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En plein dans le PAF – Partie 2

En plein dans le PAF – Partie 2

Pour ce deuxième volet, nous avons rencontré Sam’s, aka Moussa Mansaly, présent sur de nombreux projets audiovisuels ces dernières années et rappeur accompli. L’occasion de revenir avec lui sur l’articulation de ces deux carrières et la porosité entre ces mondes.

Tu es sur la B.O. d’Or Noir sur 6 Play, à l’affiche de Validé saison 2 (en octobre sur Canal +) et du film Miss sur Netflix, tu nous fais du grand remplacement audiovisuel ?

On essaye. (Rire) C’est du grand remplacement malgré moi. À force de bosser, d’être réactif, avec l’alignement des planètes, pas mal de projets se rejoignent à la même période. Sachant qu’on sort du confinement où, notamment dans l’audiovisuel, c’était compliqué de sortir des trucs.

Justement, comment tu expliques cet engouement dans l’audiovisuel français pour le « street » ? Il y avait quelque chose qui manquait ou c’est juste une hype du moment ?

Non, je n’espère pas que ce ne soit qu’une hype. Aujourd’hui, l’urbain est à la une et l’audiovisuel l’a compris. C’est assez logique vu que le rap squatte le haut des charts depuis des années. La génération qui arrive écoute de plus en plus de musique dite urbaine, donc logiquement, ce qu’ils veulent regarder, leur sensibilité, c’est l’urbain à la fois dans les sonorités et dans les images.

Tu fais le lien avec le rap, mais est-ce qu’en tant que rappeur tu penses avoir développé des qualités qui te servent en tant qu’acteur ? Est-ce que faire du rap c’est une bonne école pour l’acting ?

J’ai toujours fait du rap et de l’acting en même temps, depuis les courts métrages « en attendant demain ». Je ne suis pas un acteur qui fait du rap ni un rappeur qui fait de l’acting. Mais ces deux mondes sont étroitement liés. Tu peux t’inspirer de l’un pour nourrir l’autre. Dans le rap, il y a un côté exhibition qui rend l’exercice plus facile devant les caméras. Après il y a des travers, faire un clip ça n’a rien à voir avec un film par exemple. Dans un clip comme dans la photo, tu vas plus te mettre en avant, tu vas surjouer, l’image qui est liée à la musique doit avoir ce côté entertainment, ce côté fantasque. En revanche, dans l’audiovisuel, c’est différent, tu ne développes pas en 3 min ce que tu développes en 1h ou 10 épisodes, c’est plus nuancé.

Dans ta création personnelle, tu fais des ponts entre tes différentes casquettes ?

C’est ça qui me nourrit. Dans mon album je mélange mes expériences cinématographiques, musicales, mes aspirations, ce qui m’entoure. C’est moi sous toutes mes facettes.

Tu scénarises tes albums ? Dans le rap français la question du story-telling, du scénario, des enchaînements c’est une grande histoire d’amour, non ?

Oui, c’est mon ADN. À chaque fois que je fais un album, j’essaie de scénariser un minimum. Vu les mondes dans lesquels je baigne, j’essaie de faire des morceaux qui racontent cet univers complexe de manière plus ou moins abstraite. J’ai toujours préféré les albums qui racontent quelque chose, donc le scénario, j’y met un point d’honneur.

À travers l’expérience de Validé, tu es aussi passé côté directeur artistique, tu y apportes ta pâte HipHop finalement ?

Je ne me suis jamais dit que je voulais être DA (ndlr : Directeur Artistique) ou coordinateur artistique, mais c’est venu par la force des choses. Je pouvais me contenter de filer des contacts, mais pour une fois qu’on avait la chance de parler du milieu HipHop à ce niveau de médiatisation et de moyens, cela ne pouvait pas se faire sans les acteurs du milieu. Il a fallu les convaincre que c’était dans leur intérêt et non celui de telle chaîne ou telle production. Je tenais à ce que ça soit un projet commun.

Comment as-tu repéré Laeti pour prendre le relais d’Hatik ?

Dès la saison 1, Screetch (ndlr : Co-Fondateur de Daymolition) m’en parlait comme d’une pépite. Je l’ai rencontrée une première fois et j’ai ressenti en elle une force brute, malgré sa timidité. J’en ai parlé à Franck Gastambide (ndlr : réalisateur de la série). Nous avons été voir la pièce où elle jouait : Que du sale et nous avons été marqués par ce qu’elle dégageait. Après nous avons travaillé en studio et très vite j’ai vu son authenticité : ce truc spécial qui ne peut pas mentir. Dans le rap, tu peux raconter ce que tu veux, mais faut que ça sorte des tripes.

Elle fréquentait le workflow de Kohndo (NDLR : premier professeur de rap en France) à l’espace Mahalia Jackson dans le 20èmeà Paris, elle a fait plein de petites scènes, des open mics, etc. non ?

Elle rappait pour s’exprimer à la base. Il faut avoir le besoin de dire des choses, même à soi-même. C’est une forme de thérapie, qui demande du courage. Elle a pris le rap à la racine, c’est honorable. Surtout pour une femme, dans la musique, avoir quelqu’un qui est partie de la base pour être là où elle est, c’est hyper fort.

Faire le choix d’une femme pour la deuxième saison de Validé, fallait avoir des ovaires pour le faire non ? Pourquoi ce choix ?

A la fin de la saison 1, tellement de choses avaient déjà été racontées. Chaque saison est un challenge et c’est ce qui apporte ses lettres de noblesse à la série. Depuis le début du rap, la place des femmes est primordiale. Si cela avait été juste un truc de mecs comme le foot, dans les imaginaires, aucun de nous n’en serions là. Même les artistes tiennent la barre grâce aux femmes, même en termes de ventes. Le seul problème, c’est qu’il faut être hyper forte pour exister en tant que femme artiste, alors que pour les hommes, pas besoin d’être extraordinaire.

Pour conclure, tu nous ferais un petit teasing de ton prochain projet ?

Si je devais le pitcher, je dirais que j’ai fait cet album comme j’aurais fait un film. Il y a des feats surprenants, dans des registres tout aussi surprenants. Il est assez éclectique. J’ai pris des risques pour être là où l’on ne m’attend pas, mais tout reste cohérent. Je dirais que c’est un film d’action avec des touches de comédie romantique et de drame.

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