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Police partout, justice nulle part : à la rencontre des artistes expulsés d’Ivry

Police partout, justice nulle part : à la rencontre des artistes expulsés d’Ivry

Peaky Blinders, c’est la première ref qui nous est venue en entendant parler de cette histoire. Tous les protagonistes sont là : un notable influent, des gros bras violents, des policiers qui tournent la tête, un commissaire véreux et des anonymes qui n’ont plus personne sur qui compter. Mais on n’est pas dans les années 30 en Angleterre. Ça a eu lieu cette semaine à Ivry et ça se passe partout en France.

Aujourd’hui, les artistes expulsés ont besoin de notre soutien à tous. La police joue la montre et empêche leur dépôt de plainte, les élus font les morts et les médias parlent d’autre chose. Derrière cette histoire, il y en a des centaines de milliers : des personnes qui bossent et pourtant galèrent, qui se retrouvent jetées à la rue par la police et qui font les frais d’une société qui violente les plus faibles avec le soutien actif du Gouvernement.

Soutenons-les ! Partagez leur histoire, faites tourner leur docu, donnez leur de la force sur les réseaux. Mettons un peu le bordel dans ce monde sous couvre-feu, c’est pour la bonne cause. 

Pour agir : 

  • Les hashatgs #warp94 et #jesuissanslogement
  • Mettre la pression à @pbouyssouivry (le maire), @MathildePanot (députée du Val-de-Marne) et aussi @valdemarne_94 (le département) et @mairieivry
  • Suivre le collectif, relayer un max toutes leurs actions et proposer votre aide
  • Si vous êtes dans ou avez connu une situation similaire : témoignez ! #jesuissanslogement

Des comptes à follow et des liens pour en savoir plus sur les lois anti-squat vous attendent en bas de cet article. On vous invite aussi à regarder le docu, qui témoigne parfaitement de l’intelligence et du talent de ses auteurs, autant que de l’indigence de la situation.

Ivry-sur-Seine : une trentaine de squatteurs délogés par des agents de sécurité”. Un titre neutre, en apparence, qui cache une réalité bien plus sombre : le mercredi 27 janvier, le représentant du propriétaire, Benoît Cotic (promoteur immobilier de son état), accompagné d’une délégation d’agents de sécurité ont délogé de force une trentaine d’artistes de leur habitation – un immeuble de bureau désaffecté -, en dehors de tout cadre légal. 

Le tout sous le regard bienveillant de la police nationale d’Ivry, dont le commissaire divisionnaire n’est autre que Nicolas de Leffe, ancien contrôleur général du renseignement parisien, et rétrogradé “simple commissaire divisionnaire” après avoir été confondu “pour des manquements dans sa gestion de la caisse des fonds d’enquête et de surveillance” (il a piqué dans la caisse pour entretenir son château concrètement), selon Le Parisien et France Info.

Alertés par notre réseau, nous avons contacté les résidents, dont certains ont bien voulu prendre le temps de nous raconter l’épisode. A les écouter, on comprend rapidement à qui on a affaire : intelligents, éduqués, ouverts, ils s’expriment particulièrement bien et sont aux antipodes du cliché habituel du “squatteur”, tel qu’il a pu être présenté par BFM TV. Car derrière une appellation unique se cache en réalité une grande diversité de cultures, d’individus et de situations qui n’ont en commun que leur détermination à ne pas finir dans la rue.

“On pense plus à faire des dessins qu’à la politique”

Si les 3 à qui nous avons pu parler semblent jouer un rôle particulièrement important dans la mobilisation en cours, ils sont comme tant d’autres. Pas vraiment militants, ils et elles sont des artistes poussés à la rue par la crise économique, le prix des logements et l’agonie du monde de l’art. Avec leurs amis et d’autres artistes, ils s’étaient construits une maison pour se serrer les coudes face à la galère et pour créer ensemble.

En retour, “on a eu droit à l’un des dispositifs les plus importants pour expulser un squat depuis longtemps : CRS, pompiers, nacelle, commissaire. Alors qu’on est dans notre droit, que notre résistance était passive et qu’on faisait face à des barbouzes avec des chiens et des gants renforcés pour nous coller des patates”, nous expliquent-ils. “Quand on sait que les confinements gèlent l’essentiel des expulsions et permettent aux squats de gagner du temps, on se questionne sur le fait que ce genre d’actions arrivent quelques jours avant que Macron ne prenne la parole [NdlR : Jean Castex a finalement annoncé un durcissement du couvre-feu déjà en cours, sans nouveau confinement pour le moment]”.

