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Ysen, un voyage tout en couleur.

Ysen, un voyage tout en couleur.

Au détour d’un train entre la France et le Portugal, nous avons rencontré Ysen, quelque part au centre de l’Espagne, là où il fait chaud et où les réalisations complexes d’Ysen rafraîchissent l’air. Autodidacte comme beaucoup de writers, ses wild styles n’ont rien à envier aux académiciens.

D’où viens-tu ?

Je viens d’un quartier au Sud de Madrid, Leganes en Espagne.

Quel âge as-tu ?

J’ai 39 ans.

Que signifie Ysen ?

C’est le hasard, ça sonne bien pour moi. J’avais 2 tags avant mais c’est celui-là qui est resté. En Espagnol, je l’utilise comme un jeu de mots I-sensato qui veut dire insensé.

Depuis combien de temps es-tu un writer ?

En 1994 je commence à taguer, je rencontre d’autres writers de ma région. Après un certain temps, je commence à faire des lettres simples et je continue à peindre depuis.

Comment as-tu débuté ?

À l’école il y avait déjà un ami qui écrivait son nom partout et mon quartier était plein de tags. C’était l’époque des « flèches ». En peu de temps, j’ai rencontré d’autres personnes qui faisaient la même chose. J’aimais ça. J’ai été happé par la culture Hip-hop.

Pourquoi avoir choisi le writing ?

En réalité, c’est le graffiti qui m’a choisi. J’aurais pu consacré ma vie à faire autre chose mais ça m’a permis d’éviter de mal tourner. Aujourd’hui, je suis dans la gratitude de qui je suis et je continue de faire du writing avec le même enthousiasme que le premier jour.

Est-ce que tu dessinais avant ?

Actuellement je ne dessine pas ni sur papier ni en digital, mon travail ne me laisse pas le temps. Quand j’étais plus jeune, j’étudiais comment les lettres étaient faites. Aujourd’hui, je les imagine dans ma tête et après je les pose directement sur le mur. Ce lapse de temps ou tu fais ton sketch sur le mur c’est le plus sympa, remplir l’espace avec ton style et sortir des trucs cool si possible.

As-tu étudié l’art à l’école ?

Non, je n’ai jamais étudié les Beaux-Arts ou une autre discipline en rapport avec l’art. J’ai tout appris dans la rue grâce aux anciens writers.

Comment tu définis ton style ?

Mon style est simple mais chargé de wild style quand même. J’aime que tu puisses observer les lettres et les cacher avec des flèches et des bâtons, les faire danser.

Qu’est-ce que tu recherches quand tu crée des lettres ?

Je cherche la paix, le sentiment de liberté.

Quelles sont tes inspirations ?

Sans aucun doute, mes amis. Ce sont les vrais rivaux et c’est ça qui me fait progresser, toujours produire mieux.

Peux-tu nous raconter comment le writing est arrivé en Espagne et quand ?

Au début des années 80, il y avait beaucoup de règles dans le graffiti et même avant, on trouvait les tags des punks. Ça n’a pas débuté avec le style de New York, il est venu après. Parmi tout ça, le writer MUELLE a changé le jeu et tout a explosé. Le graffiti a évolué. Quand j’ai débuté tout jeune, le sud de Madrid était déjà plein de graffiti et aujourd’hui beaucoup sont encore actifs. Je vous recommande le livre « FIRMAS, MUROS Y BOTES » de Felipe Galvez qui parle de ça. Ce livre c’est comme la bible de notre ville.

Peux-tu nous dire où en est la scène graffiti à Madrid et en Espagne ?

Actuellement pour moi c’est le meilleur moment, on a une large variété de styles. Tout dépend où tu es, mais tu peux te faire surprendre par des nouveaux writers inconnus des réseaux sociaux. Tu peux facilement trouver l’ancien et le nouveau style moderne.

Comment les autorités perçoivent-elles le graffiti à Madrid et en Espagne ?

C’est une question compliquée. Ça dépend aussi de ce que tu peins. Plus ta pièce ressemble à du street art, et plus c’est apprécié. Le graffiti vandal est toujours persécuté et non apprécié.

Comment les gens voient-ils le graffiti ?

La scène vandale, c’est toujours horrible pour eux, hahaha ; mais petit à petit les gros murs de graffiti trouvent des places et sont mieux acceptés.

Est-ce que tu as une anecdote à nous raconter ?

Oui quand j’étais enfant, je volais du matériel pour faire mes tags. Mais après toutes ces années et les voyages, je sais pas quoi raconter! Chaque escapade est une surprise.

Est-ce que tu as des projets ?

Pas pour l’instant mais j’ai de plus en plus de temps libre … restez connectés.

As-tu un mot particulier pour terminer ?

Oui. Le graffiti c’est des lettres. N’oubliez pas ça. Alors redonnons aux lettres leur noblesse. Peace.

Plus de potos ici : https://www.instagram.com/ysensato/?hl=de

Traduction par Sarah Gozzi.

Crédit Photo : Ysen.

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