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Les débuts de la hype à Paris

Les débuts de la hype à Paris

La culture hip-hop est arrivée à Paris en 1982. Cette première vague s’est terminée en 1984 après l’arrêt de l’émission H.I.P.H.O.P. présentée par Sidney Duteil. Ce fut alors une “traversée du désert” de 1985 à 1989 avant l’arrivée du phénomène hype.

Pour commenter cette « traversée du désert », je donne encore la parole au danseur Junior Almeida qui fut témoin de cette période jusqu’à l’arrivée de la New Jack Swing. La découverte de cette musique et de la danse hype par les français ne comporte pas qu’une seule et même histoire. Chaque personne, chaque danseur a sa propre version de leur rencontre avec ces deux phénomènes. Pour les danseurs de la génération précédente, tel que Junior Almeida, ce nouveau style musical et dansé n’a pas été très bien accueilli.

« En 86, le hip-hop faiblit et les clips vidéo t’enseignaient comment danser. Pas à pas la manière de s’habiller, de se coiffer, tout changeait. Et je me suis dit « ce n’est plus pour moi à présent ». La New Jack Swing arrivait, avec les vidéos de Janet Jackson […] les mouvements étaient différents […]seules les personnes plus jeunes que moi peuvent parler de cette danse qu’ils appelaient le hype.

S’il y a eu quelques avant-gardistes de cette esthétique de danse auparavant mais pour la majorité des danseurs hip-hop parisiens l’événement qui a fait basculer la communauté de danse hip-hop française dans la danse hype est le concert de Big Daddy Kane à l’Elysée Montmartre en décembre 1989.

Des précurseurs comme Patrick Yoe ou Petit Charles avaient déjà côtoyé la hype lors des voyages qu’ils avaient fait en Allemagne où se trouvaient des bases américaines. La présence des Etats-Unis sur le territoire allemand a influencé les boîtes de nuits allemandes qui ont programmé les nouvelles sonorités hip-hop.

Selon Patrick Yoe :

“Les premiers pas de Hype étaient inspiré les rites africains. Le Hype est un mélange de danse africaine, de modern jazz, de hip-hop, de smurf. Les précurseurs en France sont DJ Sponk (ancien producteur des NTM) aka Marc Grémillon […] Le meilleur était MC Jean Gabin. MC Jean Gabin aka Petit Charles, pas si petit que ça! (Rires). Les influences de la Hype viennent donc de toutes ces danses, elle a souvent été dansée debout mais quelques années après on commence à voir quelques passages au sol. Ce qui avantage les danseurs qui ont des bonnes bases. Après la chute du de Berlin, les bases américaines ont fermé et on avait plus de contact avec les américains. Quand ils venaient en France, ils nous prenaient de haut comme si on était de la merde. Il y avait plus d’ampleur en Allemagne. La blonde aux yeux bleus, tu lui mets un Kid N Play et elle commence à te sortir sa hype, tu vois ce que je veux dire? (rires). En France c’était moins riche, je ne voyais pas autant de personnes qui dansaient la hype »

Il y a eu des danseurs comme Patrick Yoe qui, pour s’informer sur la danse hype, ont dû voyager en Allemagne parce qu’ils n’avaient pas de vidéos de danseurs états-uniens. Il existe aussi d’autres parcours comme celui du danseur français Thony Maskotqui, lui afin d’évoluer dans la danse hype, partait à la limite de la frontière belge où se trouvaient également des bases américaines. Ces bases lors des années fin 1980 en Europe, semblaient donc être les lieux où les danseurs français se rassemblaient afin de recueillir des informations. Venir échanger avec les danseurs étrangers (belges, allemands…), notamment les danseurs états-uniens était le meilleur moyen de progresser malgré le manque de vidéos. Plus tard dans les années 1990, les vidéos pour apprendre et travailler les nouvelles tendances deviendront un enjeu capital pour les danseurs hip-hop.

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