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Des Jelly Belly à Londres avec Candie à l’heure du thé.

Des Jelly Belly à Londres avec Candie à l’heure du thé.

Candie peint depuis les années 2000 quelque part entre Londres et le reste du monde. Pourquoi avoir un nom de bonbon quand on est une fille ? La réponse est dans l’interview. Si on lui demande pourquoi peint-elle, elle répond : « Parce que je pense sincèrement que l’art libre est important. L’Art ne doit pas être confiné dans une galerie. L’Art ne doit pas concerner que l’élite.»

Salut, Candie, peux-tu nous dire pourquoi avoir choisi ce nom ?

On m’a donné ce nom. J’ai gaspillé ma jeunesse à faire du skateboard à Southbank à la fin des années 90, début 2000 et j’avais pour habitude de teindre mes cheveux en rose, ça ressemblait un peu à de la barbe à papa. Alors on m’a surnommé Candiegirl et c’est resté. « Candie Bandit » vient du jeu Commodore 64 qui date de 1983.

Est-ce que tu es membre d’un crew ?

Je suis membre du GOT crew depuis 8 ans  www.girlsontopcrew.com. Les filles du crew sont mes meilleures amies, mes partenaires dans tout. Elles sont une source d’inspiration constante.

Peux-tu nous raconter comment tu as débuté ?

J’ai grandi à Brentford à la périphérie de Londres. À l’époque c’était une terre en friche, des immeubles et des usines délabrés sur la Tamise. Quand j’étais plus jeune j’avais peu de choses à faire donc j’ai exploré ces endroits défoncés et j’y ai vu quelques tags. Comme je faisais du skateboard, ça allait de paire avec le graffiti, on avait l’habitude de s’engouffrer dans des lieux lors de nos virées de skates dans la ville. J’ai intégré le crew GOT et là une fois que j’ai eu rencontré des partenaires avec qui faire du writing, c’est devenu une addiction.

Dessinais-tu avant ?

J’ai toujours aimé l’Art et la photographie. J’aime beaucoup la typographie et la calligraphie et la peinture en spray c’est vraiment une matière polyvalente.

Pourquoi avoir choisi le writing ?

J’ai grandi avec des carcasses de voitures peintes de partout, c’était ma toile de fond comme vie de quartier. Le fait d’avoir grandit dans une grande ville, écrire mon nom sur les murs ça a été une manière de dire « regardez moi ». J’ai toujours été attiré par l’aspect anonyme et la confidentialité du graffiti.

Qu’as-tu étudié à l’école ?

J’ai étudié le graphisme et le design interactif à l’université.

Comment les gens et les autorités voient le graffiti ?

C’est illégal. C’est très sévèrement réprimé si tu te fais attraper, je me suis calmée depuis quelques temps, je préfère rester éloigner des ennuis. Il y a des grosses amendes et de la prison en Angleterre, surtout pour le vol de peinture. J’habite à Londres Est, et c’est plutôt tolérant pour le street art mais ça reste illégal.

Avez-vous beaucoup d’endroits pour peindre dans la ville ?

Il y a beaucoup de halls of fame spécialement à Londres Ouest. Certains mieux que d’autres. Au cours de l’été il y a une bonne communauté se retrouvant dans les meilleurs endroits.

La scène artistique est-elle importante dans ta ville ?

La scène artistique à Londres est énorme. Un artiste c’est un petit point dans un océan ici mais la communauté est incroyable. Je me sens bénie d’en faire partie, c’est à la fois ouvert et un peu voyou.

Que recherches-tu lorsque tu crées des lettres ?

Je suis totalement obsédée par les lettres, et je m’efforce toujours de trouver le bon équilibre entre un aspect agressif brut et une élégance sophistiquée. La calligraphie c’est la clé pour moi et je pratique beaucoup, j’utilise des tas de rames de papier pour trouver comment chaque stylo fait une ligne différente. A main levée je suis forte lorsque je fais des caractères gothiques en italiques, mais globalement j’aime tous les styles de lettres.

Quelles sont tes inspirations ?

Tout m’inspire. En termes d’esthétique j’aime beaucoup cette vibe rétro du moment en mode effet vapeur/futuriste. La forme des lettres est très importante pour moi donc les murs sur lesquels je peins, je les choisi en fonction de la taille et des effets que j’intègre en utilisant des bombes. Je fais rarement des esquisses avant de poser sur les murs, c’est beaucoup du freestyle. En fait je travaille sur la forme des lettres et après les couleurs dépendent de ce que j’ai à disposition.

Comment peut-on définir qu’une lettre est bien ou non ?

Pour moi la lettre doit être lisible. Chaque lettre de l’alphabet possède ses propres possibilités qui la caractérise et qui sont uniques. Le jeu c’est de pousser ses possibilités jusqu’à une limite à ne pas franchir avant que ça devienne illisible. Connaître cette limite c’est une compétence véritable.

Est-ce tu vis grâce à ton art ?

Je fais des événements en live mais pas beaucoup. Il y a quelques festivals de graffiti en Angleterre du coup moi et les filles on y va, c’est notre excuse pour être ensemble et peindre en équipe. Pour dire vrai, le graffiti est une activité en dehors de mon travail dans la tech, j’aime bien que les deux soit distinct. Je trouve que quand tu commences à peindre pour quelqu’un, pour de l’argent… tu finis par perdre l’amour que tu as pour le graffiti. Je préfère peindre pour moi-même et pour l’inconnu qui tombe sur mon travail dans la rue.

J’aimerais te poser cette classique question : comment est-ce d’être une femme dans cet univers masculin ?

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment ou disons que je ne vois pas de différence.

Nous vivons dans une société où les femmes doivent être belles et les hommes forts, est-ce que prendre des photos de toi c’est important pour garder ta féminité ou pas du tout ?

Alors, mon nom est féminin c’est évident et j’utilise beaucoup de couleurs dites « girly ». Mais je n’ai pas envie de laisser mon genre me définir. Je veux être reconnue comme étant une bonne artiste et pas seulement bien pour une femme .

Que veux-tu que ton art apporte aux gens ?

En tant qu’artiste issue du graffiti et street artiste, je suis en mesure d’offrir aux passants des murs colorés et vibrants pour le plaisir ; le fait que toi tu sois tombée sur mon travail ça t’as procuré une émotion et ça a mené à une discussion, une interaction. C’est l’essence de l’existence de l’Art. Si pour un bref moment je réussi à faire sourire un étranger, qu’il se souvienne, qu’il grimace, qu’il rigole, qu’il s’extasie, s’arrête et regarde ou qu’il lève les yeux au ciel, j’ai le sentiment que mon travail est accompli.

Est-ce que tu voyages pour peindre ?

Moi et les filles ont essaye de faire nos « vacances bombesques » pour avoir notre dose de plaisirs interdits.

Aimerais-tu dire un mot pour terminer ?

Un gros big up aux membres de mon crew et tous mes amis de la scène graffiti qui font partie intégrante de la vie.

Plus de photos : https://www.instagram.com/candie_bandita/?hl=de

Traduit par Sara Gozzi.

Crédit photos Candie bandie

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