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Danse & Débat #2- Du Club Dancing à la House Dance

Danse & Débat #2- Du Club Dancing à la House Dance

Back to the 70’s! Aujourd’hui nous avons fait la rencontre de Brahms « Bravo » LaFortune, pionnier de la culture « clubbing » à New York. Bien avant l’arrivée du hip-hop et de la house dance, il commença à fréquenter les clubs de New York dans les années 1970.

Les clubs principaux :

Bravo nous explique qu’à New York la musique qui dominait les clubs était le disco, et la « club music ». Les termes hip-hop et house dance n’existaient pas encore.

Les principaux clubs qui ont marqué cette ère furent : le Studio 54, le Paradise Garage ainsi que le fameux Loft de David Mancuso dont il sera sujet à la fin de cet article.

« Il était question de clubing, club dancing, club music ! Pas de house… A New York, nous utilisons le terme club music », nous dit Bravo LaFortune.

Il nous apprend que le terme « house » vient de Chicago, précisément de la discothèque WareHouse qui jouait ce genre de musique ; il rajoute également que l’utilisation du terme « underground » est donné aux musiques qui sont joués dans les clubs :

« Underground c’est quelque chose de base que tu ne joues pas à la radio ! C’est ça ce que ça veut dire « underground ». Ce qui était le cas du rap à l’époque, maintenant il est partout… Ce n’est plus underground. »

Le terme « house » quant à lui a été popularisé grâce au son qui sera l’hymne de ce genre : MARSHALL JEFFERSON – MOVE YOUR BODY, en 1986. Ca sera cette même chanson qui sera la cause de pourquoi le terme « house music » sera adopté partout dans le monde.

Une nouvelle génération émerge

Avant 1985, les termes comme « house dance » ou « jacking » n’existaient toujours pas. Les danseurs de la génération de Bravo disaient qu’ils : groovaient, dansaient, s’amusaient simplement.

A New York, la question de ce qui est ou ce qui n’est pas de la house dance est un sujet d’histoire contingent entre la génération qui était présente plus tôt, c’est-à-dire celle qui ont fréquentés les clubs de New York dans les années 70/ début 80, et la génération des danseurs hip-hop, qui ont codifiés les pas de « house dance » dans les années 90.

Concernant l’enseignement Bravo dit enseigner la danse, le rythme, ou encore le groove. Il n’enseigne pas la « house dance » comme elle a été structurée aujourd’hui.

Selon Bravo, l’enseignement de la « house dance » dans les studios de danse commence avec la nouvelle génération de danseurs hip-hop de New York. Enseigner dans ces institutions semblait être le seul moyen pour ces danseurs de gagner leur vie grâce à la danse. Parmi ces danseurs, Brian Green semble être le fer de lance de la structuration de la « house dance », suivi de certains danseurs du groupe Dance Fusion / Elite Force.

Cette structuration de la danse par cette nouvelle génération de danseurs hip-hop a donc mené à la codification des pas de danse, ce qui ne sera pas forcément bien accueilli par leurs aînés.

L’invention de la « house dance »

Un des termes qui a causé le plus de polémique est le « lofting ». La définition du « lofting », selon cette nouvelle génération de danseurs hip-hop, est une façon de danser en effectuant des mouvements au sol. A travers cette gestuelle, on peut reconnaître des gestuelles de capoeira, de breaking, d’acrobatie…

Mais l’ancienne génération affirme que le Loft est avant tout un lieu. Pas un club, ni une danse. Il y a donc une forte incompréhension par cette ancienne génération de clubbeurs du fait que cela s’enseigne dans le monde.

Utilisé le terme « lofting » est donc, pour des danseurs comme Bravo, synonyme d’irrespect pour ceux et celles qui ont vécu le Loft, contrairement à cette nouvelle génération de danseurs.

Fréquentant le Loft depuis le début des années 80, Bravo explique qu’il n’y avait pas une façon de danser spécifique au lieu, ni de musique spécifique d’ailleurs. Le Loft fut un lieu où il était possible de voir danser : des ballerines, des capoeristes, des artistes martiaux, des gymnastes et bien d’autres personnes qui s’influençaient les uns les autres.

« C’est comme s’il y a une boîte qui s’appelle le FunkBox et que tu appelles une danse que t’as vu là-bas le FunkBoxing ! » Louis Kee, ancien danseur du Loft.

La réappropriation des termes comme « lofting » dans le vocabulaire de la « house dance » pourrait donc se traduire comme une réécriture de l’histoire du clubing à New York par la nouvelle génération de danseur hip-hop à profit de l’ancienne.

L’enseignement de la house dance et de la danse hip-hop deviendront par la suite un enjeu capital dans les années qui suivront. La codification de ces danses servira de fonds de commerce à ces danseurs hip-hop new-yorkais afin de voyager dans le monde entier et imposer leur autorité.

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