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Maka, faire du rap pour quitter la Rue

Maka, faire du rap pour quitter la Rue

Originaire de Liège en Belgique, Maka rappe depuis 2013. Comme beaucoup de sa génération, il grandit au milieu du rap et se tourne vers lui jeune et naturellement. La vingtaine désormais fraîchement passée, il a sorti en ce début d’année 2022, un EP Sortez les couverts, vol.1. Focus sur Maka pour qui faire du rap est une manière de quitter la rue.

Les 1ères rencontres avec le rap

Influencé par les grands de son quartier qu’il regardait rapper, Maka a décidé de faire de même. Très vite il réalise que le rap fait parti de lui, le constitue. Une fois lancée, il observe que faire du rap peut aussi être un moyen pour quitter la rue. Un de ses thèmes de prédilection d’ailleurs. Maka découvre donc le rap assez tôt, notamment avec 50 Cent qu’on lui a fait écouter. Il commence à écrire ses 1er textes sous le pseudo BSV, alors qu’il n’a que 13 ans. Après quelques aller-retours en détention alors qu’il est encore mineur , le jeune artiste décide de tuer BSV pour faire naître Maka. Blaze qui fait référence à l’auteur du Prince, Nicolas Machiavel. Pseudo qui fait également écho a un des alias de 2Pac, Makaveli. Quand le jeune rappeur est devenu Maka il est passé selon lui en mode pro, c’est aussi une manière de faire table rase de son passé. Sa vie d’adolescent tumultueuse et sa passion pour le rap le pousseront à sortir Calibré son 1er clip en mars 2020. Suivront d’autres clips en 2021 jusqu’à la sortie de son premier EP début 2022.

La Rue en toile de fond

Dès l’intro de son EP Sortez les couverts, vol.1, le ton est donné : « Livré à moi même, la rue : ma baby-sitter ». La Rue sera un des personnages principaux de ses récits. Elle sera une alliée, une ennemie, un refuge et finalement une entité qu’il faut fuir. Pour mieux saisir cette fuite nécessaire, il décline ainsi tous les aspects liés à la Rue :la bicrave, l’argent, la mort, l’enfermement. Ce qu’il illustre par exemple ainsi : « Des frères sous terre, les barreaux, la pe-stu, la misère, mais qui pourra nous sauver ? » sur La mélodie du drame. Sur le même morceau il se décrit aussi comme ayant le regard d’un gosse tout en étant malhonnête. Il invite ainsi à se méfier des apparences. Il développe aussi l’idée que sa priorité est sa mif : « Poto, j’ai pas l’temps pour tes conneries, j’dois protéger ma mif’ ». La protéger de quoi ? de qui ? De la rue bien sûr. Le jeune rappeur prône donc le fait de quitter ce mode vie, « J’dois m’barrer loin d’ici et oublier la street », tout en gardant en tête qu’il et nécessaire de faire des sous. Même si la Rue l’a baby-sitté le leitmotiv de Maka reste le fait de s’en extirper. Conscient que cette attirance est liée à des manques, il fait le lien avec son histoire familiale :« Papa n’était pas la pour m’éduquer. Il n’y avait que mama », rappe-t-il sur Bénéfice.

La polyvalence comme arme

Maka s’inspire de ce qu’il vit, de ce qu’il voit ainsi que de qu’il entend. Pour habiller ses inspirations, il se balade entre le rap et le chant. Le chant qu’il a hérité de sa mère ancienne chanteuse qui l’a conduit durant son enfance à quelques concours. Le chant fait donc parti de son ADN. Mais Maka maîtrise aussi le rap. Même s’il peut encore progresser ce qui est normal avec un seul projet à son actif et quelques morceaux dehors. Sa participation et son héritage lui donne l’avantage de chanter juste, ce qui n’est pas toujours le cas des jeunes rappeurs. Ainsi, il joue avec les sonorités, via des prods aux textures mélancoliques comme La mélodie du drame ou Calibré. Il utilise aussi l’éventail musicale que le rap met à sa disposition. Ce faisant, il s’autorise à naviguer entre tous les styles de son époque et alterne des instrus couleur UK Drill telles que sur Brigand et des beats à la guitare dominante comme sur Bénéfices. Intro illustre ses capacités, le jeune artiste part sur de flows différents, s’adaptant avec pertinence aux variations de la prod.

Maka fait aussi preuve d’ambition. « J’envisage de grandes choses pour la suite car comme je le dis souvent je veux atteindre le sommet mais je veux le faire pas à pas. Je ne veux griller aucune étape », dit-il. Le jeune rappeur va continuer à rapper cette Rue aux accents mélancoliques dont il veut s’échapper. Mais toujours avec polyvalenceet en continuant de progresser avec la sincérité qui émane de chacun de ses morceaux. À l’avenir Maka nous fera sans doute encore plus voyager, dans son univers et dans cette histoire familiale complexe qu’il relate souvent.

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