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Black Lines

Black Lines

Cortège de tête des artistes engagés. Fresque percutante en noir et blanc au style sans compromis et aux messages dissidents, Blacklines rayonnent entre Paris et le reste de la France. Itvan a commencé à taguer à 13 ans à Paris. Lask à Sevran dans les années 90. Ils racontent :

Comment a germé l’idée de Black Lines :

 “L’idée de Black lines a germé après avoir peint un mur pendant Nuit Debout en 2016, quai Valmy, représentant l’émeute qui se déroulait sous nos yeux. Quelques heures plus tard le mur a été censuré à la demande de la mairie de Paris. Au mois de mai 2018, pour les cinquante ans de mai 68, on a décidé de lancer un appel à tous les graffeurs engagés pour former comme un cortège de tête de la peinture murale engagée et faire des fresques géantes qui répondraient à l’actualité en temps réel sur les murs les plus visibles. Plus de 150 artistes, pochoiristes, graffeurs, peintres, street-artistes, affichistes ont répondu à l’appel et ont participé.

Pensez-vous que le graffiti peut être récupéré par le pouvoir :

Le graff peut être utilisé par le pouvoir, comme tout, même les émeutes et le virus. Pendant la campagne présidentielle, les services de communication de LREM avaient utilisé le street-art comme élément de communication, en détournant des oeuvres à l’insu de leurs auteurs, faisant croire que plusieurs street-artistes s’étaient engagés spontanément dans la rue pour soutenir le parti LREM. Cela dit, nous pensons que le graffiti a la particularité d’être indomptable. Même si les galeries, les publicités, les salles de vente en sont remplies. Le graffiti est un art qui débordera toujours et ne cessera de faire effraction au réel. 

Pense-tu que l’artiste a un devoir de témoignage et d’expression face aux injustices sociales ou la dérive autoritaire du gouvernement ?

Il y a toujours eu des artistes du pouvoir qui peignaient la gloire des rois, leurs « exploits », leurs conquêtes. Aujourd’hui on les retrouve dans les services de communication, dans la publicité. Heureusement, il y a aussi des artistes dont les œuvres sont un contre-pouvoir, comme Goya et ses gravures de guerre, comme l’avant-garde russe, etc…L’artiste n’a pas seulement un devoir de témoignage, il se doit de créer des visions de l’avenir comme des prédilections et des fois il influe directement sur le futur. Par exemple :11 janvier 2019, quand l’artiste Piotr Pavlenki met le feu à la banque de France. L’image qui nous parvient est comme un rêve éveillé. La vision que nous transmet l’artiste arrive à nous comme un bug dans la matrice. Au cœur même de la matrice, puisqu’il s’agit de la banque de France située sur la place de la Bastille.

Pensez-vous qu’il aurait influencé les événements ?

Oui a sa façon. Un an plus tard il y a eu les gilets jaunes, la haine de la finance et de son monde. “Tout le monde déteste les banques ” en tag sur le LCL, transpalette dans la vitrine du crédit Mutuel, la Société Générale sous des jets de peinture; même tarif pour toute les enseignes financières. Toutes les banques de France sont barricadées d’un bouclier de planches comme si elles savaient très bien ce qu’elles ont à se reprocher

C’est en ce sens que l’œuvre devient le présage de l’embrasement qui suis. L’hiver jaune dont le slogan principal était “justice sociale, justice fiscale ” est le mouvement insurrectionnel français qui se rapproche le plus esthétiquement (ainsi que dans sa forme de lutte des classes), le plus de la révolution française, depuis la Commune. Pavlenki a influencé l’inconscient collectif qui a poussé les mains insurrectionnelles à suivre son incendie artistique. Il qualifie lui-même son oeuvre d’attentat visuel. C’est en ce sens que voulons suivre voix et celles des artiste subversif et prophétique.

Nous voulons que notre œuvre rentre dans le réelle par effraction, aient le plus grand impact visuel et si possible influe sur ceux qui les regardent.

 Les vrais artistes resteront à jamais subversifs, transgressif et libre. Il nous faudra de nouvelles générations d’artistes authentiques dans cette dictature sanitaire mondiale pour créer des espaces encore libres parmi les drones, la reconnaissance faciale, les frontières hermétiques, les confinements punitifs et les systèmes répressifs de plus en plus acérés contre tout ce qui est libre et indompté. Rien d’étonnant à ce que la culture ait été en premier sacrifié dans la “crise ” du Covid par la “République ” ( de Petain?) En marche. Rien d’étonnant non plus à ce que la censure soit devenue normale dans cette même “république”, annonçant l’ombre de ce qui est réellement en marche.

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