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Sensible, le premier EP de Skia : du rap tout en nuances

Sensible, le premier EP de Skia : du rap tout en nuances

Skia sort son premier EP Sensible ce jeudi 27 janvier 2022. Elle nous livre en exclusivité ses ambitions et son parcours avec toute la sensibilité qui la caractérise. Une mise en avant nécessaire, tant la nuance est importante dans ce monde de brutes. Avec le rap de Skia c’est le monde sensible dans toutes ses nuances qui est mis en lumière. 

Skia dévoile son premier EP de rap « Sensible » et nous l’avons rencontrée pour mieux en saisir toutes les nuances.

Une arrivée tardive dans le rap

Skia, jeune femme de 26 ans, est arrivée dans le rap game presque par hasard. Fille de petits commerçants, elle grandit au coeur de la diagonale du vide français ou “le triangle des Bermudes du rien” comme elle l’appelle.

Coincée entre le Limousin, la Charente et l’Allier, elle passe ses 16 premières années à se chercher. 

Celle qui noircit des carnets depuis ses 12 ans, ne découvre le rap que tard. Jusqu’alors, “elle n’avait rien contre les rappeurs”, mais “ce n’était pas de la musique, mais juste des insultes”. Difficile alors d’y voir sa future thérapie… sa “prochaine étape”. 

Pourtant, elle éduque son oreille musicale avec Gorillaz, Soprano ou Diam’s, mais pour elle, “ce n’est pas du rap”. N’étant pas “instruite sur le rap”, la caricature médiatique a fait son oeuvre et façonné une “image déformée” faite de violence et de virilisme. Forcément, difficile pour la jeune Manon de s’y reconnaitre.

Il faudra attendre que de nouvelles sonorités et hybridations s’ouvrent dans le sillon des Nekfeu, PNL, Damso, Sopico ou la MZ pour que Skia puisse naître. Manon a alors 21 ans. 

De fait, avec les rappeurs de sa génération, ils n’ont “pas le même vécu”. Chacun ses flippes, chacun son vécu, mais toustes rapent. 

Partie du Droit pour faire du rap

Découverte par Mounir Maarouf, devenu son producteur, c’est sur Keakr qu’elle fait sa première apparition publique. Un freestyle envoyé à l’arrache alors qu’elle rapait sur les quais de Lyon.

C’est alors qu’elle quitte des études de droit qu’elle comprend que “le rap est la seule manière d’agir sur les lois”.

Incapable de supporter la moindre injustice, ce qu’elle découvre sur les bancs de la fac lui est vite nauséabond. Le rap devient alors “sa façon de se battre, de faire passer des messages”. Une vraie leçon pour elle qu’elle a appris par coeur : 

Tiré du grec, son blase signifie ombre “comme l’ombre d’elle-même”, qu’elle était alors. Aujourd’hui plus au clair, c’est toutes les nuances de l’ombre qu’elle vise par sa musique. L’ombre comme reflet de soi, de l’autre, de l’invisible, de l’indicible, mais aussi le potentiel danger.

L’ombre qui nous suit sans que ce soit notre choix. Cette ombre/Hombre qui en espagnol est aussi le masculin…

Ce masculin dans l’ombre du féminin presque indissociable, inévitable en tant que l’un et l’autre sont réversibles. Les deux faces d’un même sujet : l’humain. 

Une sensibilité à fleur de peau

Mais Skia n’est pas une femme de l’ombre. C’est toute sa sensibilité et sa vulnérabilité qu’elle expose au grand jour.

Celle pour qui la mythologie tient une place importante dans son imaginaire reste convaincue de la nécessité du fantastique pour mettre “des paillettes dans la vraie vie”.

Développer l’imaginaire pour s’évader du réel, n’est-ce pas finalement coeur de la création artistique

Loin de rester dans l’ombre, c’est d’elle dont elle parle à longueur de son. Comme un exécutoire d’une violence encore difficile à appréhender. 

Comme elle le dit “je ne parle que de moi”, mais grâce à son accompagnement artistique, Mounir lui a permis de structurer son écriture, de travailler et d’affiner son style.

C’est d’ailleurs pour travailler avec lui qu’elle est venue à Paris, rassurée par un profil qui n’a pas cherché à la flatter ou à lui “cacher la réalité de ce métier”. Elle sort alors Allo Maman, Chercher loin et Planté là qui installe sa couleur et son style.

Un EP tout en messages et en nuances

Mais Skia ne s’arrêtera pas là. Son objectif reste “d’ancrer ma réalité et de montrer qui je suis et ce que je sais faire”. Entre balade folk et boombap, critique sociale et introspection, maturité et émerveillement, Skia veut faire ses preuves.  C’est l’objectif de cet EP.

L’occasion de découvrir tout le panel d’une égérie de sa génération : féministe, mais pas antihommes, antiraciste, mais pas universaliste, libérale dans les moeurs mais anticapitaliste, écologiste et inquiète de l’environnement mais pas contre la technologie… Une génération sensible pour qui la nuance semble plus pertinente dans le rap que la radicalité. N’est-ce pas Skia?

6 titres choisis sur le volet par elle et Mounir Maarouf. Le thème de cet EP? Un sujet sensible s’il en est : l’avortement.

Skia nous emmène dans les méandres de la condition féminine entre souffrances physiques, questions existentielles et réflexion sur les relations amoureuses.

A travers son expérience individuelle, sa perception, c’est toute l’humanité qu’elle appelle de son empathie. Alors comment ne pas répondre à l’appel ? Sensible de Skia est donc à se procurer de toutes urgences pour tout les amateurs de rap et de nuances.

Premier EP Sensible de Skia ce jeudi 27 janvier 2022.

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