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Sensibiliser les jeunes sur la violence et la délinquance

Sensibiliser les jeunes sur la violence et la délinquance

Une journée de prévention a été organisée, vendredi 29 avril, au centre culturel Le Chaplin à Mantes La Jolie. L’objectif étant de sensibiliser les jeunes sur la violence et la délinquance . Organisée par l’association « Mémoire pour Jawad », les enfants ont pu découvrir l’univers carcéral et judiciaire à travers un jeu de société « RPS ». 

Les enfants de Mantes-la-Jolie apprennent tout en s’amusant au centre culturel Le Chaplin.

« Plus jamais ça ! », ces mots prononcés avec une certaine émotion dans la voix sont ceux de Salah Zaouiya. Voilà presque 30 ans aujourd’hui, que son fils Jawad, s’en est allé, le 23 Juillet 1996, suite à un incendie provoqué par son co-détenu à la prison de Bois-d’Arcy. S’en est suivie une lutte de 12 ans et demi pour finalement remporté le bras de fer face à l’Etat. En effet, le ministère de la justice a été condamné par le Conseil d’Etat en 2008 pour trois fautes lourdes.

TRAITER LE PROBLÈME À LA SOURCE

« C’était un soulagement. Cela sert à d’autres victimes qui meurent en détention. 26 ans après on voit que tout n’est pas entré dans l’ordre. D’autres jeunes continuent de mourir en détention dans leurs cellules asphyxiés ou brûlés. » déplore le père de huit enfants, avant de poursuivre : « Il faut traiter le problème à la source. Les violences entre jeunes, entre gens de quartier, c’est notre vécu. Ce sont nos enfants, c’est notre rôle de le faire. Vive la jeunesse ! On est là pour les soutenir, les conseiller selon notre vécu et notre parcours. Si ça peut servir à des fins positives, c’est notre but. Et on va y arriver. » 

Salah Zaouiya et son fils Younès. Crédit photo : LP/M.G.Le Parisien, ( 2016 ).

Passation de témoin

Younes Zaouiya, président de l’Association de Mémoire Jawad et frère de la victime, a repris le flambeau de son père. Il s’investit depuis de longues années auprès des jeunes : « Les journées de prévention à la délinquance, on le fait par le biais de jeux de société, par le biais aussi d’ateliers d’écriture, de Graff. On essaie de retourner à la base, car l’éducation via les téléphones ou la télévision c’est plus que mauvais. Quand on voit des jeunes se battre et finir à coups de couteau, c’est désolant. C’est devenu tellement banal par rapport à la génération Médias TV / réseaux sociaux. » Il s’agit d’un réel travail d’équipe. Younes reçoit le soutien de l’IFEP, Label Histoire et des services de la mairie de Mantes-la-Jolie pour mener à bien ces initiatives.

Affiches de sensibilisation et de prévention à la violence et à la délinquance faites par les enfants du centre culturel de Chaplin.

En effet, les enfants sont réunis sur plusieurs tables où ils découvrent RPS, le jeu de société de prévention à la délinquance. Un moyen pour eux de connaître le milieu carcéral sous forme de Monopoly. Ainsi, les cartes tirées leur permettent de comprendre les articles de loi mais aussi les risques causés à autrui : peines d’emprisonnement, amendes…

« Ça donne vraiment pas envie d’aller en prison »

Imrane, 14 ans

Une initiative appréciée par les enfants comme Imrane, 14 ans : « J’ai bien aimé ce jeu, on a fini 1er en plus. Ça nous a permis de comprendre comment c’était la prison. Quelles sont les peines qu’on risque et ce qu’on peut faire aussi ( les recours ). » Ce jeu a surtout éveillé les consciences de ces jeunes qui veulent absolument éviter la case prison dans leur vie : «  On a pu voir qu’on peut avoir des années de prison supplémentaires si on se comporte mal en prison. Ça donne vraiment pas envie d’y aller ( rires ). » conclut Imrane. 

Une justice égalitaire, totale et pour tous

Soutenus par plusieurs services de la ville mais aussi par divers organismes comme l’IFEP, ces actions sont renforcées avec la présence d’éducateurs impliqués dans la vie des quartiers. À l’instar de Landry, assistant d’éducation dans un collège. Présent aux côtés des plus jeunes et vulnérables, il oeuvre également pour faire reconnaître les violences policières dont des dizaines de jeunes issus de l’immigration ont été victimes.

Les violences policières au coeur du combat

« On souhaite une justice égalitaire, totale et pour tous. On nous apprend à l’école, qu’il faut assumer ses torts lorsque l’on commet un crime. Et donc purger une peine de prison. Malheureusement il y a beaucoup de policiers dont les torts ne sont pas reconnus. On les punit vite fait et encore je n’appelle pas ça punir . Et après on les remet en liberté. Je ne trouve pas ça normal. On se bat contre cette impunité. Quand ce sont des jeunes de banlieue issus de l’immigration qui meurent, on considère ça comme normal. Et ce n’est pas normal… »

Des manifestants défilent à Paris en hommage à Lamine Dieng, décédé après avoir été interpellé par la police le 17 juin 2017. Photo FRANCOIS GUILLOT. AFP

En outre, Landry précise que depuis les années 80, plus de 600 personnes ont perdu la vie suite à des interventions policières : « La majorité c’est sur fond de racisme, on aura beau dire ce qu’on veut mais ça existe. » Plusieurs comités se battent depuis des années pour que justice soit faite.

En effet, le plus connu d’entre eux le Comité Adama avec Assa Traoré ou encore la famille de Lamine Dieng. Cette dernière a d’ailleurs obtenu gain de cause via la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2020. L’espoir anime tous ces acteurs de rétablir la vérité. Malgré la difficulté de faire admettre à la majorité des hommes politiques français que les violences policières existent.

METTRE EN AVANT LA JEUNESSE DES BANLIEUES

« Je souhaite une révolte des quartiers populaires mais pas une révolte violente. Une révolte dans le sens où j’aimerais montrer que les jeunes de banlieue ne sont pas condamnés à l’échec. Un jeune de banlieue peut réussir et devenir ministre, avocat, chirurgien…et c’est pour ça que je me bats. Pour que la jeunesse des banlieues soit mise en avant. Et pas refouler du fait que l’on vienne de la banlieue, des quartiers populaires. » 

UN CONCERT DE ROCKIN’SQUAT

Les protagonistes de la paix sont déterminés à poursuivre le combat avec leurs moyens. Des moyens modestes mais efficaces salués par les personnes présentes et soutenus par des artistes comme RockinSquat. La journée s’est terminée par un concert d’un des précurseurs du mouvement hip hop en France feat Nikkfurie de la Caution & DJ Low cut. Parce qu’ensemble on est plus fort et forcément on va plus loin… 

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