre nom avant ?

Beaucoup.

Tu as étudié l’anthropologie et fais de la peinture, quel diplôme as-tu obtenu et comment expliques-tu ta bifurcation de l’anthropologie à l’art pour devenir enfin artiste peintre ?

J’ai toujours peins pendant mes études mais je n’ai jamais pensé pouvoir en vivre. Souvent je suis allé à l’université et ça semblait dommage d’abandonner. D’habitude je termine ce que je débute. Mon Master c’est mon plan b si un jour j’ai besoin d’avoir un job normal.

Est-ce ta formation d’anthropologue influe sur ton travail de peintre ?

Ben ça m’a fait voyager souvent à travers le Sud Est de l’Asie. J’ai choisi l’Inde pour étudier. J’ai fait des aller-retour pendant des années, du Nord au Sud. Et le reste de l’Asie du Sud Est.

Pourquoi choisir Yogjakarta pour étudier la peinture ?

Il y a avait une bourse disponible. Niveau Graffiti le pays a quelque de spécial. Ailleurs dans le monde je n’avais jamais vu ça.Presque tous les mètres carrés des structures urbaines sont couverts de tags style toy faits par des gangs d’écoliers juste comme avant le jeu du marquage de territoire. C’est assez ridicule :)Yogyakarta est une des rares villes à être gouvernée par un sultan qui a déclaré le graffiti légal puisqu’il aimait ça.La ville abrite l’une des scènes artistiques la plus énergique du Sud Est asiatique et aussi une célèbre université artistique (ISI). Il va de soi que la créativité des étudiants se disperse dans les rues et Yogja a une scène de writers actifs et très talentueux qui produisent constamment des nouveaux murs de tous les styles possibles. Cet engouement créatif m’a inspiré et j’ai acquis un scooter pour parcourir les rues et ajouter ma touche.

Quel est ton diplôme as-tu obtenu de cette Université, et qu’est-ce que cela apporte à toi ainsi que ton travail ?

C’est pas vraiment un diplôme puisque je n’y suis allé que durant un semestre et pas vraiment plus. Les profs ne parlaient pas anglais et mon indonésien progressait lentement. Et puis ils venaient en retard pour les cours et ils traitaient les étudiants bizarrement. L’’education est vraiment différente de ce à quoi je suis habitué donc je me suis concentré sur la peinture dehors.

Depuis quand crées-tu ces merveilleux mondes en trois dimensions, qui empruntent à l’écriture, à la figuration, au numérique ?

Un de mes amis s’y connaît très bien en 3D et il m’a montré comment fonctionne le logiciel Blender. C’était vers 2015 et ça m’a guidé vers un nouveau chapitre.

C’est très intéressant parce que si l’art moderne est une séquence d’histoire de l’art où les artistes mettent des éléments du réel dans ces œuvres comme Picasso avec « nature morte à la chaise cannée », et la différence avec l’art contemporain est de faire de l’œuvre avec élément du réel comme Arman par exemple, et l’autre séquence de l’histoire de l’art peut être du street art, où nous réalisons des œuvres d’art sur du réel et nous pouvons imaginer que la future séquence de l’histoire de l’art est de faire de la réalité virtuelle parce que la technologie donne cette nouvelle opportunité, vous sont à la jonction entre deux nouvelles séquences de l’histoire de l’art. Qu’est ce que tu penses de ça ?

Je ne suis pas un historien d’art bien que j’ai des connaissances basiques sur l’art moderne. Depuis toujours je suis septique sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée et comment ces moyens changent la perception humaine en fait c’est loin de la réalité que j’apprécie tant. Mais je dois admettre que les sensations virtuelles de plonger dans une œuvre ça ouvre de multiples possibilités. Je n’ai pas envie de commencer à faire des hypothèses sur le futur de la forme que prendra l’art.

Tu mélanges beaucoup de choses dans tes œuvres, ce qui fait sortir l’écriture de son classicisme, comment s’est-elle organisée dans ta carrière ?

J’ai compris le graffiti comme un mouvement dont tu dois te détacher de la masse et inventer ta propre identité. Depuis que j’ai débuté la peinture tard vers 2004, beaucoup de choses avaient été faites et la culture était bouillonnante. J’ai trouvé que pour créer quelque chose de nouveau, il faut s’inspirer de plusieurs styles et les mettre en commun. Mixer de nouveau les choses c’est un bon moyen de sortir de sa zone de confort pour peindre du neuf plutôt que refaire sans cesse les mêmes lettres ce qui est normal dans le graffiti classique.

Passes-tu beaucoup de temps à dessiner ?

Oui je suis bien occupé.

Plutôt sur papier ou tablette ?

Je n’ai même pas de tablette. Avant je dessinais sur du papier mais maintenant c’est plus souvent la souris.

Quelles sont vos inspirations ?

Le design moderne, la musique, la pop culture, les jeux vidéos…

Depuis quand exposes-tu tes œuvres ?

Depuis que je peins dehors 🙂

Et en galerie ?

Assez tôt, je dirais 2006. J’ai fait plusieurs expositions dans des lieux dits off, des petits endroits et même des lieux industriels désaffectés. Les vraies galleries c’est venu après vers 2013.

Tu peins et exposes à travers le monde, quel endroit as-tu préféré et pour quoi ?

Là où c’est fiable, où les gens sont ouverts d’esprit et où les endroits pour peindre sont intéressants.

As-tu des histoires intéressantes à raconter sur tes voyages?

Il y a beaucoup d’histoires, trop même et là j’arrive pas à penser à une en particulier. Mais si vous voulez en savoir plus , vous pouvez commander mon livre et d’autres choses via mon site truluv.de.

Quels sont tes prochains projets ?

Je vais peindre un stade de foot dans le Sud de l’Allemagne et après, un mur à Frankfurt.

As-tu un mot pour la fin?
Real eyes see real lies.

Traduit par Sarah Gozzi

Plus de photos : https://www.instagram.com/bondtruluv/?hl=de

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