Engagés par nécessité et solidaires par choix, Pierre, Fanchon et Clément (un pseudo), tous 3 habitants du lieu, nous ont raconté les violences policières qu’ils ont subi, l’angoisse qu’ils ont ressenti alors que des hommes hostiles et leurs chiens occupaient leur domicile et leur désarroi face à un système qui les méprise. 

“Le squat c’est une situation. C’est ce qu’on y fait et le respect qu’on porte au lieu qui le définit”

Pierre, l’un des initiateur du logement, que l’on devine respecté de tous, démarre la conversation : “On est à Ivry-Sur-Seine depuis plus de 2 ans. A la base on était dans un autre bâtiment qu’on appelle le Totoro, qui est tenu par une association du même nom et très bien intégré dans le quartier.”

“Petit à petit, et surtout après le 2e confinement, le lieu s’est rempli, jusqu’à ce qu’on se retrouve à être une quinzaine entre 5 chambres. Comme on connaît pas mal de graffeurs qui explorent les lieux, on a repéré ce bâtiment, le 33 quai Marcel Boyer, qui était inoccupé et où il était possible de s’installer pour habiter. Donc à partir du 18 janvier, on a commencé à s’y installer vraiment, de façon à pouvoir rapidement prouver qu’on occupait les lieux depuis au moins 48h, c’est le seuil à passer pour ouvrir un squat de manière légale.

En effet, en cas d’occupation illégale d’un domicile (il n’y a pas encore d’équivalent pour les immeubles qui ne sont pas des habitations), la loi dispose qu’après 48h l’intrusion doit être constatée par un huissier de justice ouvrant la voie à une procédure légale d’expulsion à l’issue de laquelle les “squatteurs” sont tenus de quitter les lieux. Passé ce laps de temps, les occupants deviennent des “occupants sans droits ni titre” et ne peuvent plus être expulsés autrement que par voie judiciaire. Nul n’étant censé se faire justice par lui-même, toute tentative d’expulsion par la force est normalement sévèrement punie, jusqu’à 3 ans de prison et 30 000€ d’amende. 

“On s’est fait expulser de chez nous par les gros bras société privée, avec la complicité de la police”

Las. “On y a donc passé une petite semaine, on a croisé des ouvriers avec qui on a pu discuter et le lundi 25 janvier, vers 10h, la police est venue pour constater l’occupation. Tout s’est fait très cordialement, on connaît les procédures. Ils ont pris nos identités, on a déclaré être “occupants sans droits ni titre” et ça en est resté là. On a rencontré à cette occasion le représentant du propriétaire Benoît Cotic. On lui a fait faire le tour des lieux pour montrer où on habite et on devait rediscuter pour trouver une solution intelligente, pour être sûrs que les travaux en cours puissent continuer sans qu’on dérange et sans qu’on ait 30 personnes à la rue du jour au lendemain. 

Mais mercredi, il est revenu avec un collègue à lui et accompagnés d’agents de sécurité. Le ton a changé. On devait être partis dans 2 heures sans quoi ils recourraient à la méthode violente et il a bien précisé qu’il n’appellerait pas la police. 

Sauf qu’en fait, le type commence immédiatement à m’embrouiller, un des agents m’attrape et Benoît Cotic me met une droite avec des gants de motards renforcés aux jointures. J’étais sonné, mais je réussis à me dégager et j’appelle immédiatement la police. Je commençais à avoir peur vu qu’ils se rapprochaient de nos bâtiments d’habitation dans lesquels se trouvaient une quinzaine de personnes environ, une majorité des jeunes femmes, à ce moment-là.”, raconte Pierre.

Le nez de Pierre, plusieurs heures après l’incident

Il poursuit : “La police est arrivée sur place super rapidement, peut-être 2 ou 3 minutes après. Ils ont bloqué la situation, ont interpellé Benoît Cotic qui m’avait frappé et m’ont proposé de porter plainte. Mais ils ne sont pas intervenus. Je suis donc allé au commissariat déposer plainte contre mon agresseur, ça m’a pris un quart d’heure environ. Sauf qu’en arrivant, je le croise à l’entrée du commissariat tout sourire et déjà ressorti. ‘Tout va bien’ m’a-t-il dit.

