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Yin Hiya #2 : Nous sommes solidaires

Yin Hiya #2 : Nous sommes solidaires

Un mois jour pour jour avant la débauche de consommation de Noël, 27 personnes exilées sont mortes dans la Manche. Face aux industries mortifères qui contraignent des populations à quitter leurs terres, face à l’ultra violence des frontières à Calais et ailleurs, nous sommes, et décidons de rester, solidaires.

Pendant que nous étions occupés à vomir le mur de la honte de Trump, Calais a enfanté 50km de barbelés. Ils n’ont pas seulement pour but de matérialiser la frontière et d’interdire le passage vers l’Angleterre, mais aussi d’empêcher l’installation. S’accompagnant de dévégétalisation forcenée malgré l’urgence climatique qui nécessiterait le contraire, ils sont installés autour des parcs, sous les ponts, sur tous les espaces publics susceptibles d’abriter, dans une tentative d’éradiquer toute solidarité avec les exilés.

Des murs meurtriers, qui rapportent gros

Véritable manne pour les multinationales de la sécurité, devenue un des secteurs les plus rentables. Lorsqu’on tue des personnes, le capitalisme n’est jamais loin. Ici, quand ce n’est pas le gouvernement britannique qui finance, c’est Total qui s’y colle. A défaut de pouvoir gérer les flux migratoires qu’elles engendrent à coup de vente d’armes et positions politico-militaires, les autorités gèrent leur image de la gestion des flux migratoires.

Dommage collatéral, les voies classiques étant verrouillées, les passeurs proposent massivement des traversées de la Manche en embarcation de fortune. Depuis le naufrage de novembre, la surveillance renforcée avec des hélicoptères n’a pas tari ce flux, elle a juste augmenté d’un cran la dangerosité du voyage. Désormais, au lieu d’attendre les nuits calmes, les passeurs attendent les nuits de brouillard.

Au cœur de cette ultra violence de la frontière, comment vivre en solidarité ?

Etymologiquement, la solidarité nous renvoie à deux concepts. Nous sommes solidaires de fait, par notre essence humaine liée au devenir de notre planète commune. Mais, comme les exilés ci-dessous qui décident d’aider les militaires, comme nombre de calaisiens qui en solidarité avec les exilés, nourrissent, hébergent, chargent les téléphones portables, font la grève de la faim pour alerter les pouvoir publics, nous pouvons aussi être solidaires par choix. Nous décidons de nous lier à d’autres individus ou entités afin de mutualiser nos forces.

Pour contrer la bollorisation de la société qui vise par le biais des mass médias à tuer tout sens de l’empathie pour obtenir des individus incapables de s’unir pour résister, le yoga nous invite à conjuguer les deux aspects de la solidarité :

  • conscientiser la solidarité de fait, notre appartenance à un Tout,
  • agir concrètement en solidarité volontaire, pour le bien d’autrui, que nous reconnaissons comme notre bien commun, dans une égalité radicale.

Incarner l’engagement

En Occident, la vision dominante du yoga réside dans la seule pratique des asanas, les postures. Mais les Yogas Sutras de Patanjali nous décrivent la pratique physique comme une infime partie de la vie yogique. Ils nous enseignent que l’essentiel réside dans l’engagement en dehors du tapis.

Cet engagement, c’est ce qui préside aux actions de notre yogini du mois, Inès Bloch, fondatrice du studio Omji. Pour cette chronique, plutôt que de nous proposer une pratique d’asana, elle nous invite à nous impliquer sur le terrain, où elle-même œuvre aux côtés des mineurs isolés, avec Les Midis du Mie.

Faisons sauter les murs !

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