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Fashion Week 2021 : ce qu’il fallait remarquer

Fashion Week 2021 : ce qu’il fallait remarquer

Si notre chronique de la semaine dernière résumait les temps forts de la Fahion Week qui s’est achevée le 6 octobre dernier (le buzz, le spectacle et les scandales) place ici aux pièces et aux belles histoires avec les découvertes de la rédaction.

Les réminiscences nostalgiques de Thebe Magugu

Le Sud-Africain Thebe Magugu a réinterprété vingt vêtements à partir de photos de famille : « J’avais envie d’optimisme cette saison et, pour moi, trouver du réconfort veut toujours dire me tourner vers ma famille », a expliqué le créateur de 28 ans, premier lauréat africain du LVMH Prize en 2019.

© Thebe Magugu

Botter, maison aquatique

Le duo néerlandais, composé de Lisi Herresbrugh et Rushemy Botter, a décidé de s’emparer du sujet du changement climatique pour sa dernière collection femme printemps-été 2021, baptisée “Global Warming”. Pour Rushemy Botter, “créer des vêtements ne suffit plus”. On peut sourire (jaune) face à un secteur parmi les plus polluants de la planète et qui a tendance a faire des faits de société ses sources d’inspirations parfois déplacées. Mais parfois, il s’agit aussi de saluer les initiatives comme celles du duo qui a créé une pépinière de coraux au large de Curaçao, l’île dont le designer est originaire, pour restaurer les récifs coralliens qui se meurent peu à peu en raison du réchauffement climatique. Botter s’est associée à l’organisation environnementale Parley For The Oceans pour intégrer dans ses créations du plastique recyclé à partir de déchets collectés dans les océans du monde entier : 60 % des tissus utilisés pour la collection sont ainsi fabriqués à partir de ce matériau haut-de-gamme.

© Botter

Les souvenirs de Mame Kurougochi 

Il est parfois compliqué de trouver des mots pour des collections et des pièces aussi structurées que celles de Mame Kurougochi, mais on va faire au mieux. Kurogouchi a créé une palette douce, émotionnelle et nostalgique en s’inspirant des montagnes enfumées du Japon et des fleurs des environs de Nagano, la ville dans laquelle elle a grandi. Elle a utilisé plusieurs techniques parmi les plus anciennes du Japon, en faisant appel notamment à une teinturerie de Kyoto qui a contribué à créer de subtils dégradés dans le tissu en utilisant une méthode vieille de plusieurs siècles. En résulte des silhouettes nobles, graphiques, réconfortantes et surtout…ultra-confortables. 

© Mame Kurougochi 

La relève sixties chez Courrèges 

Cette semaine de la mode a été marquée par la grande première du belge Nicolas Di Felice après être passé chez Christian Dior, Louis Vuitton et Balenciaga à la direction artistique de Courrèges, une performance qui va droit au but dans la lignée d’André. Dans le bois de Vincennes près de Paris, des modèles défilent dans les silhouettes signatures de la maison : vêtements cintrés, silhouettes précisément définies, mini jupes et bottes hautes façon sixties, cuissardes et veste ultra-ajustée, looks surmontés d’une casquette pour le côté streetwear, aux côtés des boucles d’oreilles XXL au logo de la marque. 

“André Courrèges a créé tout un univers, une esthétique propre, une sensation que l’on retrouve dans le mobilier et l’architecture d’intérieur. C’est bien plus qu’une belle robe, et j’ai toujours trouvé cela admirable. Courrèges n’y va pas par quatre chemins : il y a une forme, une géométrie, une matière, c’est très simple. Je me trouve à un moment dans ma vie où j’apprécie les choses simples” a expliqué Nicolas Di Felice à Vogue. Pas de doute, la relève est plus que jamais assurée.

© Courrèges

Les vibrations underground d’Ottolinger 

Ottolinger, c’est le duo suisse formé par Christa Bösch et Cosima Gadient, basées à Berlin. Dans cette collection printemps-été 2022, les corps sont enlacés dans des pièces asymétriques, robes près du corps et formes qui défient les lois de la physique. La démarche cassée et saccadée des modèles, lunettes de vitesses extraordinaires au nez leur donne des airs de super-héroïnes dans un monde de teuf post-apocalyptique où le combat contre le patriarcat est roi. 

Photo de couverture © Ottolinger

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