“C’est autre chose que la police qui était face à moi”

Tandis que Pierre patiente pour déposer plainte contre un agresseur déjà remis en liberté, les soutiens affluent au 33 Quai Marcel Boyer. Les CRS également. Fanchon, photographe, qui était présente raconte la scène.

On s’est tous fait sortir de chez nous super rapidement donc on était nombreux à attendre dans le froid, en tenues légères, sans savoir quand on pourrait rentrer chez nous. Pendant que les agents de sécurité avec leurs chiens étaient à l’intérieur de notre habitation, on était dehors, des rangées de policiers entre la barrière et nous. On a essayé de discuter avec eux, leur demander pourquoi ils n’intervenaient pas, mais ils se sont contentés de nous empêcher de rentrer en nous racontant qu’ils étaient là pour autre chose. Jusqu’au moment où ils nous ont proposé de rentrer 2 par 2 récupérer nos affaires.

Capture d’écran du documentaire tourné par les habitants.

Déjà on a vite flairé le piège de ce qu’il pouvait se passer si on vidait les lieux. Mais en plus il y a toute notre vie dans le bâtiment. Il n’y a que des artistes donc tout le monde a du matériel, des choses lourdes ou qui coûtent cher. On a un métallier et son poste à souder, une marionnettiste qui travaille avec du silicone, un orfèvre qui a des matériaux précieux… Sauf qu’on est bloqués, on a pas de solutions. On comprend pas le changement de ton entre lundi et mercredi, quand ils sont venus constater qu’on était là et quand on les a appelé à l’aide parce qu’on se fait virer de chez nous.” 

“Le durcissement contre les squats n’est pas nouveau. C’est la marge entre la loi et son application qui s’élargit”

Dans une interview bien flippante pour Capital (2e article le plus lu de 2020), la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, qui est l’ex-femme de Christian de Nice, expliquait la nécessité de durcir les mesures contre les “squatteurs”, y compris lorsque les lieux occupés ne sont pas des habitations. Car les affaires d’occupation les plus médiatisées ne sont pas les plus courantes. 

Comme le précise Clément : “On le sait depuis longtemps que les résidences, même secondaires, c’est cramé. Ca fait longtemps que la police n’hésite pas à expulser de force les occupants de logements en dehors des procédures. Les abus ne sont pas nouveaux, d’autant plus quand le propriétaire est influent“.

Alors que la loi n’est encore qu’à l’état de proposition, les Ministères de la Transition écologique (qui inclut le logement), de l’Armée et, évidemment, de l’Intérieur ont tenu à marquer leur soutien appuyé par voie de communiqué. Ils y rappellent la détermination du Gouvernement à “renforcer les droits des propriétaires” et mentionnent la procédure d’expulsion accélérée rendue possible par la loi “ASAP” (Accélération et Simplification de l’Action Publique, ça ne s’invente pas). 

Dans sa version accélérée et simplifiée, l’expulsion peut se faire sous 48h après constatation de l’occupation, elle ne peut pas être refusée par le Préfet sauf motif impérieux et peut intervenir 24 heures après. Des mesures qui, dans les textes et le communiqué, ne doivent concerner que les squats de logement d’habitation. 

Screenshot du compte Twitter de Gérald Darmanin

“On nous juge pour ce qu’on est, pas ce qu’on fait”

Fanchon et Pierre enchaînent : “En début de soirée, le ton a commencé à monter. On réclamait de pouvoir revenir chez nous, l’un des nôtres a commencé à se faire frapper par l’un des vigiles, Clément est allé se réfugier sur le toit pour se protéger de ceux qui étaient dans l’habitat…. En plus l’heure tournait, on commençait à avoir peur de prendre des contraventions à cause du couvre-feu. Mais dès qu’on a voulu bouger et se rapprocher des grilles, ça a été gazeuse sans sommation. Donc on en fait, à ce moment-là, vers 18h, on se retrouve interdits par la police de retourner dans notre habitation, qui est occupée par des hommes agressifs avec des chiens, alors que l’un des nôtres est séquestré sur le toit du bâtiment

Étrangement, les timings prévus par la procédure accélérée et simplifiée (48h + 24h) correspondent parfaitement à ceux de l’expulsion illégale qui a eu lieu à Ivry. Nous n’avons pas cherché à joindre les services de ce cher Didier Lallement (qui a autorité sur les services de Police du Val-de-Marne) pour savoir s’il avait eu vent de cette opération. Les autres médias, pourtant “neutres”, non plus. 

