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Storm, la tempête colorée venue du nord

Storm, la tempête colorée venue du nord

Du Danemark à la Corée, il n’y a qu’un billet d’avion. Prennons le temps d’une escale avec Storm qui crée des lettres entre writing, graphisme et réalisme.

Salut Storm, peux-tu nous dire quel âge tu as et d’où viens-tu ?

Je suis né en 1977. Je suis de Copenhague au Danemark et actuellement je suis à Séoul en Corée pour mon art. La première fois que je suis venu ici c’était en 2007, et les possibilités d’être artiste ici également l’Asie du Nord Est et du Sud Est m’ont intéressées. Avant ça, je suis allé à Hong-Kong 6 mois, je continue d’y aller.

Pourquoi choisir la Corée ?

C’était plus un voyage et ça l’est toujours. Pour moi voyager c’est sortir de ma zone de confort, me challenger, trouver des opportunités, pousser mes idées. J’ai eu une petite exposition à la galerie Fifthy Fifthy à Séoul en 2017.J’ai également travaillé avec KBH Kunst galerie à Copenhague. Mais je ne suis pas sûr que ça soit pour moi. J’aime faire des toiles mais peindre dans la rue et sur les murs, ça aura toujours plus d’intérêt pour moi.

Pourquoi choisir Storm ?

Un ami de longue date avec qui je peignais m’a donné ce nom parce que j’avais un tempérament différent dans les années 90. Le fait que Storm soit compris universellement ça le rend plus fort et plus simple pour tout le monde de s’en souvenir et de le prononcer.

Depuis combien de temps fais-tu du writing ?

Vers mes 14 ans j’ai commencé à faire n’importe quoi dans la banlieue de Copenhague. Un nouvel élève dans ma classe m’a introduit au graffiti. C’était avant internet. Du coup j’avais vu peu de graffitis sur les rails et j’ai lu quelques Backspin magazines. Une dizaine d’années plus tard, j’ai vu Subway Art, Beatstreet ou d’autres livres ou films légendaires qui ont une touche biblique pour tant d’autres artistes ailleurs.

Dessinais-tu avant ?

C’est assez drôle mais nous avions des cours de religion à l’école publique, et je dessinais pendant que le prof racontait des histoires. J’ai eu un prof qui m’a encouragé rapidement pour mes dessins.

Quels genre de dessins était-ce ?

C’était des dessins qui revisitaient et interprétaient les histoires du prof en cours. Pour moi c’est juste des histoires, je ne suis pas dans la religion.

Qu’as-tu étudié à l’école ?

J’ai étudié le business. Et j’ai travaillé sur un projet de design d’intérieur. Je n’ai pas étudié l’art mais j’ai toujours eu une passion pour les motifs et les couleurs. Ça m’a toujours influencé. Je suis curieux constamment de ce qui m’entoure et des gens que je rencontre.

Que cherches-tu quand tu créés des lettres ?

La forme des lettres et la typographie c’est important pour moi. De peindre au début des années 90, ça fait que je suis inspiré par des artistes comme Mode2, Delta. Les lettres droites et la 3D ça m’inspire. Être capable de mixer différentes formes pour que ça donne un style mais toujours avoir l’espace pour mettre à nue la structure de base de la lettre, c’est important, tu les connais, ça permet de les re designer. Au début j’étais inspiré par mon environnement local. Je peignais des trains de fret ou alors le train S, ça m’a apporté une vitesse d’exécution pour créer mes lettres qui a inspiré mon style. Mémoriser une esquisse et la reproduire dans un temps court parfois tu dois réadapter ton œuvre selon le support. Donc ça plus le temps que j’ai pour dessiner, résultat ça me donne toujours plus de facilité à créer mes lettres.

Qu’est-ce qu’une bonne lettre pour toi ?

Les lettres doivent être facile à lire pour tout le monde. Connaître la structure et la forme de la lettre c’est important. Donc quand tu ajoutes du style et que tu l’as design, tu dois toujours être capable de la casser et retrouver la forme d’origine.

Comment définirais-tu ton style ?

Je suis inspiré par des lettres classiques, stylé et re désigné par des éléments géométriques et les dégradés de couleurs. Également des vecteurs graphiques et des images pixelisées.

Tu fais des photos de tes lettres avec le contexte urbain ou autre paysage, le contexte est-il important pour toi ?

J’essaie toujours de prendre l’environnement et les alentours pour donner un feeling à la personne qui verra la photo. Peut-être que ça donnera envie aux gens d’aller voir sur place, en vrai. Et puis ça raconte l’histoire de comment ça c’est fait, ça fige l’action.

Qu’est-ce que cela change d’être en Asie du Nord est pour toi ?

Mes lettres ont été influencées par mon environnement, celui dans lequel j’ai grandi, ce que j’ai vu à cette époque. Être en mesure de voyager, ça a clairement influencé mon travail, les rencontres, les autres façons de peindre. Comme j’ai déjà dit, internet ne m’a pas inspiré mais c’est bien de voir en vrai, d’écouter les histoires des gens, ça me maintient en éveil et ça me pousse à être meilleur. En ce moment d’être en Asie du Nord Est ça change beaucoup parce que la culture est vraiment différente mais comme tout est connecté aujourd’hui, il y a toujours des similarités avec ce que tu connais déjà. Les gens ont les mêmes problèmes autour du globe, la culture, la politique, l’environnement.

Quel est ton lien avec l’imagination et la réalité ?

Dans ma vie imaginaire, je donnerais un coup de réalisme et de naturisme à mes œuvres puisque le reste serait imaginaire lol Dans la vie réelle, je crée des images imaginaires qui sont des lettres stylées et dessinées.

Si l’on considère que la couleur peut être une thérapie, mettre de la couleur dans la ville peut-il être considéré comme une chromothérapie dans un environnement perturbé par de nombreux problèmes sociaux et environnementaux ?

Les couleurs c’est thérapeutique pour moi. La peinture a un effet c’est comme la méditation. Peu importe la ville dans laquelle tu habites, tu es exposé à la vue passe des autres dans tous les domaines, politique, l’architecture, la culture .. donc consciemment ou non, tu es affecté.Il y a toujours quelque chose pour t’influencer.Il faut rester vigilant sur la manière dont cela t’influera.

Penses-tu qu’écrire peut modifier autant l’espace que la mentalité des gens et si oui comment le modifie-t-il ?

Sans rentrer dans un débat philosophique, est-ce que ça ne dépendrait pas de la manière dont chacun est capable de comprendre les choses. Moi je modifie selon mes pensées et mes expériences, et toi tu en as d’autres.

As-tu un mot pour la fin ?

Les voyages c’est la vie. La tradition ça aide mais il ne faut pas être effrayé par l’autre et modifier les vieilles règles. Merci pour cette interview, j’ai esquivé ça pendant longtemps. Je te souhaite une belle réussite!

Traduction Sarah Gozzi

Crédit photos Storm

Plus de photos : https://www.instagram.com/storm_ha/?hl=de

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