Il faudrait également le questionner sur le fait qu’un ancien haut-gradé du renseignement policier (dont les manquements ont été révélés notamment par l’Obs) condamné pour détournement de fonds et par ailleurs neveu de l’ancien Président Valéry Giscard d’Estaing puisse toujours disposer d’un pouvoir aussi considérable. Même Riposte Laïque est choqué.

Mais comme le commissaire divisionnaire de Leffe jugera bon de le rappeler dans le live enregistré plus tard par Danny Caligula (un autre occupant des lieux) dans la soirée, “vous êtes quand même des squatteurs, il faut se calmer un petit peu”. Il n’y a donc aucun problème pour un officier de la police nationale reconnu coupable dans une affaire de détournements de fond à assumer une justice à 2 vitesses. On peut au moins saluer sa cohérence.

“On a fait appel aux élus, on a eu des tweets”

Alors que la perte de contrôle est totale, nos artistes et la communauté qui les suit tentent d’alerter tous les soutiens, politiques et médiatiques. Sans grand succès. Après de multiples coups de téléphone et des déplacements à la Mairie, les artistes expulsés ne parviennent à obtenir qu’un tweet de soutien du maire (PCF) d’Ivry-sur-Seine et de la député de la 10e circonscription de Val-de-Marne (LFI), Mathilde Panot. Leur soutien en restera là, révélant une certaine impuissance. 

Si Mathilde Panot a mis le collectif en relation avec une avocate, cette dernière n’aura apporté un soutien que très relatif, tandis que le maire n’a pas souhaité s’exprimer face aux journalistes, notamment du Parisien, qui l’ont contacté par la suite. Comme le soulignera Clément : “On est forcément un peu méfiants des tentatives de récupération, de base. Mais on est pas mal à penser que c’est pas grave, tant qu’il y a des actions concrètes. Là ça n’a clairement pas été le cas, Mathilde Panot s’est faite mousser dans la presse alors qu’elle nous a juste mis en contact avec une avocate bidon”.

Screenshot du tweet du Maire d’Ivry

Screenshot du tweet de Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne

“C’est le commissaire en personne qui a délogé le dernier habitant”

La nuit tombe, Clément est toujours sur le toit. En réaction, une équipe de sapeurs-pompiers vient renforcer le dispositif déjà conséquent de fonctionnaires mobilisés sur cette expulsion illégale. Ils apportent avec eux une nacelle, permettant d’accéder à la toiture du bâtiment d’habitation. 

En fait, je n’ai pas de portable donc forcément c’est galère pour communiquer avec les potes. Du coup, on a organisé avec le commissaire que je puisse discuter avec mon avocate et avec les copains en bas via la radio. Il est monté dans la nacelle avec les pompiers et on a discuté, c’était assez détente en soi. Ils m’ont demandé de me rapprocher en me disant qu’il fallait que je passe la barrière pour pouvoir parler à mes potes etc. Et je me suis fait avoir comme un débile, parce que je suis trop naïf [d’avoir cru ce que disait un commissaire de police ; NdlR], dès que je me suis approché, ils m’ont sauté dessus, menotté et descendu dans la nacelle. Ils m’ont relâché directement en bas, c’était juste pour sortir le dernier occupant des lieux.

Capture d’écran d’une vidéo de l’intervention filmée sur place.

“Les gens nous ont donné de la force”

Il est plus de 21h, la fatigue s’installe et tandis que le dernier des occupants s’est fait dégager, un réconfort inattendu fait son apparition. Les membres de la communauté de Dany Caligula, qui live-streamait l’événement, ont envoyé en masse nuggets et cafés pour soutenir les expulsés. “Ca nous a donné trop de force, c’était trop bien”, commentera Clément. “Les policiers nous ont clashés sur nos contradictions – le fait de bouffer un macdo -, on leur a répondu que les nuggets c’était du poulet comme eux. Ça les a pas fait rire”.

Petit kiff nuggets-café. Extrait du live Twitch de Danny Caligula.

A ce moment-là on avait plus aucune solution, on était juste contents de pouvoir rentrer 2 par 2 et aller récupérer nos affaires importantes, en même temps on faisait en sorte de trouver un endroit où dormir pour chacun. On ne savait même pas si on allait revenir, s’ils n’allaient pas casser et virer tout notre matos – notre vie en fait – qui était à l’intérieur”, poursuit Fanchon. Vous trouvez que ça ressemble à une raffle ? Nous aussi.

“C’est politique ce qu’il se passe”

Il faut regarder le live de Danny Caligula pour comprendre le non-sens complet auquel font face les artistes occupant le lieu. On y suit l’improbable débat entre Pierre, ainsi que d’autres habitants, face au commissaire divisionnaire Nicolas de Leffe. En permanence renvoyé à ses contradictions et à l’illégalité flagrante de son action, ce dernier alterne entre mauvaise foi, arguments d’autorité et paternalisme ne manquant aucune occasion de tenter de décrédibiliser ses interlocuteurs – pourtant visiblement plus intelligents et mieux préparés que lui. 

Petit florilège de punchlines choquantes : “Il faut faire ce que je vous dis”, “Votre avocate sait tout cela… Enfin si c’est une vraie avocate”, “Il faut dédramatiser [de dormir dehors ce soir]”, “Je vous demande d’être raisonnable [et de quitter les lieux]”, “On ne peut pas faire n’importe quoi”, “Je sais je peux pas vous dire où dormir, c’est pas drôle”… Ça se passe autour de la moitié du live et on ne peut que vous conseiller d’écouter.

Capture d’écran du live Twitch, reproduit dans le documentaire.

“On veut juste pouvoir retourner chez nous”

Si tout le monde a pu trouver une solution d’urgence, “dans d’autres squats qui vont être fermés, chez des amis, que du précaire”, rien n’est réglé. 

Sur les conseils de l’avocate, je vais déposer un complément de plainte pour violation de domicile, à la suite de celle déjà posée pour agression. On veut obtenir un jugement rapide en référé pour pouvoir retourner chez nous. Ensuite on sait très bien qu’on a toutes les chances de se faire expulser, ça fait partie du game. On demande juste à ce que ce soit réglo et que ça suive la procédure légale”, explique Pierre.

A l’heure où nous écrivons, la situation n’a pas évoluée : le collectif n’a pas pu retourner dans les lieux, la police fait en sorte de refuser le dépôt du complément de plainte et la Mairie ainsi que le département restent silencieux. Ils envisagent maintenant de déposer plainte directement auprès du procureur et continuent de rechercher des soutiens, sans réelles perspectives de relogement pérenne et dans les mêmes conditions.

Communiqué des habitants, diffusé sur Twitter (go RT)

Tout ce que ça montre, c’est que la police est une milice du capital, dans un monde où il y a 2 poids 2 mesures en fonction de qui on est et de ce qu’on possède”, analyse finalement Clément. Dur de le contredire.

Pour aller plus loin

Les comptes à follow et RT :

> Le compte du lieu sur Instagram

> Danny Caligula sur Twitter, sur Twitch et sur YouTube

> Raz sur Twitter

> Les hashtags : #warp94, #jaipasdelogement

> Le communiqué des habitants à RT

Pour comprendre le contexte actuel des lois “anti-squats” :

> Une proposition de loi débattue et partiellement retoquée par le Conseil Constitutionnel à l’Assemblée à la rentrée dernière et dont l’exposé des motifs clarifie à la perfection ce qu’en pense la majorité élue

> Pour suivre le dossier législatatif au Sénat. Contrairement à l’usage, le texte et l’exposé des motifs ne semblent pas être en accès libre.

> L’interview de la sénatrice derrière la dernière proposition de loi dans Capital

> L’analyse (neutre) du contexte politique par la Banque des Territoires

> Le communiqué conjoint des Ministères de l’Intérieur, des Armées et du Logement (rattaché au Ministère de la Transition écologique)

> L’interview d’un avocat par Marianne, qui explique pourquoi toutes ces mesures ne sont pas réellement applicables et ses inquiétudes sur le remplacement de l’autorité du préfet à celle du juge.

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